14 Novembre 2016

Afrique: Marrakech - Les pays en développement s'entraident à affronter le changement climatique

Photo: RFI
Les délégués de la COP22 ont entamé leur deuxième semaine de travail à Marrakech, sous bonne garde

La coopération Sud-Sud s'accroît, alors que les pays en développement s'entraident à faire face au changement climatique, à s'engager dans un développement durable et à mettre en œuvre l'Accord de Paris sur le climat, ont souligné lundi des hauts responsables des Nations Unies et les ministres de plusieurs pays à la Conférence sur le changement climatique à Marrakech (COP 22).

« Il est encourageant de voir combien la coopération Sud-Sud gagne du terrain », a déclaré le Conseiller spécial du Secrétaire général de l'ONU sur le Programme de développement durable à l'horizon 2030 et sur le changement climatique, Dr. David Nabarro, lors d'un Forum de haut niveau sur la coopération Sud-Sud sur le changement climatique, organisé au pavillon de la Chine à la COP 22, où des dizaines de chefs d'Etat et de gouvernement sont attendus mardi, dix jours après l'entrée en vigueur de l'Accord de Paris.

Un incubateur pour faciliter les partenariats

Dr. Nabarro a souligné que les Partenariats du Sud sur le climat, également connus sous le nom d'Incubateur de Partenariats du Sud sur le climat (SCPI), initié par le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, en marge de la cérémonie de signature de l'Accord de Paris en avril dernier, « consistent à établir des liens ».

L'ONU a établi cet incubateur pour générer, faciliter et appuyer des partenariats qui aideront les pays en développement à faire face au changement climatique. « Le SCPI s'appuie sur le système des Nations Unies pour répondre aux besoins des pays en développement avec des homologues disposés et capables de le faire. Grâce au SCPI, nous pouvons aider chacun à apprendre de l'autre », a déclaré Dr. Nabarro. Il a noté que le SCPI a examiné « 300 bons cas de partenariats bilatéraux, trilatéraux et plurilatéraux », qui ont été facilités par les Nations Unies, des organisations non gouvernementales et des banques multilatérales de développement.

De son côté, le Président de la COP 22, Salaheddine Mezouar, qui est également le Ministre marocain des affaires étrangères et de la coopération, a affirmé que la coopération Sud-Sud n'est « pas en opposition avec la coopération Nord-Sud ou Sud-Nord ».

« A travers la coopération Sud-Sud, on veut affirmer que les pays du Sud se prennent en charge, qu'ils ont beaucoup à partager et qu'ils ont beaucoup à apporter les uns aux autres », a-t-il ajouté. « Comme on est dans un monde qui change, les équilibres du monde nouveau passent également par ce renforcement des partenariats Sud-Sud et de la coopération Sud-Sud. Cette dynamique de partenariats Sud-Sud et de coopération Sud-Sud aidera à aller beaucoup plus vite et aidera également les pays en développement à trouver d'autres leviers pour répondre aux défis qui sont les leurs ».

L'Accord de Paris encourage la coopération Sud-Sud

La Secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC), Patricia Espinosa, a rappelé aux participants du Forum que, « s'il est clair que les pays développés doivent apporter leur soutien aux pays en développement pour atteindre leurs objectifs de l'Accord de Paris, cet Accord encourage également un soutien complémentaire telle que la coopération Sud-Sud ». « La coopération Sud-Sud est en train de rapidement devenir une composante de la coopération internationale pour faire face au changement climatique », a-t-elle dit.

M. Nabarro a remercié la Chine pour son leadership et son « généreux soutien » pour faire avancer la coopération Sud-Sud et pour « unir de manière décisive l'action sur le climat et l'action en faveur du développement durable ».

Il a mentionné un programme de la Chine, le Fonds de coopération Sud-Sud sur le changement climatique, qui « accroît les capacités d'un plus grand nombre de pays en développement à s'engager dans ce type de collaboration ». Il a également souligné les contributions significatives de la Chine à la transition régionale et mondiale vers de faibles émissions de carbone grâce à une alliance sur l'énergie solaire et l'Initiative pour les énergies renouvelables en Afrique (AREI). Il a aussi mentionné le Brésil, à la tête des efforts pour la plate-forme Biofuture, une initiative conjointe visant notamment à 'décarboniser' le secteur des transports (réduire les émissions de CO2).

Au début du Forum de haut niveau, le Représentant spécial de la Chine pour les questions relatives au changement climatique, Zhenhua Xie, a déclaré que son pays était prêt à partager ses expériences en matière de lutte contre le changement climatique. « Nous devons promouvoir une plus grande coopération Sud-Sud », a-t-il dit. « J'appelle les organisations internationales à agir comme ponts » dans ce domaine, a-t-il conclu.

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