8 Février 2017

Cote d'Ivoire: Marché de l'art - Des temps coloniaux à la crise en passant par l'âge d'or

Dr Till Forster, enseignant à l'Université de Basel en Suisse et l'un des meilleurs experts de l'art senoufo qui y a consacré plusieurs publications, a animé une conférence publique sur le marché de l'art en Côte d'Ivoire.

A la Rotonde des arts, où s'est tenue la conférence, il a revisité, le 6 février 2017, en présence d'experts, d'artistes et d'amateurs d'art, le marché de l'art en Côte d'Ivoire, allant des temps coloniaux à la crise ivoirienne « temps des commandants de zone » en passant par l'âge d'or.

Dans la période précoloniale, Dr Till Förster a fait remarquer que la plus grande partie des productions était des ustensiles de cuisines. « A cette époque, le marché avait une structure différente de maintenant », a-t-il fait savoir.

Selon lui, le marché d'art a commencé avec la collecte des armes des vaincus, pendant la conquête coloniale. Dans la collecte et la diffusion vers l'Europe, il a indiqué que près de 51000 armes sont disponibles dans des musées européens. Les années 30 constituent les grands moments de cette collection.

Ouverture du marché du tourisme

Poursuivant, il a souligné que les années 50 et 70 correspondant à l'âge d'or de ce marché et à l'ouverture du marché du tourisme.

A cet effet, Dr Till Forster a montré comment la forte demande des touristes a entrainé une sorte de production de masse contrôlé par les commerçants. D'ailleurs ce sont ces derniers qui présentent aux sculpteurs des modèles qui sont par la suite « performés » ou encore exécutés. Ces sculpteurs les vendent aux commerçants entre 500 et 600 FCFA pour être ensuite revendu entre 6000 et 8000 francs Cfa sur le marché touristique.

Dans la période de l'âge d'or, il a aussi souligné que ce qui emporte l'intérêt des acheteurs, c'était le pédigrée de l'authenticité. Ce fut le lieu pour Dr Forster initié au poro de rappeler que les « Toiles de Fakaho » sont un projet développé par le dernier administrateur français de Korhogo.

Poursuivant, il a soutenu que ce marché va par la suite se diviser entre les arts traditionnels d'un côté et les arts modernes de l'autre côté. L'on va donc assister à une forme d'exposition des objets qui véhiculent une idée.

Le temps des commandants de zone

A ce niveau, Dr Förster a souligné que la crise que la Côte d'Ivoire a traversé a agi sur l'offre. Dans un effort d'adaptation, les sculpteurs vont faire un effort de créativité pour s'adapter au marché. Et produire des objets d'un certain type. Les nouveaux chefs veulent des objets d'un certain type à l'image de ce qu'ils sont devenus.

D'où des commandes de grands sièges. Le commandant de zone (Com'zone) Fofié Kouakou Martin va interagir directement avec les artistes. Outre des commandes de pièces d'art, il va demander aux artistes de traduire leur vision de la nouvelle de la Côte d'Ivoire sur des pans de mur du centre culturel de Korhogo.

A l'en croire, les temps les plus durs ne sont pas pendant la rébellion, mais plutôt à la fin entre 2011 et 2013 avec l'effondrement du marché. A partir de ce moment les sculpteurs deviennent des vendeurs avec une grande tentation de s'expatrier.

De son expérience du marché dans la zone nord de la Côte d'Ivoire et bien au-delà, Dr Förster a affirmé : « le marché de l'art n'est forcément pas économique mais un moyen de communiquer ».

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