8 Février 2017

Somalie: Le pays élit un nouveau président

Photo: Ilyas Ahmed/UN
Mohamed Abdullahi Farmajo nouvel homme fort de la Somalie.

Le scrutin repoussé déjà quatre fois se tient à l'aéroport international de Mogadiscio pour des raisons de sécurité. Les 275 députés et 54 sénateurs choisissent le nouveau chef de l'Etat parmi 22 candidats.

C'est un système clanique qui régit la société et la politique de la Somalie, privée de véritable état central depuis la chute de l'autocrate Siad Barre en 1991. L'issue du scrutin de la présidentielle reste incertaine, tant il est probable que les différents clans ajustent leurs stratégies au fil des tours de vote. Les 22 candidats sont tous des hommes et ont chacun payé des frais d'inscription de 28.000 euros. Quelques candidats se détachent toutefois, dont l'actuel président Hassan Sheikh Mohamud, issu du clan Hawiye, tout comme son prédécesseur Sharif Sheikh Ahmed. Il est un ancien chef de l'Union des tribunaux islamiques de Somalie dont les shebab sont issus.

Pays sous protection internmationale

La Somalie est plongée depuis près de trois décennies dans le chaos et la violence entretenus par des milices claniques, des gangs criminels et des groupes islamistes. Les gouvernements successifs mis en place à l'issue de longues discussions entre les clans ont tous été incapables de remettre le pays sur les rails, du fait de la corruption et de la mauvaise gouvernance selon Ahmed Soliman, expert auprès du cercle de réflexion britannique Chatham House, basé Londres:

"Il devrait à présent y avoir un suivi et une pression continus de la part des acteurs locaux, régionaux et internationaux pour que tout soit fait afin de garantir la crédibilité des mécanismes de supervision lors de ces élections. Il faut remettre ces élections dans leur contexte. Nous parlons ici d'élections politiques très contestées et la Somalie se trouve dans un processus de transition. Mais, le processus de décision devrait finalement être discuté entre les Somaliens eux-mêmes."

Un scrutin spécial

Le suffrage universel avait été initialement promis aux Somaliens, c'est à dire: un votant, une voix. Mais en raison des nombreux problèmes politiques, les 12 millions d'habitants devront encore patienter jusqu'en 2020, pour pouvoir aller tous aux urnes. Et encore, Micheal Keating, l'envoyé spécial de l'Onu pour la Somalie, n'est sûr de rien:

"Je suis prudemment optimiste en ce qui concerne l'application du suffrage universel en 2020 en Somalie, mais je ne dis pas que ce sera facile."

Dans un rapport publié hier, l'ONG anti-corruption somalienne Marqaati a affirmé que ce processus est "défiguré par la corruption".

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