8 Février 2017

Mali: Enlèvement d'une religieuse - Ils n'ont vraiment pas peur de Dieu !

Photo: Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
(Photo d'archives) - Eglise catholique saint Pierre dans la commune de Kinshasa

« Des individus sont arrivés en début de nuit dans la communauté des Sœurs franciscaines, ont cassé la porte de leur maison, s'y sont introduits et en sont repartis avec quelques biens matériels, notamment informatiques, (et) une des religieuses de la communauté .

Ils sont partis d'abord avec la voiture de la communauté jusqu'au bord du goudron et à partir de là, ils ont laissé le véhicule et sont partis avec la religieuse, certainement à moto. Il semblerait qu'il n'y ait pas eu de coups de feu, mais cela reste à vérifier ».

Voilà comment l'abbé Edmond Dembélé, secrétaire général de la Conférence épiscopale du Mali, explique l'enlèvement d'une bonne sœur d'origine colombienne vers Koutiala, dans la région de Sikasso. Cela s'est passé dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 février courant.

Ce n'était donc pas à Tombouctou, Gao, Ménaka et encore moins à Kidal, mais bien dans la partie sud du vaste territoire malien, à quelque 300 km de Bamako, près de nos frontières. Une contrée qui jusque-là se croyait à l'abri des actes terroristes ; un îlot de quiétude dans cette vaste zone de turbulences qu'est devenu le pays de Modibo Keita.

Autre détail inédit dans ce qui vient de se passer, c'est la première fois, sauf erreur ou omission, que les narco djihadistes qui ont fait main basse sur le grand nord sur fond de choc des religions s'en prennent, ès qualité, à une bonne sœur, autant dire à une éminente servante de l'église catholique certes, mais en fait de toute la communauté de Karangasso où elle œuvre depuis une dizaine d'années pour le bien-être des populations.

Le plus frappant dans tout cela, c'est que ce rapt intervient 48h après la rencontre au sommet du G5 Sahel qui s'est tenu sur les rives du Djoliba autour du thème : « La situation sécuritaire au Mali et son impact sur le Sahel ». Une réunion au cours de laquelle dirigeants malien, burkinabè, nigérien, tchadien et mauritanien sont encore une fois tombés d'accord sur l'impérieuse nécessité de mutualiser leurs moyens pour venir à bout de cette hydre transfrontalière qui bien qu'implantée au Mali étend ses tentacules jusqu'aux confins du Sahel. Et à peine les délégations se seront-elles séparées que cette attaque intervient comme pour dire à IBK et à ses pairs du G5 : « Causez toujours ; nous on agit ».

Il est vrai que depuis le temps où l'on parle d'unir ses forces pour venir à bout de la menace qui pèse sur toute la région, l'opérationnalisation tarde à se faire. Certes, il y a eu à l'issue du sommet de N'Djamena la création d'une force militaire conjointe et la mise en place dans la foulée d'un comité de défense et de sécurité ainsi que d'une plate-forme de coopération en matière de sécurité. Un véritable arsenal... sur le papier.

Pas suffisant pour dissuader des individus armés qui prétendent agir au nom d'Allah et s'en prennent à d'innocentes nonnes qui contribuent à soulager les misères des populations sans discrimination notamment religieuse. C'est vraiment la preuve que ces gens-là n'ont pas peur de Dieu.

En savoir plus

Religieuse colombienne enlevée - Deux suspects arrêtés

Les recherches se poursuivent pour retrouver la religieuse colombienne enlevée dans la nuit de mardi à… Plus »

Copyright © 2017 L'Observateur Paalga. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.