14 Novembre 2016
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African Media Agency (Dubai)

A l'occasion de la Conférence Régionale de l'Afrique de l'Ouest sur l'approche « Une seule santé », les dirigeants Ouest-Africains s'engagent à améliorer la préparation et la capacité de riposte aux situations d'urgence

communiqué de presse

DAKAR, Sénégal, 14 Novembre 2016,-/African Media Agency (AMA)/- Vendredi dernier, à l'occasion de l'exceptionnelle Conférence Régionale de l'Afrique de l'Ouest sur l'approche « Une seule santé » à Dakar (Sénégal), des ministres de la santé, de l'agriculture et de l'environnement ont réitéré leur engagement à travailler ensemble afin de prévenir et riposter rapidement aux menaces pour la santé publique en Afrique de l'Ouest. Cette collaboration survient 3 ans après que le premier cas de l'épidémie à virus Ebola a été détecté dans la région.

L'approche « Une seule santé » demande aux responsables politiques et aux professionnels de la santé de tenir compte des liens inextricables entre santé humaine, santé animale et environnement lorsqu'ils élaborent les systèmes et programmes de santé publique ainsi que les programmes de recherche. Au cours des dernières années, 75% des maladies émergentes infectieuses ont été transmises par des animaux ou des produits animaux. On pense ainsi que le virus Ebola a été transmis à un enfant d'une zone rurale de Guinée par un animal infecté, déclenchant une flambée épidémique qui a atteint plus de 28 000 personnes, dont les capitales de 6 pays d'Afrique de l'Ouest. En adoptant une approche intégrée de la santé publique, les communautés et les pays peuvent cependant détecter une épidémie chez les animaux avant qu'elle ne se soit transmise aux humains.

La conférence - organisée par le Bureau régional de l'Afrique de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS/AFRO) et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CÉDÉAO), en collaboration avec des partenaires régionaux et internationaux - constitue à ce jour l'engagement politique le plus fort en faveur de l'approche « Une seule santé ». Vendredi dernier, 38 ministres venant de 16 pays de l'Afrique de l'Ouest ont approuvé un communiqué officiel dans lequel ils s'engagent à mettre en œuvre l'approche « Une seule santé » tant à l'intérieur des pays qu'entre les Etats. Il s'agit d'une étape majeure en ce qui concerne la mise en œuvre de la Stratégie régionale pour la sécurité sanitaire et les situations d'urgence 2016-2020 qui a été agréée lors de la Soixante-sixième session du Comité régional de l'OMS pour l'Afrique à Addis Abeba en août dernier.

« Pour faire face à d'aussi graves enjeux, le monde ne peut tout simplement pas se contenter d'une approche inconstante de la sécurité sanitaire. Au contraire, il est vital de créer des systèmes et une coordination efficaces - tant à l'intérieur des pays qu'entre ceux-ci - afin de détecter, signaler et combattre la transmission de maladies qui affectent les humains comme les animaux.

L'Afrique de l'Ouest est actuellement confrontée à des flambées épidémiques de plusieurs maladies zoonotiques, telles que la grippe aviaire dans la volaille au Nigéria et la fièvre de la Vallée du Rift au Niger, ainsi qu'à des menaces sanitaires à transmission vectorielle, comme la souche de virus Zika du Brésil détectée au Cap-Vert et en Guinée-Bissau. Ces maladies ont de graves conséquences non seulement sur la santé mais aussi sur la sécurité alimentaire et la sécurité économique. La flambée épidémique du virus Ebola a ainsi coûté près de 600 millions de dollars US à la Guinée, au Libéria et à la Sierra Leone, tandis que depuis 2013 le coût de la grippe aviaire pour la région s'élève à des milliards de dollars.

En outre, l'utilisation excessive et inappropriée des antibiotiques chez les animaux et dans les cultures provoque l'émergence d'agents pathogènes résistants aux antibiotiques - rendant plus difficile et plus onéreux le traitement des maladies infectieuses courantes et des infections bactériennes. Cependant, une approche qui incorpore la santé humaine, la santé animale et l'environnement permet de préserver l'efficacité de ces médicaments en surveillant attentivement et minutieusement leur usage.

Le communiqué officiel signé par les ministres contribuera à renforcer la coordination à l'échelle régionale et à soutenir des systèmes solides pour prévenir et enrayer les flambées épidémiques. Cet accord annonce également la création d'un cadre qui aidera les pays à travailler ensemble dans un contexte transfrontalier et intersectoriel et garantira une réelle intégration des efforts en matière de santé humaine, santé animale et d'environnement. A terme, ce cadre servira de base aux pays d'Afrique de l'Ouest pour mener des programmes concertés de préparation et de riposte aux urgences sanitaires, tant au niveau national que sous-régional, et permettra ainsi de contrôler les épidémies avant qu'elles ne se transforment en crises sanitaires nationales et internationales.

Les Etats Membres ayant ratifiés l'accord se sont engagés plus précisément à mener des évaluations de risques nationales et à mettre en place des mécanismes d'alerte en cas d'épidémie de maladies courantes et de maladies émergentes sur leur territoire. Il incombera à chaque gouvernement d'intégrer les laboratoires chargés des échantillons humains et animaux afin d'améliorer d'une part la rapidité du diagnostique des maladies et d'autre part la détection de la transmission au niveau national d'agents pathogènes résistants aux médicaments - une étape essentielle dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens (RAM).

Ces engagements apporteront ensemble un nouvel élan aux pays d'Afrique de l'Ouest pour faire de la sécurité sanitaire et de la riposte aux menaces pandémiques une priorité. A terme, cela contribuera aussi à faire progresser les mesures et les engagements existants, tel que le Règlement sanitaire international (RSI). Le RSI est un instrument législatif garantissant que chaque pays développe les capacités nécessaires pour prévenir, notifier et riposter aux risques de santé publique susceptibles de franchir les frontières et de menacer la population mondiale.

Le rôle directeur de l'OMS dans l'organisation de la conférence sur l'approche « Une seule santé » s'inscrit en continuité avec son engagement à améliorer les capacités de la région pour éviter et mieux contrôler les situations d'urgence sanitaire. Cette vision est exposée dans l'audacieux Programme de transformation lancé l'an dernier par la Région africaine.

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