26 Janvier 2017

Burkina Faso: Dr Ra-Sablga Seydou Ouédraogo sur l'Armée - «La crise de commandement est alimentée par la corruption des élites militaires»

interview

- Le dialogue Etat/secteur privé ? « Le gouvernement a donné dans un monologue en se parlant à lui-même »

- Les réformes ? « Précipitées, improvisées et de belles idées vendangées »

- L'armée ? Sa refondation « demeure une Arlésienne » et « la crise de commandement est alimentée par la corruption des élites militaires »

- Les RSS ? Ils « alimentent des forces centrifuges croisées »...

Bref, c'est un tableau on ne peut plus noir que peint le Dr Ra-Sablga Seydou Ouédraogo pour qui « le Burkina s'installe dans un go-slow inquiétant ».

Rien, ou presque, ne trouve grâce aux yeux du directeur exécutif de l'Institut FREE Afrik, si ce n'est « la belle résilience de l'économie burkinabè face à une série de chocs adverses ».

Interview sans concession d'un brillant universitaire et chercheur que nous avons rencontré après la publication, par le think thank qu'il dirige, du quatrième rapport annuel de rétrospective et de prospective économiques.

Vous venez de publier votre quatrième rapport annuel de rétrospective et de prospective économiques. Quel bilan faites-vous de l'année 2016 dans la présente édition ?

Merci beaucoup de nous offrir l'occasion de parler de ce travail qui est devenu une tradition que nous comptons bien poursuivre. L'équipe de chercheurs de l'Institut FREE Afrik a été mobilisée cette année sur des problématiques inspirées de l'actualité et sur des défis pressants auxquels le pays fait face. Pour décliner les résultats sous forme de bilan de l'année 2016, plusieurs points peuvent être annoncés.

En premier lieu, nous constatons toujours la belle résilience de l'économie burkinabè face à une série de chocs adverses, d'épreuves donc, qui ont affecté la société et pesé sur la progression de l'activité durant les 6 dernières années.

Ces chocs violents tant dans leur récurrence que dans leur ampleur incluent les émeutes militaires du premier semestre 2011, la longue année de controverses et de luttes politiques occasionnées par la tentative de révision de la Constitution et l'instauration d'un Sénat, ce que nous avons appelé l'agenda nauséabond de l'article 37, la formidable insurrection populaire d'octobre 2014 et les dégâts économiques occasionnés, la difficile et agitée transition politique de 2015, l'anachronique coup d'Etat de septembre 2015, l'ébullition du front social depuis la Transition et durant toute l'année 2016, dans le secteur privé puis dans les administrations publiques, la dégradation sans précédent du climat sécuritaire tant en rapport avec les violences communautaires que la montée des attaques terroristes, etc.

Comment s'est manifestée cette "belle résilience" dont vous faites cas ?

Le pays n'a pas dérivé dans le chaos comme on aurait pu le craindre. Le génie collectif national a su opposer face à chacune de ces épreuves une organisation minimale et une inventivité qui nous ont évité le pire de la descente éternelle dans les enfers de l'instabilité, de la trappe du chaos durable, comme malheureusement ailleurs dans le monde.

Quand l'Institut FREE Afrik indiquait, une semaine après l'insurrection populaire, qu'aucune menace ne pesait sur le paiement effectif des salaires des fonctionnaires, cela étonnait certaines institutions, y compris le FMI à Washington.

En dépit de ces évènements, la croissance du pays ne s'est pas arrêtée. L'économie a continué à avancer mais il faut, en deuxième lieu, tout de suite noter la décélération de la croissance.

En d'autres termes, le rythme d'augmentation de la richesse nationale recule d'année en année entre 2010 et 2015.

Nous sommes passés de leader de la croissance dans l'UEMOA entre 1996 à 2009 à 7e en 2014 et 2015 et à 6e en 2016.

Le taux de croissance attendu à 5,2%, inférieur à la moyenne UEMOA en 2016 sera sans doute plus proche des 4% de 2015 une fois qu'on l'aura recalculé en tenant compte du dernier trimestre 2016 qui a été très peu productif.

Beaucoup de personnes reprochent aux économistes de trop parler de la croissance alors que celle-ci n'a pas toujours un impact direct sur leur quotidien.

Je suis de cet avis. Mais je considère que l'opinion publique doit comprendre aussi le sens de cet indicateur.

Si l'économie burkinabè progressait durablement au taux de plus de 8% effectivement enregistré en 2010, nous aurions, tenant compte de la progression démographique de l'ordre de 3% par an, mis 14 ans pour doubler le revenu moyen par habitant.

Cependant, avec le taux de 4% enregistré en 2014 et 2015, nous devrions mettre 70 ans pour atteindre ce doublement du PIB par tête. C'est vous dire l'enjeu quantitatif majeur qui est derrière la croissance économique.

