30 Janvier 2017

Burkina Faso: Burkinabè vivant en Ethiopie - La diaspora veut créer un fonds de soutien au développement

En marge du 28e sommet de l'Union africaine (UA), le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a rencontré, le samedi 28 janvier 2017, les Burkinabè vivant en Ethiopie. Ils ont échangé sur les questions qui touchent à la vie de la mère-patrie.

Les Burkinabè vivant en Ethiopie ne veulent plus rester en marge des actions de développement de leur pays. A cet effet, ils ont soumis diverses préoccupations au président, Roch Marc Christian Kaboré, qui les a rencontrés dans l'après-midi du samedi 28 janvier 2017, à l'Hôtel Intercontinental à Addis-Abeba.

A ce face à face, deuxième du genre entre le président du Faso et la communauté burkinabè vivant en Ethiopie, le secrétaire général de ladite communauté, André Nonguierma, a indiqué que beaucoup de préoccupations leur tiennent à cœur. Il s'agit notamment de l'intégration des Burkinabè dans la Fonction publique internationale.

Les Burkinabè regorgent de beaucoup d'expertises, de talents pour occuper de hautes fonctions au plan international. Mais, a-t-il expliqué, dans le contexte international, surtout à un certain niveau, les expériences ne suffisent pas.

Et, il faut « forcément » le soutien de l'Etat pour que la carrière de ceux qui arrivent à s'insérer dans la Fonction publique internationale puissent continuer à évoluer.

A cette préoccupation, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Burkinabè de l'extérieur, Alpha Barry, a répondu que le Burkina a toujours soutenu ses fils pour leur intégration dans les instances internationales.

Il en veut, entre autres, pour preuve, le soutien « total » du pays à la candidature de Minata Samaté au poste de commissaire aux affaires politiques de l'Union africaine (UA).

S'exprimant sur le nouveau référentiel de développement, M. Nonguierma s'est dit heureux que la communauté internationale a affiché ses intentions de financer le Plan national de développement économique et social (PNDES).

« Nous nous réjouissons que la communauté internationale ait reconnu que le Burkina est un pays où il y a des intentions réelles de financement », a-t-il déclaré. Mais, il a fait savoir au chef de l'Etat que la diaspora veut aussi apporter sa pierre à l'édification de la mère-patrie.

De ce fait, il a réitéré la volonté des Burkinabè d'Ethiopie de créer un fonds de la diaspora qui pourra injecter les ressources qu'elle peut mobiliser pour soutenir des secteurs prioritaires (eau, énergie, assainissement, éducation... ).

Revenant sur la question de la sécurité, leur porte-parole a reconnu que « rien ne peut se faire sans la sécurité».

Fort de ce constat, il a suggéré au président Kaboré que les règles d'adhésion au Prytanée militaire du Kadiogo (PMK) puissent être revues afin de permettre aux enfants des expatriés d'être formés et de contribuer aussi à la sécurité du pays.

A son tour, Roch Marc Christian Kaboré s'est réjoui de l'attention que la diaspora d'Ethiopie porte sur les questions qui touchent à la vie de la nation.

M. Kaboré a affirmé que cette proposition sera analysée pour donner aussi une chance aux enfants vivant hors du Burkina d'intégrer le PMK. Le président du Faso leur a aussi dit qu'il est de son devoir de leur faire part des diverses questions qui touchent à la vie de la Nation.

« 2017 sera une année de travail »

Concernant le PNDES, Roch Marc Christian Kaboré a confirmé que les échanges avec les partenaires ont permis de mobiliser 18 000 milliards de F CFA.

Pour lui, le plus dur n'est pas de présenter un plan bien ficelé. Mais, de travailler pour pouvoir mobiliser les ressources mises à la disposition du Burkina Faso par la communauté internationale à travers l'élaboration de projets, la mise en œuvre du processus de mobilisation de ces ressources et les réalisations des projets dans les différents secteurs (éducation, santé, énergie, emploi... ).

C'est pourquoi, selon lui, 2017 sera une année de travail, où le Burkina doit commencer à poser les jalons de son programme afin que d'ici à 2020, les résultats soient concrets afin que la communauté internationale continue de faire confiance au « pays des Hommes intègres » pour la suite du travail de développement économique et social entamé.

Au Burkina Faso, a-t-il rappelé, l'une des inquiétudes est la question sécuritaire. « S'il n'y a pas de sécurité, il ne peut pas y avoir de développement », a insisté le président du Faso. A l'entendre, toute la confiance qui « nous est donnée au plan économique ne peut se fructifier que s'il y a la stabilité, la sécurité et la paix ».

Malheureusement, a-t-il regretté, depuis 2016, le Burkina Faso a subi des attaques et attentats aux frontières qui se sont soldés par des pertes en vies humaines et de nombreux blessés. « Cela a beaucoup impacté sur la vie des populations du Sahel. Nous avons essayé de prendre des dispositions.

Mais, c'est une zone très vaste. C'est pour cela qu'au niveau du Liptako Gourma, nous avons essayé d'avoir une rencontre avec le Niger et le Mali, pour assurer la surveillance de nos frontières », a-t-il expliqué à ses compatriotes.

Il a ajouté : « Nous allons mettre en place une force multinationale pour assurer la surveillance des frontières, sécuriser toute cette bande et éviter que les extrémistes n'arrivent au Sahel et disent aux populations, comme la dernière fois dans une école à une dizaine de Km de la frontière, d'enseigner l'arabe.».

Aux Burkinabè d'Ethiopie, le président du Faso a dit que la Commission constitutionnelle mise en place pour doter le pays d'une nouvelle loi fondamentale a achevé la première phase de ses travaux.

Mais, le document doit être soumis à l'appréciation des populations des 13 régions du Burkina Faso, aux compatriotes de la sous-région... pour recueillir leurs avis sur cette nouvelle Constitution.

« Au terme de ces tournées, la commission va retravailler sur ce document en tenant compte des appréciations, des propositions des uns et des autres. A partir de ce moment, nous pouvons aller au référendum pour adopter cette nouvelle Constitution de la 5e République », a-t-il expliqué.

Qu'en est-il de l'« épineuse » question de la justice ? A cette préoccupation, M. Kaboré a reconnu qu'au Burkina Faso, il y a un cumul de problèmes non réglés depuis les indépendances jusqu'à nos jours.

Pour lui, l'objectif final est d'aboutir à une réconciliation nationale qui permette aux Burkinabè de regarder dans le même sens. Mais, « nous ne pouvons pas aller à la réconciliation nationale s'il n y a pas de justice.

C'est ce qui permettra d'apaiser les cœurs et de tourner la page sombre de l'histoire du Burkina Faso », a-t-il justifié. C'est dans cette optique, a-t-il soutenu, que les premiers procès ont commencé.

« Je pense que 2017 sera une année qui va nous permettre de vider les plus gros dossiers pour permettre aux Burkinabè de ne pas toujours regarder en arrière. Mais de se dire qu'on n'aura plus jamais ces situations», a-t-il insisté.

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