1 Novembre 2016

Afrique: Discop Johannesbourg 2016 - Quand le contenu converge avec la technologie

London — Le plus grand marché africain du secteur audiovisuel, le DISCOP Africa 2016 qui s'est tenu à Johannesbourg (Afrique du Sud) du 2 au 4 novembre 2016 s'est clôturé dans la bonne humeur, avec en arrière plan l'émergence de solutions technologiques qui permettent de faire exploser la production, la distribution et l'expérience de contenus. Voici le compte rendu de Sylvain Béletre, analyste pour Balancing Act.

Côté production, l'une des surprises du Discop vient d'Atari, qui veut passer des jeux vidéo aux programmes TV, selon Robert Blagman, Head of Global Distribution. Et l'Afrique du Sud serait le premier pays à bénéficier de cette initiative.

Avec plus de 500 candidatures reçues en provenance d'une trentaine de pays d'Afrique sub-saharienne, l'appel à projets Digital Lab Africa (DLA) fut un succès ! Ce concours d'incubateur à talents confirme la créativité du continent dans le secteur du multimédia et du digital. A l'honneur : les 'web séries', les applis mobiles, la musique en ligne et l'immersion dans la réalité virtuelle. Le succès de DLA atteste du rôle clef des incubateurs comme tremplins pour les talents africains dans le domaine numérique.

Le segment de la distribution de programmes table également sur les atouts du numérique.

La société AfricaXP utilise le stockage digital, moins coûteux que les moyens utilisés par le passé pour distribuer des programmes pour les chaînes de télévision à travers le continent !

Lors des conférences du premier jour, plusieurs intervenants ont témoigné du fait que les téléspectateurs africains sont désormais scrutés avec beaucoup plus d'attention grâce aux outils du digital. Ces outils sont plus précis que les études de données d'audience traditionnelles.

Au sein du service VoD iROKO, les équipes ont passé ces derniers mois à comprendre les expériences et attentes des clients et à franchir les obstacles. Parmi ces obstacles, on retrouve l'accès haut débit peu fiable et cher au Nigéria par exemple. Pour parer à ce problème, Jason Njoku, le dirigeant fondateur de la marque iROKO a mis en place un système permettant tout d'abord de télécharger un film sur son terminal avant de le regarder sans interruption.

Autre innovation pour SummView, l'un des leader de solutions 'live' et VoD en Afrique : « Grâce au rapports détaillés que fournissent nos solutions numériques, nous observons avec attention le comportement des utilisateurs de nos solutions en Afrique. Il ressort que les vidéos de courte durée sont les plus populaires à cause du coût des données. C'est pourquoi nous mettons en avant des capsules de courte durée, et nous passons des accords avec les opérateurs télécoms locaux afin de baisser le coût de visionnage d'une vidéo. Cela ne nous empêche pas de promouvoir également des productions plus longues comme des séries et des films ainsi que des flux linéaires afin de préparer l'avenir»

Tuluntulu, un service VoD basé en Afrique du Sud va dans le même sens : son dirigeant n'hésite pas à publier ses statistiques d'utilisation.

Les services de VoD en Afrique - 145 solutions selon notre dernier rapport, et ceux de la musique sur plateformes numériques - 45 liées à l'Afrique selon un autre rapport de Balancing Act - prennent doucement leur envol. Et les statistiques que fournissent ces plateformes montrent que l'explosion du trafic est proche, particulièrement en Afrique du Sud et au Nigéria.

Pour le dirigeant de Kana TV (Mobi groupe), la chaîne qui monte en Ethiopie, « le mobile permet d'effectuer des sondages terrain et de mieux comprendre les attentes du public, tout en fournissant des données cruciales sur nos audiences ».

Le lancement de la TNT (TV numérique terrestre), déployée dans plus de 20 pays d'Afrique (voir notre rapport 'DTT) permet d'améliorer l'image et le son des programmes et de multiplier le nombre de chaînes reçues.

Côté communication, le secteur audiovisuel africain bénéficié désormais de l'adoption de plusieurs plateformes numériques permettant l'interaction entre les professionnels de l'industrie - producteurs, diffuseurs, distributeurs - et les téléspectateurs.

Cerise sur le gâteau, le Discop a mis en avant les derniers gadgets de la réalité virtuelle (VR) : tout d'abord, sur le stand du 'Digital Lab Africa', la solution de Samsung Gear VR permet de voir un film à 360 degrés grâce à un casque vendu à un prix abordable qui s'adapte sur un Smartphone Samsung. Mais le plus bluffant était sans aucun doute le système plus coûteux que Sony permettait de tester sur son stand : un casque de réalité virtuelle pour la console PlayStation de Sony, donnant la sensation d'être complètement immergé dans un film.

Si une grande partie de l'innovation technologique et de la narration provient des régions hors Afrique, des professionnels d'Afrique du Sud entendent jouer un rôle sur l'échiquier mondial de la réalité virtuelle à 360. C'est ce qu'avait déclaré un dirigeants de Cyclops (Pvt.) Ltd.

Prochaine étape : grâce aux nouvelles solutions numériques de montage relativement abordables, l'Afrique compte des sociétés de production capables de fabriquer des programmes de haute qualité, pouvant dépassant ses frontières.

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