La prise en charge des enjeux de répartition et de lutte contre la pauvreté et la vie chère deviennent plus faciles avec la croissance, mais il n'y a rien d'automatique, je vous le concède.

En outre, en raison de son retour réussi à la démocratie, grâce à un génie collectif salué, le pays bénéficie d'une bonne disposition de ses partenaires au développement, une sorte de prime au rétablissement démocratique, en témoigne le volume des intentions de financement exprimées par les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) du PNDES à Paris le 7 décembre 2016.

Certes, cette bonne disposition reste davantage un potentiel à convertir en facteurs effectifs de soutien à la relance économique et au renouveau du pays.

Néanmoins, dans un contexte de durcissement des conditions de financement du développement, elle constitue un atout que des pays comparables n'ont pas.

Pourquoi la relance économique attendue en 2016 n'a-t-elle pas été au rendez-vous ?

La dégradation de la situation sécuritaire avec des niveaux d'alerte jamais atteints dans le pays ainsi que la fronde sociale très importante en 2016, une bonne vingtaine de mouvements de débrayage a touché plus de 40% des ministères, ont pesé sur les conditions de la relance économique. Il faut cependant noter l'action (ou l'inaction) du gouvernement qui n'a pas porté assez d'attention à la question de la relance de l'activité de façon sérieuse et sincère.

Par exemple, il n'a pas engagé le dialogue attendu avec le secteur privé. Ainsi, pour la première fois depuis 15 ans, la traditionnelle rencontre gouvernement/secteur privé n'a pas eu lieu, sans aucune explication convaincante et sans alternative, bien au contraire.

Nos enquêtes auprès du secteur privé indiquent que des cadres de dialogue sectoriel n'ont également pas été tenus et que les espoirs fondés sur le retour à la normalité constitutionnelle restent quasiment entiers. Le gouvernement a, au contraire, donné dans un monologue en se parlant à lui-même à l'occasion de foras organisés par lui, entre lui et avec sa seule parole.

Des préoccupations majeures, des problématiques difficiles et urgentes n'ont pas été entendues par le gouvernement et les réponses n'ont donc pas suivi.

Aucune action spécifique n'a visé la relance des 114 entreprises cassées en marge de l'insurrection, et les 11 300 emplois directs et indirects détruits semblent simplement passés par pertes et profits.

Le secteur du tourisme-hôtellerie-restaurant-loisirs pris dans un étau entre, d'une part, la baisse de sa clientèle en raison de la dégradation sécuritaire et, d'autre part, la montée de ses charges pour justement faire face à la menace sécuritaire, n'a connu aucune politique de soutien à la hauteur des enjeux d'emplois inhérents à ses activités.

Le parc d'infrastructures dégradé durant deux ans de non-entretien et par les casses n'est pas encore réhabilité. Le paiement des arriérés de dettes intérieures n'a pas été assez ambitieux ni diligent.

Cela a pesé sur les entreprises et il n'est pas sûr qu'en dépit de la communication gouvernementale, les lourdeurs administratives qui se sont renforcées dans le pays avec la journée continue n'ont pas continué à alimenter les arriérés intérieurs.

Est-ce pour ces raisons que vous vous demandez dans votre étude si 2016 n'a pas été une année perdue ? N'êtes-vous pas trop sévère ?

Nous avons effectivement posé cette question à savoir si l'année 2016 n'a pas été perdue. Nous reconnaissons la résilience dont fait montre l'économie et la société vis-à-vis d'une série d'évènements extrêmement violents. Mais ceci étant, nous notons de graves insuffisances des politiques publiques en 2016.

En plus de la relance qui n'est pas arrivée, il faut noter un ensemble de réformes précipitées, de mesures improvisées ou de belles idées vendangées comme si nous étions en fin de mandat.

Ainsi la gratuité des soins de santé maternelle et infantile, une formidable idée, a été improvisée. Ni la communication requise en direction des bénéficiaires, ni la concertation des parties prenantes n'ont été suffisantes.

D'autres aspects critiques de la réforme, notamment la disponibilité des stocks et la soutenabilité financière et économique de la réforme et des formations sanitaires n'ont été étudiées et les précautions requises ont alors manqué.

En conséquence, cette réforme de grande portée sociale connaît d'importantes difficultés qui restent à corriger pour en renforcer les impacts.

Il en va de même de la réforme du 1% culturel ou 1% artistique. Proposée par l'Institut FREE Afrik depuis mars 2014 et reprise par la Commission de la Réconciliation Nationale et des Réformes (CRNR), la réforme vise à adresser une commande publique conséquente aux secteurs des arts et de l'artisanat d'art à l'occasion de la construction ou de la réfection d'édifices publics pour leur ameublement et décoration.

