16 Février 2017

Sénégal: «Révocation» de Bouna Manel Fall, DG de la Sodav - Une décision «justifiée» selon l'Ams

Elle est très claire la position de l'Association des métiers de la musique (Ams) : la «révocation» de Bouna Manel Fall, qui occupait jusque-là les fonctions de Dg de la Sodav est parfaitement «justifiée». Car sur les 168 millions de francs CFA qui seraient entrés dans les caisses, en trois mois, 102 (70%) sont allés dans les frais de gestion...

Et «sans l'aval» du Conseil d'administration (Ca) de la société. A côté, il y a bien cette clause qui donne au Dg la possibilité de mettre le Ca devant le fait accompli disons, mais encore faudrait-il qu'il y ait «urgence». L'Ams était en conférence de presse hier, mercredi 15 février.

C'est la Sodav elle-même, la Sénégalaise du droit d'auteur et des droits voisins, qui a saisi l'Association des métiers de la musique (Ams)... Histoire de l'informer que Bouna Manel Fall, qui occupait jusque-là les fonctions de Directeur général de la Sodav, avait tout simplement été «révoqué», par le Conseil d'administration de la société.

En conférence de presse hier, mercredi 15 février, l'actuel président de l'Ams, Daniel Gomes a, sur la base d'une copie de la lettre de «révocation», qu'il a lue, en présence des journalistes, laissé entendre que son équipe et lui adhéraient parfaitement à cette décision, tout à fait «justifiée» d'ailleurs.

Mais que les choses soient claires, dit Daniel Gomes, et idem pour le Secrétaire général de l'Ams, Iba Gaye Massar : on ne reproche pas à Bouna Manel Fall quelque «malversation» que ce soit.

Seulement, explique le président de l'Ams, qui cite la fameuse lettre, «le Conseil d'administration de la Sodav» a constaté, «avec regret, le refus obstiné» de l'ancien Dg, de «fournir des explications claires» quant à des «sommes perçues indûment, et en dépit de mises en garde successives».

Car sur les «168 millions» de francs CFA qui sont entrés dans les caisses, «en trois mois», il a été dépensé «102 millions». Ce qui, aux yeux de la Sodav et de son Conseil d'administration (Ca), équivaudrait à des «fautes lourdes de gestion », à une «gestion (... ) calamiteuse», ou non conforme aux décisions du Ca de la Sodav, pour reprendre les propos d'Iba Gaye Massar.

«102 millions de frais, entre les salaires, les gratifications, les 13ème mois», ce qui signifierait que les «70% de ce qui est rentré» dans les caisses de la Sodav sont allés dans les «frais de gestion».

On reproche aussi à Bouna Manel Fall d'avoir agi «sans l'aval» de ce même Conseil d'administration, et par conséquent de n'avoir pas respecté les textes. L'Ams, qui dit avoir «examiné toutes les pièces fournies, et la réponse du gérant», autrement dit Bouna Manel Fall, estime que la Sodav a eu raison d'agir de la sorte.

Au cours de cette même conférence de presse, Daniel Gomes, interpellé, a dû revenir sur cette «clause», qui donne au Dg de la Sodav le droit de poser certains actes, ou de faire certaines dépenses, et d'en avertir ensuite le Ca...

Sans que ce ne soit un problème. Oui, dit le président de l'Ams, cette clause existe, mais encore faudrait-il qu'il y ait «urgence». Or, dit-il, la réfection du bâtiment n'en était pas une : «Il n'y avait pas mort d'homme». Sans parler de la «dizaine» de stagiaires recrutés, alors qu' «un ou deux» aurait parfaitement fait l'affaire.

L'Ams va même plus loin, puisqu'elle «encourage la Sodav» à se montrer plus «vigilante», «pour que les droits des acteurs culturels ne soient pas bafoués».

Et aujourd'hui, dit à ce sujet Daniel Gomes, l'urgence concerne surtout ce qu'il appelle les «titulaires des nouveaux droits», autrement dit les droits voisins, la copie privée, le droit de suite etc. Quand on sait que «beaucoup d'artistes-interprètes ont du mal à joindre les deux bouts».

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Daniel Gomes, qui révèle que certains musiciens, des artistes-interprètes pour la plupart, ne gagnent même pas «5.000f par semaine», explique le sens de la démarche, qui vise à ce que l'on arrive à des «barèmes justes», avec, pourquoi pas, une Convention, qui permettrait aux musiciens d'être «rémunérés dignement», et qui serait validée par le ministère de la Culture et de la Communication.

Un résultat, dit-il, que l'on devrait justement pouvoir «verser dans le statut de l'artiste. Le projet existe, il avance petit à petit, mais il peut prendre beaucoup de temps», dit Daniel Gomes, ne serait-ce que parce que cela équivaudrait à «réviser la loi sur le travail, les textes qui régissent la protection sociale, la prévention-retraite» etc.

Autant de chantiers que l'Ams dit ne pas pouvoir attendre les bras croisés.

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