31 Janvier 2017

Congo-Brazzaville: Droit humanitaire - Des réfugiés rwandais préoccupés par leur sort après la date du 31 décembre 2017

Réunie au cours d'une journée de prières et d'actions de grâces le 29 janvier au camp de Kintelé, au nord de Brazzaville, la Communauté des réfugiés rwandais en République du Congo a, entre autres, sensibilisé les participants à leur situation après la date butoir du 31 décembre prochain

« La date du 31 décembre 2017 qui pointe à l'horizon et qui mettra fin à la situation prolongée des réfugiés rwandais qui ont fui le Rwanda avant 1998 doit être humaine et ordonnée. Elle ne doit pas être une date fatidique et redoutable qui nous aura plongés encore dans un embarras comme celui que nous avons vécu au début de notre exil en juillet 1994 », a lancé d'entrée de jeu le président de cette communauté, Aloys Bayingana.

Selon lui, revendiquer un lendemain meilleur revient aussi à honorer les choix qu'ils ont librement effectués, après la mise en application de la clause de cessation de leur statut de réfugiés, arrêté au 30 juin 2013. Ainsi, trois options alternatives ont été retenue. Il s'agit notamment du rapatriement volontaire, l'intégration locale et la demande d'exemption. Mais pour ceux qui optent pour le rapatriement volontaire, ils le feront librement jusqu'au 31 décembre prochain.

Abordant le volet sur la demande d'exemption, les réfugiés se sont félicités des efforts consentis par les autorités impliquées dans cette procédure, dont le Comité national d'assistance aux réfugiés (CNAR) et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), pour la reprise des entretiens momentanément arrêtés. « Nous aimerions que les évaluations continuent à se faire en toute indépendance, en toute équité, en toute justice et en toute régularité conformément au droit international des réfugiés et des droits de l'homme. Les réponses à ces exemptions ont déjà commencé à sortir à partir du 26 janvier 2017 », a-t-il sensibilisé.

Plaidoyer pour la libération d'un réfugié incarcéré à la maison d'arrêt

Concernant ceux qui ne seront pas exemptés (qui n'auront plus la protection internationale), la communauté souhaiterait qu'ils soient transférés dans les procédures d'intégration locale sans exiger préalablement des passeports rwandais ou tout autre document d'identité alternatif. « Les 20 ans que nous venons de passer au Congo en parfaite harmonie avec nos frères et sœurs congolais, en participant tous ensemble à l'effort de construction et de développement du pays, nous seraient un atout majeur », souligne-t-il.

Encourageant le HCR et le CNAR pour leur rôle dans la libération d'un réfugié arrêté et détenu longtemps sans jugement, la communauté leur demande de déployer les mêmes efforts en vue de la mise en liberté d'un autre. Selon eux, Jean Léonard Mbarusha, arrêté le 25 mars 2015 continue à croupir à la maison d'arrêt de Brazzaville, sans jugement. « Sa présomption d'innocence lui donne droit à présenter ses arguments pour l'exemption et à bénéficier d'une justice équitable hors du Rwanda et d'une assistance judiciaire, conformément aux dispositions des différentes conventions qui protègent les réfugiés », ont-ils poursuivi.

Rappelons que cette journée des supplications, la troisième du genre après celles de 2014 et 2015 visait à implorer le Tout-Puissant pour qu'il donne la paix au Congo et qu'il comble de ses bénédictions toutes les autorités qui ont en charge la gestion de toutes les procédures subséquentes à la cessation du statut de réfugiés rwandais. « Aujourd'hui, nous venons de passer une vingtaine d'années en République du Congo en parfaite symbiose avec le peuple congolais. Nous osons croire qu'avec ces prières d'aujourd'hui, le HCR fera de son mieux, en collaboration avec l'Etat congolais dont nous ne cessons de louer l'hospitalité, pour nous rétablir dans nos rêves d'espérer à une vie plus humaine, plus juste, plus équitable et juridiquement protégée comme tous autres citoyens du monde », a conclu Aloys Bayingana.

Congo-Brazzaville

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