Le projet de loi soumis au gouvernement définit un périmètre d'application peu pertinent. L'indispensable concertation des parties prenantes d'une réforme aussi complexe n'a pas non plus été faite. Le parlement a du reste rejeté le projet dès l'examen en commission.

La réforme fiscale sur le foncier a été également précipitée sans au préalable la mise au point de l'outil indispensable de son opérationnalisation, notamment le cadastre foncier informatisé recommandé prestement par la CRNR.

Même l'important travail réalisé par les enquêtes parlementaires souffre également de cette limite des politiques publiques mises en œuvre dans ce début de mandat.

L'enquête sur le secteur minier a établi des estimations de manque à gagner à l'Etat de l'ordre de 593 milliards de francs CFA.

L'analyse détaillée de ce montant communiqué montre que plus de 55% de ce montant soit 327,7 milliards sont à exclure car relevant d'avantages fiscaux légaux accordés aux sociétés minières et en tant que tels sont non récupérables (114 milliards) ainsi que d'autres estimations.

Ce rapport parlementaire a ainsi mis côte à côte des manques à gagner réels pouvant et devant être récupérés et des estimations de montants putatifs. Cela fragilise la confiance dans le secteur minier.

Puisque vous êtes à l'Assemblée, restons-y. Qu'en est-il du rapport sur le foncier ?

Il consolide également des dossiers de nature très différents, certains manifestement contentieux et d'autres plus difficilement contestables. En plus la communication qui en a été faite a jeté de l'incertitude sur le marché et affecté les prix des actifs immobiliers.

Les diligences requises pour empêcher l'évasion des biens mal acquis n'ont pas été prises, les conditions actuelles permettant toujours la continuation des pratiques incriminées.

Si vous ajoutez à cela que la conjoncture internationale n'a pas été si défavorable au pays, bien au contraire, que le PNDES demeure un plan sur papier, que le processus de réconciliation nationale est en panne, aux mains d'un HCRUN encore dans un cotonneux entre-soi, que la justice, quand elle ne rétropédale pas de façon ostensiblement tripatouillée, marche à pas de tortue, que l'indispensable réforme de l'armée demeure une arlésienne dans un contexte de défi sécuritaire inédit, et qu'au final la population burkinabè a augmenté de près d'un demi-million de personnes en 2016, 500 000 belles âmes supplémentaires, n'est-ce pas que vous aboutissez au bilan d'une année perdue ?

Au total, sur des chantiers prioritaires et face à des défis brûlants, le Burkina Faso s'installe dans un go-slow inquiétant, une inertie d'autant dangereuse que nous vivons de mutations majeures et inédites en matière sécuritaire en particulier.

Que reprochez-vous au PNDES ? La table ronde de son financement en décembre semble pourtant avoir été un succès...

La table ronde des bailleurs du PNDES tenue les 7 et 8 décembre 2016 a consisté en réalité en une rencontre avec les PTF du pays le premier jour, et en un forum avec les acteurs privés le second jour.

Les engagements pris par les PTF indiquent un total d'intentions de financement de 8 000 milliards de F CFA pour des niveaux de financements effectifs attendus à 5 000 milliards sur la période de réalisation du Plan.

Cela montre un succès de la table ronde du premier jour. En effet, ce niveau de couverture, certes théorique, demeure toutefois inégalé dans l'histoire du financement du pays.

Le deuxième jour de la table ronde de Paris a connu la participation d'une diversité d'acteurs privés nationaux et internationaux qui ont formulé des intentions de financement estimées à un total de 10 000 milliards de francs CFA. L'analyse des promesses permet de dresser différentes catégories d'acteurs en présence.

La première est constituée d'organismes privés ayant des références qui témoignent en faveur de la crédibilité du niveau des intentions en cohérence avec les secteurs qu'ils ont visés. Les promesses de financement faites par le secteur bancaire burkinabè s'inscrivent dans cette catégorie.

Cependant, pour une part importante des intentions de financement, les montants annoncés sont en déphasage criard avec l'échelle d'affaires et la valeur effective des porteurs, quand ils ne semblent pas manifestement se méprendre sur la nature de la table ronde, la confondant à une surenchère infondée pour gagner des appels d'offres non annoncés du reste.

Par ailleurs, les promesses de financement en partenariat public -privé (PPP) comportent des enjeux majeurs relatifs aux PPP mêmes. En effet, leur évocation systématique dans un effet de mode ne garantit pas leur pertinence dans bien de cas.

Bien au contraire, l'expérience concrète du Burkina Faso incline à tout le moins à une grande prudence. Les déconvenues dans le dossier de l'exploitation minière à Tambao et les risques majeurs qui pèsent sur le pays dans les procédures contentieuses en cours (une demande de réparation portée à 4 milliards de dollars US par la société minière soit plus de deux ans de recettes fiscales du pays) posent avec acuité la problématique de la défense des intérêts collectifs actuels et futurs dans ces contrats ainsi que la transparence et l'intégrité dans les procédures de négociation et de signature.

