17 Février 2017

Burundi: Malgré l'absence du gouvernement à Arusha, le médiateur veut y croire

Photo: The Independent
L'ex-président Tanzanien Benjamin Mkapa mène la marche vers la paix au Burundi.

Le facilitateur dans la crise burundaise, l'ancien président tanzanien Benjamin Mkapa, a lancé jeudi 16 février à Arusha dans le nord du pays, un nouveau round de dialogue en vue d'une sortie de crise. Et ce malgré l'absence du gouvernement burundais qui a annoncé la veille au soir sa décision de boycotter cette session en raison de la présence à ces discussions de membres de l'opposition en exil poursuivis par la justice burundaise, mais aussi du représentant spécial de l'ONU, Jamal Benomar, qu'il a récusé. Une absence que le facilitateur a tenté de justifier, mais certains se demandaient jeudi soir la finalité d'un tel dialogue en l'absence du principal protagoniste de la crise que traverse ce pays depuis près de deux ans.

Le porte-parole du gouvernement burundais Philippe Nzobonariba avait été on ne peut plus clair mercredi soir lorsqu'il a annoncé la décision de boycotter ces discussions : « Le gouvernement a reçu en date du 13 février une invitation (...) pour qu'il envoie des délégués dans la session prévue à Arusha ».

Mais, surprise, jeudi matin, Benjamin Mkapa a assuré sans ambiguïté là aussi que l'absence du gouvernement était des plus normales, car il ne l'avait pas convié. Une première depuis le début de sa médiation. « J'ai invité uniquement les partis politiques.

Je veux juste souligner que j'ai remis à plus tard ma rencontre avec les représentants du gouvernement. Il est vrai que j'ai d'abord pensé que cela aurait été mieux pour moi d'avoir toutes les parties présentes, mais je vais inviter le gouvernement séparément, dans un autre round de discussions », a-t-il affirmé.

Problème d'organisation ou tentative de sauver une session qui semblait du coup mort-née ? Cette affirmation de l'ancien président tanzanien n'a pas du tout convaincu l'opposition burundaise qui a répondu à l'invitation de Mkapa.

« Ça serait dommage que le gouvernement ne soit pas là alors qu'il est responsable de ce qui est en train de se passer dans son pays à partir du rejet de l'accord d'Arusha, de la violation répétitive de la Constitution qui sont les piliers de la paix et de la réconciliation au Burundi, a souligné le vice-président du parti Frodebu, Léonce Ngendakumana, jeudi, à Arusha. Il devrait être là s'il était quand même conscient de tous ces problèmes, mais je ne crois pas qu'il en soit conscient. »

L'annonce du boycott gouvernemental a été un véritable choc pour les politiques déjà sur place. Plusieurs parmi eux ne se faisaient plus d'illusion, ils estiment que cette session est vouée à l'échec, comme les précédentes.

Benjamin Mkapa garde espoir

De son côté, le facilitateur compte entrer dans le vif du sujet ce vendredi et recevoir les leaders politiques présents sur place par groupe d'affinités pour arriver à un communiqué commun à la fin des travaux dimanche.

En attendant, l'ancien président Benjamin Mkapa a répondu aux questions de la presse jeudi à Arusha. Il a parlé notamment des objectifs de sa facilitation.

« J'espère que nous trouverons un terrain d'entente qui nous permettra de revenir à une vie politique normale, ainsi qu'à un début de reprise de relations économiques dans les domaines où des sanctions économiques ont été imposées par la communauté internationale.

J'espère aussi qu'on pourra lancer le processus de rapatriement des réfugiés qui sont dans des camps, mais plus encore, j'espère que ces discussions poseront les jalons pour le retour au pays des exilés politiques.

Je pense que cela est possible et j'espère que tout cela pourra être accéléré par les discussions que nous aurons dans les deux prochains jours », a-t-il déclaré.

Burundi

L'UE débloque les arriérés des soldats burundais engagés dans l'AMISOM

L'Union européenne a pris depuis le 15 mars 2016 des sanctions financières contre le Burundi, qui traverse… Plus »

Copyright © 2017 Radio France Internationale. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.