2 Février 2017

Afrique: Le problème de l'accès à l'énergie dans le continent bloque les investissements dans les NTIC

London — L'accès à l'énergie en Afrique est au cœur des problématiques des NTIC. Par exemple sans électricité, pas de grands réseaux télécoms, pas de TNT en couverture nationale, pas de poste de TV dans les foyers, pas d'investisseurs massifs pour des raisons de potentiel et de taille critique.

L'Afrique subsaharienne représentait en 2010 à elle seule la moitié de la population mondiale n'ayant pas accès à l'énergie ; elle devrait en représenter les deux tiers à horizon 2030. En raison de la croissance démographique, le nombre de personnes n'ayant pas accès à des systèmes propres de cuisson et à l'électricité devrait ainsi augmenter entre 2010 et 2030. Malgré une situation régionale problématique, certains pays africains, comme le Sénégal et l'Afrique du Sud, ont depuis enregistré des progrès significatifs en termes d'accès à l'énergie, et surtout en énergie renouvelable.

Plusieurs initiatives ont été lancées pour faire progresser le taux d'électrification en Afrique. On trouve bien entendu des distributeurs de kits de panneaux solaires - de moins en moins couteux - dans les grandes villes, mais les clients sont parfois déçu : certains panneaux ne fonctionnent pas très longtemps, rapportent des habitants de Ouagadougou lors d'un voyage effectué en janvier 2017. Il faut trouver de nouvelles approches pour résoudre ce problème.

Voici quelques initiatives :

Lighting Africa: ce programme est une initiative de la Banque Mondiale et de l'IFC lancée en 2007 pour favoriser le développement du marché de solutions propres d'éclairage hors-réseau, dont la plupart sont des kits solaires, dans 10 pays d'Afrique subsaharienne. Le programme s'est fixé comme objectif d'éclairer 250 millions de personnes à horizon 2030.

L'AFD a ouvert en 2013 une ligne de crédit pour l'Afrique de l'Ouest afin de soutenir l'investissement privé dans l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables dans la région. Les engagements financiers de ce projet sont de 45 millions d'euros pour une période de 3 ans (cofinancés par l'Union Européenne et le Fonds Français pour l'Environnement Mondial).

Dans le cadre de son programme BipBop, Schneider Electric a créé le Energy Access Fund, dédié à l'accès à l'énergie dans les pays en développement.

TOTAL commercialise des lampes solaires (Awango by TOTAL) à destination du marché du bas de la pyramide.

Le Groupe Energies Renouvelables, Environnement et Solidarité (GERES), dans son initiative StovePlus, soutient des porteurs de projets et entrepreneurs à travers un accompagnement technique pour faciliter l'accès aux solutions de cuisson améliorée en Asie du Sud-Est et en Afrique de l'Ouest.

La Fondation Energies pour l'Afrique est un projet de Jean-Louis Borloo pour électrifier l'Afrique en 10 ans. (www.energiespourlafrique.org)

Voici l'extrait d'un rapport de Masami Kojima publié par la banque mondiale :

« Ce qui pourrait vraiment m'aider à développer mon activité, c'est l'accès à un réseau électrique fiable», me disait récemment David, un petit chef d'entreprise de Lagos, au Nigéria. « Je suis bien d'accord. Si seulement... », lui répondait un autre.

Et pour cause. La lanterne rouge en la matière est bien l'Afrique : seul un habitant sur trois a accès à l'électricité, soit deux fois moins qu'en Asie du Sud, région du monde qui occupe l'avant-dernière place du classement. Et le tableau est encore plus sombre lorsqu'au-delà de l'accès, on se penche sur la fiabilité des sources d'électricité.

Comment ne pas s'inquiéter quand on voit que le taux d'accès n'a progressé que de 5 points de pourcentage tous les dix ans, tandis que la population bondissait de 29 % ? Si rien n'est fait pour remédier radicalement à cette situation, le continent peut dire adieu à l'universalité de l'accès à l'électricité au 21e siècle. Une perspective plus que préoccupante alors que le monde vise à concrétiser cet objectif d'ici 2030.

L'initiative «Énergie durable pour tous» des Nations Unies et les milliards de dollars engagés par le gouvernement américain dans son programme Power Africa soulignent bien l'urgence de la situation. Pour mémoire, plus d'un milliard d'individus dans le monde, dont 600 millions en Afrique, n'ont toujours pas accès à l'électricité.

Les compagnies africaines sont-elles financièrement équipées pour répondre à cet appel?

Comment faire pour que les populations pauvres aient accès à une électricité fiable, sûre et bon marché ? Quel ménage accepterait de dépenser des fortunes pour subir au quotidien des coupures d'électricité de plusieurs heures ? Les fournisseurs d'électricité ont-ils les moyens de subventionner ceux qui en ont le plus besoin, mais qui ne parviennent pas à régler leur facture, sans pour autant compromettre leur rentabilité ?

Si l'on en croit un nouveau rapport de la Banque mondiale consacré au secteur de l'électricité en Afrique, c'est possible.

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