A vous écouter, la rencontre de Paris n'a pas été aussi bénéfique qu'on le claironne depuis.

Disons qu'en dernière analyse, les succès réels et relatifs enregistrés à la table ronde de Paris ne doivent pas faire perdre de vue les contraintes concrètes qui pèsent sur la capacité d'absorption ainsi que la priorité à donner à la mobilisation des ressources internes.

En effet, la mobilisation des financements promis requiert des réformes, des actions vigoureuses et adéquates pour accroître l'efficacité des administrations. Celle-ci est également indispensable pour la réalisation des ambitions importantes prévues dans le PNDES en matière de taux de pressions fiscales.

Dans un contexte plutôt marqué par une démobilisation continue des administrations publiques, leur remobilisation pour collecter les ressources domestiques et les appuis extérieurs en vue du financement de l'investissement public est une tâche prioritaire.

Vous êtes aussi de ceux qui critiquent la communication gouvernementale sur le sujet. Qu'est-ce qui clochait là-dessus ?

A notre analyse, la communication autour du PNDES n'a pas été adéquate. Durant le dernier trimestre de l'année 2016, l'action gouvernementale de communication sur le PNDES a été articulée autour des tournées régionales de présentation du Plan et de présentation à quelques acteurs dont le secteur privé. Il faut ajouter à ces actions la publicité autour de la table ronde de Paris et la communication de l'après table ronde.

Les tournées régionales visaient une diffusion du Plan aux populations à la base et ont permis au Premier ministre d'en indiquer les axes principaux dans les 13 chefs-lieux de région. L'intention louable d'appropriation populaire du Plan a toutefois été desservie par deux limites majeures.

En premier lieu, en organisant et en tenant ces rencontres sous la bannière partisane des sympathisants et militants du parti au pouvoir, le gouvernement a affaibli considérablement la portée nationale et inclusive d'un plan qui se veut pourtant national. L'occasion d'une mobilisation, d'un élan collectif de tout le pays a donc été ratée.

En deuxième lieu, la communication axée sur des promesses réitérées, des engagements pris et des discours émaillés d'estimations à des centaines de milliards de francs n'a pas permis une pédagogie réelle sur la situation difficile du pays et les efforts requis de tous.

Bien au contraire, les discours sur un ton quasiment électoraliste pourraient avoir alimenté cette ambiance nationale peu consciente des difficultés financières de l'Etat. La communication avant, pendant et après la table ronde de Paris n'a pas réellement corrigé cette tendance; elle l'a, en certains points, renforcée même.

La communication en direction de quelques acteurs stratégiques a été dans un style top-down dans des fora inappropriés à un véritable dialogue autour du Plan.

Un dialogue adéquat, courageux et sincèrement ouvert avec le secteur privé aurait par exemple permis de prendre l'ampleur de la limite du PNDES en ce qu'il ne dispose pas d'une véritable stratégie d'impulsion du secteur privé.

Un dialogue avec le monde syndical et les autres acteurs majeurs de la société aurait ouvert la possibilité d'une pédagogie qui introduirait, un tant soit peu, la vérité sur l'état réel du pays et les priorités nationales arrêtées par le gouvernement.

Les limites évoquées constituent toujours des voies de renforcement d'une action pédagogique et d'une communication au service de la réalisation des résultats attendus.

En tout état de cause, l'antipédagogie du développement qui est celle d'une communication à la base restreinte, distante de la vérité des réalités et fondée sur des promesses inconsidérées produit des effets pervers sur l'appropriation des défis et enjeux de développement, limite la mobilisation des ressources (humaines et financières) et ainsi affaiblit l'efficacité de l'action publique.

En définitive, les instances de mise en œuvre et de suivi-évaluation du Plan ne sont pas encore mises en place en ce début d'année 2017.

Le rattachement du pilotage du Plan au Premier ministère est décidé mais les responsables ne sont pas encore nommés au 20 janvier 2017. Cela constitue un retard important car on aurait pu avoir déjà mis en place ces instances avant la table ronde de Paris.

Revenons un peu sur l'inertie dont vous avez fait cas. Comment l'expliquez-vous? Nous sommes dirigés par des responsables politiques pourtant détenteurs de longues expériences de gestion du pouvoir.

Face au fait que le Burkina Faso est comme installé dans une inertie d'autant inquiétante que le pays fait face à des défis internes et externes brûlants, nous avons entrepris une analyse d'économie politique du pays, à travers une étude stratégique de la gouvernance qui indique plusieurs résultats.

