14 Février 2017

Congo-Kinshasa: Violence urbaine - La secte Bundu-Dia Kongo dans le viseur de la police

Les forces de l'ordre ont mené une opération contre des objectifs de la secte mystico-religieuse Bundu dia Kongo à Kinshasa dont le gourou, Ne Mwanda Nsemi, serait en instance d'arrestation dès la levée de son immunité parlementaire.

Ne Mwanda Nsemi, le gourou de la secte mystico-religieuse Bundu dia Kongo rebaptisé Bundu Dia Mayala, est en instance d'arrestation.

Une procédure administrative serait en cours à la chambre basse du Parlement visant la levée de son immunité parlementaire qui empêche à ce stade son arrestation immédiate après les faits insurrectionnels mis à sa charge.

L'arrestation de cet élu de la circonscription électorale de la Funa lors des élections de 2011 serait donc imminente, car à l'heure qu'il est, la police a déployé ses unités aux abords de ses deux résidences à Kinshasa pendant que l'intéressé se trouverait au Kongo central.

À la base de cette histoire, une récente vidéo postée sur le net et partagé sur les réseaux sociaux dans laquelle Ne Mwanda Nsemi s'en prend ouvertement aux institutions en place sur fond de discours xénophobe et d'outrage à la personne du chef de l'État.

Il a appelé à l'insurrection contre le pouvoir du président Joseph Kabila promettant de « sévir » dans un avenir proche. « Dans deux semaines, je vais frapper », annonce-t-il dans cette vidéo où il prend les allures d'un seigneur de guerre.

D'où l'opération de police lancée contre les objectifs de la secte le 13 février. Le premier assaut a eu lieu, d'après des sources, dans la commune de Ngiri-Ngiri dans un chantier du chef spirituel surprenant des membres de la secte réunis en prière.

Plusieurs dizaines de policiers antiémeutes armés de kalachnikov ont fait irruption sur les lieux et ont fait usage d'arme pour déloger les adeptes trouvés dans la parcelle et soupçonnés de préparer un coup de force dans la capitale.

D'après des sources sécuritaires, en effet, plusieurs dizaines de militants de BDK avaient fait le déplacement de Kimpese à Kinshasa pour des raisons encore inconnues. Des balles ont retenti et, dans la foulée, il y aurait eu mort d'hommes et plusieurs blessés, à en croire des sources.

Puis, dans la soirée, d'autres tirs ont été entendus vers Joli Park dans la commune de Ngaliema où est située la résidence de Ne Mwanda Nsemi. Là aussi, même scénario. La police a procédé à "des arrestations" dans le cadre de son coup de filet.

À la tête de ce qui ressemble de plus en plus à une milice quand bien même Bundu Dia Mayala se veut un parti politique censé évoluer selon les prismes démocratiques, Mwnda Nsemi est à l'origine de plusieurs attaques meurtrières depuis janvier au Kongo-central.

Depuis sa création, en 1986, la secte Bundu Dia Kongo (l'Union du peuple Kongo) vise officiellement « la libération culturelle, spirituelle et matérielle de l'Afrique tout entière, la réhabilitation de la culture Kongo et celle de l'Afrique ».

C'est au prix d'un combat acharné contre ceux qu'il considère comme les usurpateurs d'un pouvoir ancestral qu'il revendique qu'il pense restaurer le Royaume Kongo qui a connu son apogée au XVIe siècle et dont l'autorité s'étendait sur l'actuel Kongo-central et des territoires aujourd'hui en Angola, au Congo-Brazzaville et au Gabon.

Congo-Kinshasa

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