16 Février 2017

Congo-Kinshasa: Situation sociopolitique - Quand la communauté internationale tire la sonnette d'alarme

Photo: Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
Au centre des évêques de la CENCO et des politiciens congolais à Kinshasa, le 12/01/2017 lors des discutions sur les arrangements particuliers de l’accord politique du 31 décembre 2016.

L'impasse sur la mise en œuvre de l'accord politique de la Saint Sylvestre, en RDC, commence à inquiéter plus d'un. En effet, dans un communiqué conjoint publié le 16 février dernier, les Nations unies, l'Union africaine (UA), l'Union européenne (UE) et l'Organisation internationale de la Francophonie (IIF) se sont dit « préoccupées par le risque de saper la volonté politique qui a permis la signature » dudit accord.

Face à cette situation de blocage qui n'est pas de nature à arranger les choses, les quatre organisations partenaires sus-citées « appellent toutes les parties prenantes, majorité présidentielle et opposition, à redoubler de bonne foi, les efforts qui sont les leurs aux fins de parachever promptement les pourparlers en cours ». Dont acte !

Tout se passe, en effet, comme si le décès de l'opposant Etienne Tshisékedi, était venu compliquer davantage les choses dans un pays où la mauvaise foi des hommes politiques le dispute à leur incurie. Au fait, on ne le sait pas trop bien. La cogestion du pays que prévoit l'accord de la Saint-Sylvestre n'est pas du goût du pouvoir congolais qui ne s'en cache pas d'ailleurs.

A preuve, le Premier ministre, Samy Badibanga, et les siens se sont toujours montrés hostiles à cet accord, si fait qu'ils refusent de le signer. Conséquence, le temps passe. Mais on tourne en rond, on attermoie. Or, le pays doit aller aux élections en fin décembre pour élire le successeur du président Joseph Kabila.

Il faut éviter de jouer le jeu de Kabila en lui ôtant tout argument

C'est dire que la RDC n'est pas encore sortie de l'auberge puisque, comme pour ne rien arranger, le pouvoir en place crie à qui veut l'entendre que le pays n'a pas assez de ressources pour organiser à bonne date les élections. Ce qui suppose une remise en cause de l'accord arraché le 31 décembre 2016, qui prévoit la fin de la Transition pour décembre 2017.

Toute chose qui n'augure rien de bon pour la RDC où la violence semble la chose la mieux partagée. Car, quand ce ne sont pas des rebelles venus d'on on ne sait où qui massacrent les populations innocentes, ce sont des manifestations de rue qui dégénèrent en bain de sang, comme ce fut le cas les 19 et 20 septembre 2016 où près d'une cinquantaine de personnes avaient perdu la vie.

C'est pourquoi, au-delà des inquiétudes qu'elle vient d'exprimer, la communauté internationale doit aller plus loin en exerçant la pression sur le pouvoir congolais qui cherche à gagner du temps.

Il faut donc éviter de jouer le jeu de Kabila en lui ôtant tout argument, surtout qu'il ne fait plus mystère de sa volonté de rester au pouvoir. Quant à l'opposition réunie au sein du Rassemblement, elle doit rester soudée.

Car, il ne faudra pas que la disparition de son mentor ouvre la voie à des querelles de chiffonniers, notamment quand viendra l'heure de designer un nouveau chef de file. C'est à ce prix qu'elle pourra, avec l'appui de la communauté internationale, venir à bout de la satrapie de Kabila fils.

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