14 Février 2017

Cote d'Ivoire: Vice-présidence de la république - Avec Duncan, ce n'est pas une coquille vide

billet

«Un poste de vice-président pour quoi ? ». « Encore un moyen pour les politiciens pour dilapider notre argent». « Une autre institution budgétivore ». Ce sont les quelques bouts de phrases que l'on entendait dans les foyers, à l'annonce de la création d'un poste de vice-président. Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous le pont. Le poste de viceprésident a été institué par la nouvelle Constitution.

Un vice-président a été nommé par ordonnance. Il s'appelle Daniel Kablan Duncan. Depuis sa prise de fonction, le premier locataire de la vice-présidence de la République est en passe de mettre tout le monde d'accord sur l'utilité et l'importance de cette institution.

Alors que le commun des Ivoiriens voit son titulaire comme une sorte de reine d'Angleterre, seulement appelé à inaugurer les chrysanthèmes, Daniel Kablan Duncan, en seulement quatre semaines d'exercice, démontre que le vice-président est plus qu'une pâle copie du président de la République.

Ses derniers voyages à l'étranger et ses dernières apparitions publiques ont fini par convaincre les plus sceptiques de l'importance cruciale du numéro deux de la République dans une démocratie.

Aujourd'hui, Daniel Kablan Duncan se positionne comme l'alter-égo du président Alassane Ouattara. Sa carrure et son charisme ne font pas de lui un simple représentant du président de la République à l'extérieur. Le dernier sommet de l'Union africaine a montré qu'à ce niveau, la Côte d'Ivoire n'a pas trop à s'en faire, en cas d'indisponibilité du président Alassane Ouattara.

Au cours du 28e sommet de l'organisation panafricaine, le 30 janvier dernier, Kablan Duncan n'est pas passé inaperçu. Le vice-président de la Côte d'Ivoire a été reçu à Addis-Abeba en grande pompe. Recevant tous les honneurs dignes d'un chef d'Etat. Le vice-président, tellement à l'aise, a assuré.

Au point que bon nombre d'observateurs n'ont pas trop remarqué l'absence du président Ouattara à ce sommet. Cette belle représentation est due d'abord à la personne même de la deuxième personnalité de la République et à son expérience des grands sommets.

Daniel Kablan Duncan n'est pas un novice dans la diplomatie internationale. A maintes reprises, il a représenté la Côte d'Ivoire à de grandes rencontres internationales où il a toujours démontré sa compétence et sa connaissance des grandes questions qui concernent le continent africain et le monde.

L'ancien ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères s' est encore une fois en sortir grâce à son charisme naturel et sa grande expérience acquise au cours de ses contacts avec les acteurs de la haute finance et les grandes chancelleries de la planète.

Homme de consensus, maniant à la perfection le discours policé, l'ex-Premier ministre est comme un poisson dans l'eau, dans l'univers de la diplomatie où le ton mesuré et le tact sont les principales armes.

L'un des temps forts de sa mission, dans la capitale éthiopienne, a été la rencontre avec une délégation de l'Union européenne. Une délégation avec laquelle il a discuté du prochain sommet UE/Afrique prévu en Côte d'Ivoire, cette année.

C'est donc normal que cet homme affable et aux bonnes manières ait été naturellement accepté et respecté, à AddisAbeba, par les chefs d'Etat qui reconnaissent en lui, par sa maitrise des codes du pouvoir, un des leurs.

On reconnait, dit-on, la maestria d'un danseur à ses premiers pas. Les premiers pas de Daniel Kablan Duncan rassurent et rappellent que la vice-présidence de la République est un poste cousu sur mesure pour lui. Avec lui, comme alter-égo, le président de la République peut enfin se donner du répit.

Car assuré que le travail, en son absence, sera bien fait. Daniel Kablan Duncan, à travers ses premières sorties, est en train de prouver que le président de la République avait vu juste en proposant la création d'un poste de vice-présidence dans la troisième République.

La Côte d'Ivoire qui aspire à la modernité se devait de dépoussiérer, un tant soit peu, le fonctionnement de l'exécutif et de l'adapter au contexte d'un monde de plus en plus globalisant où il faut parfois se décupler pour respecter ses engagements dans le temps.

On ne peut pas être à tous les endroits de la terre en même temps. On ne peut pas être tout le temps au mieux de sa forme pour respecter ses engagements. C'est en cela que la vice-pré- sidence de la République devient une nécessité, voire un impératif.

A ce 28e sommet de l'Union africaine, il faut rappeler que le Nigeria a été représenté par son vice-président, Yemi Osinbajo qui, ces jours-ci, à l'intérieur du pays et à l'extérieur, supplée le président Muhammadu Buhari, actuellement en France pour des soins. C'est une fonction qui s'impose.

Cette fonction dont au départ certains Ivoiriens avaient de nombreuses appréhensions, commence à être de mieux en mieux comprise.

Grâce aux qualités d'un homme de valeur qui incarne cette institution en Côte d'Ivoire. Mais aussi grâce au chef de l'Etat qui n'a pas fait d'erreur de casting en choisissant son ancien Premier ministre pour occuper ce nouveau poste.

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