11 Octobre 2016

Mozambique: La médiation italienne tente de recoller les morceaux

Photo: allafrica.com
L'ex-président Samora Machel

La reprise des négociations entre le parti au pouvoir et l'opposition, sur fond de violences, a été repoussée à mardi prochain après le meurtre d'un opposant à Maputo.

Le Mozambique vit depuis quelques années une guerre qui ne dit pas son nom. Entre le parti au pouvoir, le Front de libération du Mozambique (Frelimo), et la principale formation de l'opposition de la Renamo (Résistance nationale du Mozambique) la guerre furieuse et sans quartier ne s'est vraiment jamais éteinte. Elle les avait mises aux prises dès l'accession à l'indépendance en 1975. Il fallut une première méditation italienne pour aboutir, 16 ans plus tard, à l'accord de Rome célébré en 1992 au siège de l'organisation catholique Sant' Egidio. Mais sous la cendre le feu couvait toujours.

Le leader historique de la Renamo, Alfonso Dhlakama, a continué d'exiger un « véritable » partage du pouvoir. De leur côté, dirigeants et militants du Frelimo se sont toujours prévalus de la souveraineté populaire pour présenter leurs différentes et successives victoires électorales comme la clé leur assurant de pouvoir diriger tout en faisant, de temps en temps, des signes d'ouverture aux opposants. En 2013, la Renamo a repris les armées et, dans la foulée, contesté les résultats des élections de 2014.

Tant bien que mal, la communauté internationale est de nouveau accourue pour tenter de concilier les frères ennemis. En mai dernier, les protagonistes sont revenus à la table de négociation et ont choisi le diplomate italien Mario Raffaelli et l'humanitaire (italien lui aussi) Mario Romano de la Communauté de Sant' Egidio comme médiateurs principaux aux côtés des représentants de l'Union européenne, des Etats-Unis et de la France. Une ébauche d'accord a été proposée aux parties qui étaient en train de l'étudier quand un nouvel accroc a surgi samedi.

Le corps criblé de balles de Jeremias Pondeca, ex-député nommé par la Renamo pour participer aux pourparlers, a été retrouvé sur une route de bord de mer de la capitale mozambicaine Maputo, rallumant des accusations que les pourparlers tentaient de désamorcer. Car pour la Renamo, il ne fait aucun doute que ce meurtre n'est pas fortuit. C'est un assassinat « barbare qui a des motivations politiques jusqu'à preuve du contraire », a accusé le mouvement d'opposition sans citer de nom ou suspendre les négociations.

Celles-ci, qui devaient reprendre lundi, ont été repoussées à mardi prochain, le temps du deuil. Le temps aussi de mieux étudier la proposition d'accord soumise aux uns et aux autres. La Renamo continue de réclamer le contrôle de six des onze provinces du pays ainsi que la réintégration de ses hommes dans l'armée et la police. En septembre, Frelimo et Renamo sont tout de même tombés d'accord sur la volonté de modifier la Constitution afin de permettre la nomination de gouverneurs provinciaux issus de la Renamo. Mais les négociateurs ne sont toujours pas parvenus à instaurer un cessez-le feu. Et Alfonso Dhlkama continue de se terrer dans sa forêt de Gorongonsa, au nord-ouest du Mozambique.

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