17 Novembre 2016

Afrique: Ce qu'il faut retenir - Compte rendu du Discop Africa 2016 de Johannesbourg

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London — Le plus grand marché africain du secteur audiovisuel, le DISCOP Africa 2016 de Johannesbourg qui s'est tenu du 2 au 4 novembre 2016 s'est clôturé dans la satisfaction. Voici le compte rendu de Russell Southwood et de Sylvain Béletre, Balancing Act.

Selon le dirigeant et co-fondateur de l'événement, Patrick ZUCHOWICKI, DISCOP Johannesbourg 2016 a réuni 742 sociétés (contre 637 in 2015), et cette édition a connu une présence accrue de sociétés de productions indépendantes basées en Afrique (267 contre 193 en 2015). Au total, 1.537 délégués provenant de 72 pays (dont 39 pays d'Afrique) ont participé. "Nous sommes optimistes quand à la poursuite de cette croissance pour nos prochains marchés africains, Johannesbourg comme Abidjan", ajoute Zuchowicki.

Les indicateurs semblent être au vert : interrogés sur le terrain, les principaux acteurs du secteur disent avoir atteint leurs objectifs 2015, et le travail engagé sur 2016 devrait porter ses fruits, même si de nombreux obstacles doivent encore être contournés ou éliminés pour faire prospérer le secteur audiovisuel africain. Cet effort représente des investissements humains et financiers qui se chiffrent en millions de dollars.

Les débats et les opportunités pour les femmes travaillant dans les médias ont été au centre d'une discussion animée qui a ouvert le marché du contenu Discop Africa TV à Johannesburg le 2 novembre 2016 : environ 80 délégués ont écouté cette conférence, principalement des femmes !

Les téléspectateurs africains sont désormais scrutés avec beaucoup d'attention. Pour améliorer le service VoD Iroko, les dirigeants ont passé ces derniers mois à comprendre les attentes des clients et à franchir les obstacles (voir présentation ici).

Trace répond également à la demande accrue des jeunes citoyens pour des applications mobile : la société va lancer une application Trace sous peu.

Viacom, Trace et Turner ciblent les enfants du millénaire en Afrique avec des offres multi-plateformes. Le but : atteindre environ 500 millions de personnes avec une ligne éditoriale et des blocs de contenu qui reflètent et résonnent avec qui se passe chez les jeunes d'aujourd'hui. C'est aussi la stratégie de TV5Monde qui a lancé sa chaîne TiVi5Monde en Afrique depuis les Etats Unis, avec du contenu pour enfant.

Mais comment devenir une référence chez ces jeunes ? La musique est bien entendu à l'honneur estime Monsieur Monde Twala, VP de Viacom Africa (BET, Youth and Music portfolio) lors d'une conférence sur la stratégie du groupe média.

La programmation de genres scriptés et de programmes de TV réalité fait également partie d'une stratégie orientée vers les conversations des jeunes autour de «ce qui est tendance et d'actualité». L'idée est d'éduquer en divertissant, en rassurant les jeunes et en leur donnant des exemples à suivre. « Une révolution culturelle chez les jeunes africains est en train de se produire » a conclu Monde.

Pour Trace, les jeunes et la musique sont au cœur du financement de l'entreprise: le DG de Trace, Olivier Laouchez a engagé une stratégie à 360 degrés sur les plateformes digitales. La musique représente 80% du business.

Chez Turner, le numérique n'est pas seulement un complément, c'est une explosion de contenu sur les diverses plateformes disponibles, allant des jeux aux réseaux sociaux. Mais c'est également des programmes locaux, taillés sur mesure dans chaque pays d'Afrique incluant des sortes de formats.

Sur le stand de Lagardère Studios, Christophe Thoral expliquait que la société va poursuivre ses efforts en Afrique : (co)production, formations de jeunes talents, potentiellement des rachats de médias, développement de la publicité et déploiement de son savoir faire dans le numérique sont à l'ordre du jour sur l'Afrique. « Nous voulons consolider notre leadership, nous étendre à l'international, et développer le digital. Nous avons par exemple un partenariat unique avec de nombres sociétés fournissant des solutions VoD, telles que Netflix. » a résumé Monsieur Thoral.

Le mobile devient un diffuseur important de la vidéo sur le continent : En Afrique subsaharienne, Ericsson comptabilise 720 millions d'abonnements mobiles en 2016. Ce chiffre devrait croître à plus d'un milliard d'ici à 2022.

Le mot d'ordre des principaux acteurs de la production est l'incubation des jeunes pousses africaines de l'audiovisuel afin de professionnaliser la filière. Pour ce qui est de la distribution, les équipes commerciales se donnent des coudes pour faire entrer leurs programmes et chaînes dans les réseaux de diffusion qui feront l'avenir du paysage audiovisuel. Et la distribution du contenu africain ne s'arrête pas aux frontières du continent, elle se poursuit hors de l'Afrique, en Europe, en Amérique et en Asie. Produire des contenus africains exportables sur les marchés internationaux est donc le prochain défi.

Canal+ continue sa marche sans relâche « avec ou contre » les pirates, et investit toujours dans la production locale et dans la distribution sur son nouveau réseau TNT.

France24 poursuit sa folle course dans la distribution de la chaîne de télévision française d'information internationale en continu sur le continent, en particulier sa version anglaise et française. France24 est désormais sur la TNT Zambienne, et sur des plateformes OTT comme par exemple tuluntulu en Afrique du Sud.

A la BBC, les dirigeants en charge de la distribution sur le continent africain mettent l'accent sur le contenu en langues locales, et visent également un déploiement sur des plateformes numériques, en live et en mode délinéarisé. Mais attention, 'la chaîne d'information doit rester payante pour les diffuseurs en Afrique » explique un cadre de la société, « nous somme tenus d'afficher des indicateurs de rentabilité pour réinvestir dans le contenu ».

L'AFP confirme des accords pour son nouveau service de fil vidéo à l'endroit des chaînes de télévision africaines.

Chez Summview, on enchaîne les projets d'applications et de solutions numériques : la VoD est à l'honneur, les opérateurs télécoms veulent du contenu populaire pour justifier le coût de la donnée en accès haut débit.

« J'ai trouvé que cette édition était plus calme, plus structurée que les précédentes » a commenté un acteur de la production en Afrique. « On sent que l'industrie audiovisuelle en Afrique se construit, les interlocuteurs sont plus matures qu'il y a 2 ans, la réalité du terrain africain (les budgets parfois limités, les attentes de acheteurs vis à vis des producteurs, les modes de communication, etc.) est mieux comprise » a dit un autre délégué. « Ce fut une bonne édition ! Notre carnet de commande est rempli, et nous avons hélas dû refuser des programmes et des projets de coproduction» confirme un acheteur de contenu.

Une innovation lors de cette édition : les actualités du marché étaient entrées dans Twitter live.

Retrouvez les éditions du Discop en 2017 :

30 mai au 1 juin 2017 : le Discop Africa Abidjan 2017

25-27 octobre 2017 : Discop Africa Johannesburg (Jo'burg) 2017

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