16 Février 2017

Burundi: Une fois encore, la politique s'invite dans le choix du conjoint...

Il y a quelques jours, les amoureux burundais fêtaient la Saint-Valentin dans de dures circonstances. Comme si cela ne suffisait pas, certains couples font actuellement face à des barrières idéologiques. « Un saut dans le passé », se désole le blogueur Landry Rukundo.

Nous discutions autour d'un café entre amis de la situation politique du pays, quand quelqu'un a soulevé un sujet « sensible », au vu des réactions qui s'en sont suivies.

«Est-ce que l'on peut se marier à une personne avec qui on ne partage pas les mêmes convictions politiques ?» Le débat était ouvert à tout le monde et chaque personne voulait prendre la parole.

«Je ne peux en aucun cas épouser une femme activement reconnu au sein du parti au pouvoir», avoua Armand, qui suppose ces femmes naïves et irréfléchies.

Quant à Nelly, la seule fille qui était avec nous, il est hors de question qu'elle se marie avec ceux qu'on appelle imbonerakure. « Je ne supporte pas ces personnes. Les chansons dégradantes qu'ils chantent envers les femmes qui n'appartiennent pas à leur parti montrent quel genre d'hommes ils sont », regrette-t-elle.

Pour savoir ce que pense un jeune du parti à ce sujet, j'ai dû poser la même question à Oscar, un ami imbonerakure qui vient de terminer ses études supérieures.

Lui aussi se révéla loin d'être conciliant. « Ma femme doit être un membre très influent de la ligue des femmes du parti ; la seule condition, et c'est l'essentiel, elle se doit d'adhérer à la même idéologie politique que moi», tranche le jeune homme.

Eternel recommencement ?

L'histoire est un éternel recommencent, surtout celle du Burundi. Il n'y a pas si longtemps, nos parents étaient confrontés presque au même problème, l'ethnisme.

Les Hutu se voyaient obligés de se marier entre eux, les Tutsi de même. Tout comme aujourd'hui, les liaisons entre personnes d'idéologie (ou d'ethnie) différente étaient soit mal vues, soit incomprises.

Pour vivre à deux, les bons sentiments comptent peu désormais, pour bon nombre de couples. La crise politique actuelle, comme celle d'il y a une trentaine d'années, a détruit les valeurs fondamentales de la famille.

Et parler de famille, c'est d'abord parler de mariage. Or le mariage est le fruit de l'amour, et non d'un arrangement politico-ethnique quelconque.

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