Une enquête entreprise auprès de personnalités sélectionnées pour leur exposition privilégiée à l'information sur le pouvoir au Burkina Faso montre que les perceptions des acteurs confirment la distribution triangulaire du pouvoir entre les trois pôles constitués autour du trio RSS (Roch - Salif - Simon NDLR).

Après la conquête du pouvoir, la communauté de destin qui les engageait dans un élan collectif pour la victoire électorale s'étiole, car l'adversité commune recule.

Les trois pôles politiques se repositionnent donc stratégiquement et alimentent des forces centrifuges croisées, chaque pôle tentant de renforcer son propre centre dans la distribution des positions de pouvoir, et dans le jeu d'influence.

Ces stratégies croisées et centrifuges alimentent une inertie qui explique la lourdeur des prises de décisions, la faible réactivité du pouvoir et l'attentisme dans certains cas.

N'est-ce pas plus une simple question de perception qu'une réalité tangible ?

Pas du tout. Ainsi peut être expliquée la longue attente du premier gouvernement du Président Kaboré qui a duré en effet un mois et demi après la victoire du 29 novembre 2015.

Ainsi peuvent être expliqués plusieurs évènements notamment l'affaire CAMEG, les attaques du président du Parlement contre des membres du gouvernement ainsi que les sorties du chef de l'Etat qui semblent recadrer ce dernier, etc.

En l'absence de communauté de destin, qui ne peut être recréée que par une menace sur leur survie immédiate au pouvoir, les trois pôles sont tenus dans un triangle d'incompatibilité du pouvoir.

Tout choc qui ne reconstitue pas, un tant soit peu, ou qui n'affecte pas radicalement la distribution relative du pouvoir, est incapable de briser l'inertie.

La perspective d'un nouveau gouvernement ainsi que l'action d'un secteur privé lui-même éclaté ou en éclatement et en constitution d'alliances avec les pôles sont inopérantes.

Le schisme stratégique actuel de l'opposition politique écartée entre, d'une part, la CODER rivée sur la question de la réconciliation et la libération des anciens bonzes du CDP et, d'autre part, la CFDC ramollie et timidement demandeuse de justice en particulier si elle peut s'exercer contre ces adversaires politiques, est également peu déterminante sur la nature de la gouvernance.

Par ailleurs, en dépit de leur âpreté, les chocs sécuritaires semblent malheureusement incapables à constituer une communauté de destin car ne menaçant pas directement le pouvoir.

L'action des syndicats qui a mis le front social en ébullition parait également peu influente. Elle pourrait même alimenter des tactiques de déstabilisation de clans du pouvoir par d'autres et par là l'inertie.

Pourtant le pays doit affronter des défis brûlants notamment : la menace sécuritaire ; la remobilisation de l'administration, la restauration de l'autorité de l'Etat ; la restauration de la confiance, et la relance de l'économie pour prendre en charge la multiforme et impatiente demande socioéconomique (éducation, santé, eau, emploi, électricité, alimentation et vie chère) ; ainsi que les défis de la justice et la réconciliation nationale pour recoudre le ciment national.

Ce que vous annoncez n'est pas rassurant ; quelles perspectives voyez-vous pour la nouvelle année ?

Entre inertie et besoin de renouveau, 2017 s'annonce comme une année critique. Le pays dispose d'atouts réels pour s'engager dans le renouveau attendu. L'analyse stratégique menée par FREE Afrik permet d'engager une prospective d'une année 2017 de sortie de l'inertie et de perspective de renouveau ou d'un immobilisme suicidaire sur les agendas de la justice et de la réconciliation, de la demande socio-économique, de la remobilisation des administrations, et surtout de la réforme des forces armées et de sécurité pour faire face au défi sécuritaire et à la mutation de la conflictualité.

Les tendances lourdes à l'œuvre n'excluent pas également des scenarii sombres. La probabilité du scenario le plus inquiétant augmente. Il s'agit de celui d'une marche vers le précipice, c'est-à-dire un effondrement de la société à la suite d'un long et lent délitement de l'Etat et d'une diversion des principaux acteurs stratégiques.

L'état très inquiétant des forces armées et de défense, qui n'ont jamais été aussi désorganisées depuis plusieurs années pendant que la conflictualité se renouvelle, se complexifie et prend plusieurs formes et une acuité inédite. Cela constitue un facteur en faveur de ce scenario, celui du précipice. A côté de problèmes importants de commandement existe celui d'une corruption au sommet d'une armée qui a connu un grossissement inconsidéré de sa tête, alimentée par des « finances publiques de l'armée quasiment hors de contrôle » comme l'indique le rapport de la CRNR, sans compter les réels schismes intergénérationnels en son sein. L'équipement inadéquat et la géographie inopérante de l'armée sont également des problèmes de premier plan. Le moral des troupes est à reconstruire au même titre que la fonction de renseignement en gestation trop lente.

