16 Février 2017

Bénin: Suppression visa béninois pour les Africains - Talon sur les pas de Kagamé

Photo: Village Urugwiro/The New Times
Le président béninois, Patrice Talon (à gauche) annonçant la mesure de levée des frais de visas pour des pays africains à côté de son homologue rwandais Paul Kagame lors d'une conférence tenue au Village Urugwiro à Kigali.

Il l'avait promis en août 2016 à la faveur d'un séjour à Kigali. Patrice Talon vient de tenir promesse. «M'inspirant de l'expérience du Rwanda, j'ai décidé que le Bénin n'exigerait plus de visa aux Africains», avait en effet déclaré le nouveau président béninois.

La promesse présidentielle vient d'être rendue publique, même si c'est le 1er janvier 2017 qu'elle a véritablement pris forme avec la suppression du visa d'entrée dans l'ex-Dahomey pour les ressortissants de 31 pays pour des séjours n'excédant pas trois mois.

Cette trentaine d'heureux élus vient s'ajouter aux 15 Etats membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) dont les citoyens étaient déjà exemptés de ce précieux sésame.

Talon marche ainsi, en procédant à ce que l'on peut appeler un désarmement consulaire, dans le sillon tracé par son homologue rwandais, Paul Kagamé.

C'est la preuve que, même à petites foulées, l'intégration africaine, chantée sur tous les toits, voire fantasmée, depuis des décennies peut être une réalité.

De Nkrumah à Talon en passant par les Senghor, Touré, Sankara, Kadhafi, Nyerere et autres, l'intégration africaine, à défaut de l'érection des Etats unis d'Afrique voulue par quelques idéalistes, a toujours constitué une quête permanente, même si dans la plupart des pays, les pratiques juraient avec les professions de foi.

Combien de fois en effet des Africains ont-ils été expulsés, manu militari, et souvent après des sévices de toutes sortes, d'autres pays africains où ils pensaient trouver la quiétude ?

Ce fut d'ailleurs le paradoxe du guide libyen, Mouammar Kadhafi, qui, tout en poursuivant ses rêves d'unité africaine, renvoyait régulièrement chez eux «ces négrions» (Maliens, Nigériens, Burkinabè, Sénégalais, etc.) qu'il ne voulait pas sentir.

Et que dire de l'Afrique du Sud qui a pratiqué il y a quelques années cette chasse aux étrangers alors même que sa ressortissante Dlamini Zuma était à la tête de la Commission de l'Union africaine ?

Et que dire encore de la prétendue Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEMAC) ?

Une Communauté dans laquelle pourtant il faut un sauf-conduit pour passer d'un pays à l'autre, contrairement à l'Afrique de l'Ouest et à la CEDEAO où, quoiqu'on dise, le désir d'intégration, de vivre ensemble est quand même beaucoup plus ancré.

Des Talon et des Kagamé, il en faut donc encore et encore pour briser ces murailles érigées par la colonisation et mettre fin à ce nationalisme ombrageux qu'on observe bien souvent dans de nombreux pays.

En savoir plus

Les ressortissants de 40 pays africains bientôt exemptés de visas

Les ressortissants africains n'ont plus besoin de visa pour des courts séjours au Bénin. C'était… Plus »

Copyright © 2017 L'Observateur Paalga. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.