27 Décembre 2016

Congo-Brazzaville: Le président congolais chez Donald Trump - Info ou intox ?

S'agit-il d'un revirement de dernière minute ? C'est la question que tout le monde se pose après la sortie, hier 27 décembre 2016, de la porte-parole du futur président américain, Donald Trump, qui dit n'avoir jamais prévu une rencontre avec le président congolais, Denis Sassou Nguesso.

Pourtant, les autorités congolaises l'avaient annoncée à grands renforts de publicité, tant et si bien que cela donnait de l'urticaire à certains opposants qui n'hésitaient pas à crier au scandale. Que s'est-il donc passé ? Difficile d'y répondre pour l'instant, ce d'autant qu'au moment où nous tracions ces lignes, Brazzaville n'avait pas encore officiellement réagi. En tout cas, pour une surprise, la rencontre de Donald Trump avec Denis Sassou Nguesso pour parler de politique africaine allait en être une, même si le satrape congolais devrait être reçu en tant que président du Comité de haut niveau de l'Union africaine (UA) sur la Libye, par son homologue américain. D'autant plus que l'action du président congolais à la tête de cette instance, n'offre aucune lisibilité dans la grave crise que traverse le pays de Kadhafi. Car, sauf erreur ou omission, l'on ne se rappelle pas l'avoir vu aux côtés d'un Fayez el-Sarraj, le chef du gouvernement d'union nationale de Libye ou d'un Khalifa Haftar, le général proclamé chef de ce qui reste de l'armée libyenne, alors que ces derniers multiplient les actions diplomatiques, à la recherche de soutiens extérieurs à leurs causes.

Sassou voulait-il devenir le « nègre » de service de Trump ?

Le général Haftar, par exemple, qui contrôle une bonne partie du pays et qui semble avoir la mainmise sur la réalité du pouvoir, s'est successivement rendu au Tchad, en Russie et en Egypte, sans jamais faire le déplacement de Brazzaville. Tant et si fait que l'on ne peut s'empêcher de s'interroger sur la pertinence du rôle du président de ce fameux Comité. En tout cas, sur la question libyenne, Donald Trump pouvait recevoir la présidente de la Commission de l'Union africaine (UA), Dlamini-Zuma, ou encore le président en exercice de l'UA, Idriss Déby. Cela pourrait paraître plus convenable, d'autant plus le président tchadien, en voisin influent de la Libye qui a du reste déjà reçu la visite du général Haftar, semble mieux imprégné de cette crise que son homologue congolais. De plus, qu'est-ce que Denis Sassou Nguesso pouvait apprendre au nouveau président américain sur la Libye que les services de renseignements américains ne lui ont pas déjà dit ?

En tout cas, l'on n'a pas besoin d'être grand clerc pour se rendre à l'évidence que la question libyenne ne saurait être résolue par ce Comité de haut niveau conduit par Denis Sassou Nguesso. C'est pourquoi il y a lieu de penser que cet honneur qui allait être fait au président congolais d'être le premier président africain à être reçu par le futur locataire de la Maison Blanche, n'aurait été ni plus ni moins qu'une prime à la dictature. D'autant plus que l'homme fort du Congo, qui a réussi le tour de force de se faire réélire à la tête du pays après 32 ans de pouvoir alors qu'il était constitutionnellement disqualifié pour prétendre encore au trône, est toujours contesté par une grande partie de ses compatriotes. Sassou voulait-il alors devenir le « nègre » de service de Trump ? L'histoire le dira et si c'était le cas, l'on ne pourrait pas dire qu'il n'a pas le profil de l'emploi. Car, à la tête d'une des dictatures les plus crasses du continent, l'homme semble n'avoir pas encore fini de faire parler de lui. Et cette visite, si elle avait lieu, allait donner tout simplement le ton de ce que seraient les rapports entre l'Administration Trump et le continent africain qui peine à se débarrasser d'une race de dirigeants à laquelle appartient son visiteur d'un jour, qui semblent avoir juré de faire le requiem de la démocratie et de l'alternance sur le continent noir.

Si cette rencontre avait lieu, ce serait la preuve que les démocrates du continent ne pouvaient rien attendre de Donald Trump

Ç'aurait donc été un mauvais signal que Trump allait envoyer aux démocrates du continent qui avaient pourtant nourri l'espoir d'une aube nouvelle, avec la désormais célèbre formule de son prédécesseur, Barack Obama, qui disait que « l'Afrique a besoin d'institutions fortes et non d'hommes forts ». La crise libyenne était donc un bon prétexte pour le président Sassou de se rapprocher de l'imprévisible président américain qui, on le sait, ne connaît pas bien l'Afrique et n'avait même pas un spécialiste du continent dans son équipe de campagne. Ce qui sonnerait comme le requiem de la démocratie. Car, si cette rencontre avait lieu, ce serait la preuve que les démocrates du continent ne pouvaient rien attendre de Donald Trump, pour rappeler à l'ordre les dictateurs. Tant mieux donc que Trump a vite rectifié le tir.

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