L'effroyable attaque de Nassoumbou, un drame sans précédent dans l'histoire militaire du pays, montre la montée en puissance de la menace djihadiste avec des acteurs et une infrastructure désormais en partie sur le territoire national.

Pendant ce temps les poussées des groupes d'auto-défense et la montée des conflits communautaires posent d'importants problèmes. Avec la volatilité du front social, elles peuvent constituer une sorte de front de diversion intérieure pendant que la menace terroriste avance inexorablement.

Bien évidemment, l'inertie de la gouvernance constitue le premier facteur responsable qui alimente ce scenario pessimiste. Il faut s'en éloigner au plus vite. C'est là la raison du titre de nôtre rapport « S'éloigner du précipice, engager le renouveau ».

Alors comment éviter cette perspective apocalyptique ? Quelles sont les recommandations de votre étude ?

Plusieurs recommandations ont été faites. Avant de les annoncer, je tiens à dire que ce scenario pessimiste n'est pas une fatalité pour un peuple extraordinaire comme le nôtre. Nous sommes convaincus que nous pouvons collectivement nous éloigner du précipice et engager le renouveau attendu par des populations légitimement impatientes.

Il faut, dans un premier temps, briser l'inertie de la gouvernance par l'action conjuguée des acteurs stratégiques de la société et un besoin d'hommes d'Etat à combler. Un repositionnement des acteurs est indispensable pour sortir de l'inertie.

Face aux défis brûlants qui assaillent le Burkina Faso, il est urgent de sortir de l'inertie qui caractérise la gouvernance actuelle. Une pression adéquate des différents acteurs stratégiques est requise. L'opposition politique doit jouer une partition plus active, en assumant un rôle de critique et de pression dans une visée républicaine en vue d'engager le pouvoir dans une dynamique résolue. Elle doit bâtir une alliance stratégique qui la sorte de l'actuelle inféconde dualisme en son propre sein.

Des syndicats ont ajourné des mots d'ordre de grève à la suite du drame de Nassoumbou. Cela montre que l'action syndicale pourrait emprunter de nouvelles formes et mettre au cœur de sa préoccupation la défense de la patrie. Il est incohérent d'appeler au départ des troupes étrangères du pays sans réclamer résolument et en priorité des moyens conséquents aux forces armées nationales. En tout état de cause, il ne s'agit pas de la négociation d'une trêve sociale inconditionnelle mais de la mobilisation sur les enjeux prioritaires de défense de la nation en danger sans sacrifier les enjeux de progrès social et économique.

Les autres organisations de la société civile, les intellectuels et les leaders d'opinion doivent se mobiliser pour éloigner le pays du précipice. En dernier ressort, il s'agit d'une bataille d'opinion, car c'est l'opinion publique en constitution qui a été la seule à même de faire bouger le pouvoir en 2016 sur des enjeux importants de lutte contre la corruption. Qu'il vous souvienne l'affaire des tablettes des députés.

L'opinion publique doit être renforcée tant dans la qualité de son information que dans la sélection de ses sujets d'indignation de façon à mettre en avant les défis brûlants du moment.

Les hommes d'Etat existant au cœur du pouvoir ou dans son entourage, s'il y en a, ont une mission historique à jouer pour mettre la gouvernance à la hauteur de l'histoire.

La communauté internationale doit rehausser son appui et son exigence sur la menace sécuritaire au Burkina Faso. Le pays constitue une position stratégique que le monde ne peut laisser tomber dans la dérive terroriste sans grand dommage.

Sur cette question, quelle thérapie préconisez-vous pour ce grand corps malade que serait nos FDS ?

Il faut engager la réforme, la remobilisation et la mise à niveau des forces de défense et de sécurité (FDS). La dégradation du contexte sécuritaire requiert une accélération des FDS pour faire face au renouveau de la conflictualité autour des menaces terroristes, des conflits communautaires avec les risques liés à l'émergence des groupes d'auto-défense et la montée du grand banditisme. Des réformes sont attendues sur plusieurs plans. L'équipement, l'armement et la formation des forces armées doivent viser leur mise aux normes pour être à la hauteur des défis actuels et futurs.

La réforme des finances publiques de l'armée est indispensable pour soutenir l'investissement dans le secteur de la sécurité mais également pour assainir les pratiques et renforcer l'exemplarité du commandement. Le ministère de la Défense ne dispose pas de contrôle financier et les corps administratifs de contrôle sont frileux à l'idée d'y conduire des audits. Le ministère des Finances est mis devant le fait accompli tant dans la mobilisation des recettes que dans l'exécution des dépenses militaires et paramilitaires, dans un « abus » de l'argument du secret-défense. L'augmentation des dépenses militaires constitue une justification supplémentaire de la nécessité d'assainir le secteur.

