8 Janvier 2017

Burkina Faso: Procès d'ex-soldats du RSP - Un enregistrement audio fait débat

Photo: Sidwaya
Procès des militaires de l'ex-RSP -

Au Burkina Faso, le procès des ex-militaires de l'ancienne garde de Blaise Compaoré se poursuit à Ouagadougou. Plusieurs inculpés sont déjà passés à la barre, mais ils nient avoir projeté une attaque contre la maison d'arrêt et de correction des armées pour libérer les généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé. Et comme dans le dossier du putsch, un document audio a fait l'objet d'intenses échanges entre les avocats et le commissaire du gouvernement. Les avocats demandent une mise à l'écart de cet enregistrement obtenu «illégalement» dont ils n'ont d'ailleurs pas écouté tout le contenu.

Les débats ont tourné autour de l'élément fondamental qui a permis l'inculpation de certains militaires de l'ex-Régiment de sécurité présidentielle, dissous après le putsch raté de septembre 2015 : un enregistrement audio dont la retranscription figure dans le dossier. Les avocats de la défense ont demandé la mise à l'écart de ce document.

« La légalité de cette pièce étant remise en cause, la pièce doit quitter le dossier. Le deuxième élément qui fait que la pièce doit quitter le dossier, c'est qu'il y a des passages qui ont été rayés. Par qui ? On ne sait pas. S'il y a des passages qui ont été enlevés, il n'est pas exclu qu'on en rajoute d'autres », estime Maître Christophe Birba.

Selon les avocats, le soldat qui a apporté cet enregistrement audio à la police judiciaire et d'autres militaires ayant assisté à la présumée réunion de préparation des attaques ne sont pas sur le banc des accusés comme leurs camarades d'armes. « Il y a le nom des gens qui sont cités et qui n'ont jamais été entendus, ni au niveau de l'enquête préliminaire par les officiers, ni par le juge d'instruction. Il est très important de faire comparaître ces personnes. D'autant plus que ce sont ces personnes-là qui ont désigné d'autres personnes, qui sont, elles, inculpées », souligne Maître Amidou Ouattara.

Même si certains militaires accusés reconnaissent s'être rendus au domicile privé de Madi Ouédraogo, le présumé cerveau du projet d'attaque, aucun inculpé ne reconnaît avoir projeté de s'attaquer à un dépôt d'armes et à la maison d'arrêt et de correction des armées (MACA) pour libérer les généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé ainsi que leurs camarades incarcérés dans le cadre du putsch manqué de septembre 2015.

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