En tout état de cause, la crise de commandement est alimentée également par la corruption des élites militaires qui perdent les vertus militaires et se trouvent ainsi discréditées vis-à-vis des troupes. Il y a urgence à traiter ces problèmes pour permettre une remobilisation des forces armées dans leur ensemble au service des missions difficiles qui leur sont confiées.

Le nouveau chef d'état-major général des armées devrait avoir ces priorités dans sa lettre de mission et conduire une refondation de la doctrine, de la stratégie, du dispositif tactique et de l'ensemble de l'organisation opérationnelle des forces de défense et de sécurité.

Dans le cadre de cette réforme, la géographie des infrastructures et des forces militaires et paramilitaires (camps, gendarmeries et commissariats) doit être mise à plat pour en inventer une nouvelle qui réponde de façon adéquate à celle des menaces actuelles et potentielles.

Il est important que la réforme de l'armée ne reste pas aux mains des seuls militaires comme cela est le cas depuis très longtemps. En effet, une pression civile et politique, intelligente et efficace, est indispensable pour mettre en mouvement diligent les corps militaires et les sortir des conforts acquis, des positions douillettes à l'abri des adversités et des distances vis-à-vis des responsabilités, du terrain et des troupes.

En plus d'être économiste, on voit que vous êtes aussi spécialiste des questions de défense et de sécurité. Mais revenons à votre violon d'Ingres. Comment faut-il organiser la relance de l'économie autour d'une mise en œuvre accélérée des grands projets du PNDES ?

La mise en œuvre accélérée des grands projets du PNDES doit viser une réhabilitation des infrastructures dégradées et de densification des infrastructures de soutien à l'économie. Il faut en conséquence opérationnaliser, au plus tôt, les instances de mise en œuvre et de suivi-évaluation du Plan.

Plusieurs mesures sont attendues pour la relance de l'activité économique. L'apurement des arriérés de la dette publique intérieure doit être poursuivi de façon plus ambitieuse et diligente.

Il faut établir un dialogue social pro-actif et engager l'instauration d'un climat social apaisé indispensable à la relance économique et favorable à la mobilisation face aux défis sécuritaires.

Une vigoureuse action de mobilisation des créances de l'Etat et des sociétés d'Etat permettrait de collecter de précieuses ressources additionnelles et de restaurer, un tant soit peu, la crédibilité des gouvernants.

Par ailleurs, il faut apaiser le climat sociopolitique et restaurer la confiance. Les chantiers de la justice et de la réconciliation nationale doivent être investis de façon plus volontariste et efficace. Suivant les recommandations de la CRNR, un appui conséquent à des pools judiciaires dédiés aux traitements de ces crimes et dossiers emblématiques servirait la célérité des procédures et le dénouement des dossiers

Des mesures spécifiques doivent viser rapidement une efficacité opérationnelle du Haut Conseil pour la Réconciliation et l'Unité Nationale et des résultats probants. Un renforcement de ces ressources humaines voire, au besoin, un renouvellement de son leadership sont requis.

Il faut aussi, dites-vous, renforcer la gouvernance économique par la mise en application effective de la loi anti-corruption et l'élargissement des capacités d'absorption.

La mise à disposition des corps de contrôle de l'Etat des ressources financières et humaines requises pour la mise en œuvre effective et ambitieuse de la loi anti-corruption est un chantier prioritaire. Il existe des risques réels d'une fragilisation de l'action de prévention et de lutte anti-corruption par un sous-financement des organes en charge.

Par ailleurs, des mesures résolues et diligentes doivent viser l'élargissement de la capacité d'absorption du pays. Cela est indispensable pour la mise en œuvre du PNDES ainsi que la réussite des chantiers de réforme.

Dans quels secteurs d'activités spécifiques faut-il, à votre avis, mettre l'accent ?

Il faut relancer l'économie touristique, les secteurs de l'hôtellerie, de la restauration et des loisirs, singulièrement frappés par la série des chocs adverses ayant affecté l'économie nationale et qui nécessite par exemple une baisse importante de la tarification des visas d'entrée au Burkina Faso en vue de renforcer l'attractivité touristique du pays. Une action spécifique doit viser une réduction des charges supplémentaires induites par la menace sécuritaire.

Il faut également profiter de l'opportunité des cours exceptionnellement bas du pétrole : investir dans l'énergie et bâtir un réseau moderne ambitieux de transport en commun. Les substantiels gains d'aubaine réalisés sur la facture pétrolière du pays peuvent alimenter un effort d'investissement dans le secteur énergétique en vue de concourir à rattraper le gap d'offre vis-à-vis d'une demande exponentielle.

En 2016, nous avons dépensé 45 milliards pour maintenir les mesures de baisses des prix du carburant à la pompe sans grand impact. L'hypothétique baisse des prix en cascade attendue n'est pas au rendez-vous. La mesure sert davantage les plus nantis dont le niveau de vie est reflété dans leur consommation de carburant des carrosses de cylindrées démesurées. Les plus défavorisés qui n'ont besoin d'autre carburant que de l'alimentation pour nourrir les jambes et donner de la force aux millions de coups de pédale hebdomadairement appliqués à la vieille bicyclette pour ces femmes de l'arrière-cour de Ouagadougou ne ressourcent aucun franc de ces 45 milliards de ressources publiques.

Le moment est plus que jamais favorable à la construction, avec le soutien de l'Etat, de véritables compagnies de transport collectif urbain à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso. La structure de leur capital reste cependant à définir et leur gouvernance à adapter. Les objectifs visés sont un meilleur ciblage des ressources allouées à la subvention à la pompe au profit des groupes les plus en besoin, la recherche d'une plus grande sécurité routière et les impacts écologiques favorables. Ces compagnies d'économie mixte pourraient bénéficier de soutiens importants à partir de la cagnotte tirée de la baisse du cours du pétrole.

Les estimations préliminaires de l'Institut FREE Afrik indiquent des créations nettes de près de 2 500 emplois directs pour ces deux villes. Quelqu'un peut-il dire au Président Kaboré et à ses deux puissants compagnons que cela coûtera moins de la moitié des 45 milliards, et vaudra plus de votes en 2020 que le saupoudrage continuel que nous dénonçons depuis longtemps ?

Docteur Ra-Sablaga, vous avez fait un diagnostic sans concession, proposé des thérapies. Il ne reste plus qu'à vous confier le ministère de l'Economie et des Finances, voire la Primature, pour que vous y appliquiez votre médication.

"Rires... Ce n'était pas notre objectif en fondant FREE Afrik et en produisant de la connaissance sur nos économies ouest-africaines. Je prends votre interpellation comme un compliment sur la qualité de nos travaux. Et comme tel, cela constitue plutôt un encouragement à persévérer et une interpellation des autorités pour qu'elles reçoivent nos analyses et propositions, qu'elles les examinent et y donnent les suites qu'elles jugeront indiquées, y compris l'indifférence ou une révision des politiques publiques. C'est aussi le cas de tous les autres acteurs stratégiques, y compris l'opposition.

Nous avons déjà refusé plusieurs nominations, y compris à des positions de ministre ou à des postes dans des organismes internationaux mais pas par peur ou par irresponsabilité. Non! Parce que nous considérons que d'où nous sommes, nous pouvons valablement contribuer. Sous la Transition, je suis allé pratiquement quémander ma sélection en qualité de membre de la CRNR. Par chance, une personnalité proposée avait préféré continuer ses missions onusiennes. C'est ainsi que je l'ai remplacée à la dernière minute. Je l'ai fait parce que je croyais que c'était là ma place, cette position où j'avais des choses à dire et à faire pas au poste de ministre qu'on m'offrait. Et je crois qu'en tant que rapporteur général de la CRNR, j'y ai apporté ma pierre. Nous avons contribué à penser le Burkina Faso et à élaborer les voies du renouveau. Mais si nous ne voulons pas le renouveau, nous allons continuer les errances actuelles.

Je n'ai pas de vision messianique, je crois seulement que chacun peut être utile, et moi en tant qu'économiste passionné d'histoire, je me pose toujours la question suivante: où est l'opportunité historique?

A quelle place je peux pour apporter la plus grande contribution possible, dans les limites du moment ? En cette année 2017, je suis très heureux et je me sens très utile en animant une belle petite équipe de jeunes chercheurs passionnés d'Afrique et d'économie, tout en étant enseignant chercheur à Ouaga 2 où j'anime un cours de méthodologie qui me passionne au plus haut, et en étant également chercheur invité à l'Université de Princeton aux Etats-Unis. Je ne suis pas candidat au prochain gouvernement, si c'est ce que vous voulez savoir.

Avez-vous quand même quelques îlots de satisfaction dans cette mer particulièrement agitée que vous ne cessez de décrire ?

Je veux d'abord remercier L'Observateur Paalga pour cette belle aubaine qu'il nous offre de communiquer avec le pays. La presse burkinabé, en comparaison de beaucoup d'autres pays, fait partie des raisons de notre fierté légitime. A côté de cette fierté légitime, nous devons redoubler d'effort, toutes et tous, pour soigner, réhabiliter et promouvoir l'humanité dans ce pays formidable qui nous est légué et que nous avons le devoir de transmettre dans un meilleur état. On connaît tous, la citation de Fanon sur la mission historique que chaque génération est en devoir d'identifier et de remplir. Mais on connaît moins cette pensée de ce grand homme qui dit que le développement appelle notre contribution à tous y compris une contribution musculaire.

Burkina Faso

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