16 Février 2017

Congo-Kinshasa: Bundu-Dia-Kongo - Muanda Nsemi recherché par la justice

Le gourou de la secte Ne Mwanda Nsemi est en instance d'arrestation pour outrage à personne du chef de l'État et propos xénophobes.

Une information judiciaire à sa charge a été ouverte par les instances judiciaires avec, l'appui, un ordre de perquisition de ses résidences à Kinshasa, dans la commune de Ngiri-Ngiri et au quartier Joli Park. Depuis les évènements du lundi et mardi derniers, ces deux sites sont sous surveillance des forces de l'ordre à l'affût de ses miliciens.

La police a reçu l'ordre de déloger tous les occupants dans ces deux résidences. On parle d'une trentaine de personnes qui s'y seraient cachées dans l'attente de créer des troubles dans la capitale.

Sous la menace d'une éventuelle arrestation, il se serait caché avec un groupe des « Makesa », les miliciens de la secte mystico-religieuse Bundu-dia-Kongo (BDK), pris en otage dans les deux sites, apprend-on.

En réaction au sujet des évènements du début de la semaine qui ont vu les forces de l'ordre mener des raids contre des objectifs de BDK à Kinshasa, le ministère des Droits humains a, dans un communiqué, pris à témoin l'opinion nationale et internationale sur les propos incitant à la haine tribale et à la violence, véhiculés par Ne Muanda Nsemi.

Celui-ci, peut-on lire, « monte les communautés congolaises les unes contre les autres, les poussant à s'entretuer au nom d'une certaine spiritualité. Ces propos sont irresponsables, inadmissibles et répréhensibles ».

Pour rappel, Ne Mwanda Nsemi a, dans une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux, a tenu des propos outrageants envers le chef de l'État et demandé aux personnes non originaires du Kongo central de quitter cette province.

Selon le gouvernement, une information judiciaire a été ouverte à la suite de ces menaces et des affrontements entre les adeptes de Bundu-dia Kongo-au Kongo central. D'où un ordre de perquisition des résidences du chef spirituel à Ngiri-Ngiri et au quartier Joli Parc.

Mais les adeptes de BDK empêchent le déroulement de cette opération et y opposent une résistance farouche. «Ce sont les adeptes de la secte mystico-religieuse BDK qui ont dégainé en premier», a expliqué une source proche de cette opération citée par RFI.

Selon la même source, les éléments de la police avaient pour mission de déloger une trentaine de personnes cachées dans une parcelle, attendant de créer des troubles dans la capitale.

Les forces de l'ordre ont mené des raids contre des objectifs de la secte mystico-religieuse Bundu dia Kongo -BDK- à Kinshasa lundi 13 et mardi 14 février 2017.

On parle de morts, trois ou plus, et de plusieurs blessés par balles dans les rangs de BDK. Des arrestations ont également été effectuées dans le cadre de ce coup de filet, à en croire les déclarations du porte-parole de la Police nationale congolaise à l'Agence France Presse -AFP.

La secte BDK est très active dans la province du Kongo central, où elle est notamment accusée d'avoir récemment perpétré des troubles meurtriers à Songololo et Kimpese, à environ 250 et 200 km de Kinshasa.

Son chef spirituel, Zacharie Badiengila, alias Ne Muanda Nsemi, a menacé le pouvoir. «Dans deux semaines, je vais frapper», a-t-il promis dans le dernier de ses messages filmés, où il est visible avec une épée en mains et des Makesa -soldats de BDK- en train d'assurer sa garde.

Une version contredite par le secrétaire général de Bundu-dia-Kongo qui parle, lui, d'une attaque contre la résidence secondaire de Ne Muanda Nsemi. Il s'agit en fait d'un chantier, selon Me Futila, qui a noté également que ce premier assaut a eu lieu pendant que les membres de la secte étaient en prière.

Les affrontements ont ensuite étaient localisés vers le quartier Joli Parc, dans la commune de Ngaliema, où se trouve le domicile principal du gourou.

Ici, des Makesa ont tenté de résister à la perquisition mais certains sont tombés par balles et d'autres ont été blessés. Selon des journalistes présents sur les lieux, cinq véhicules de la Croix-Rouge et CICR ont pu procéder à l'évacuation des blessés.

Dans un communiqué officiel daté du 14 février, la ministre des Droits humains , Marie-Ange Mushobekwa, écrit au sujet de BDK:

«Mushobekwa fait savoir que le gouvernement ne ménagera aucun effort pour sauvegarder les droits fondamentaux des citoyens, notamment celui de vivre en paix, dans le respect de nos divergences culturelles et religieuses».

Député national, élu dans l'ex Bas-Congo en 2006 et réélu à Kinshasa en 2011, Muanda Nsemi n'a jamais été inquiété ni arrêté en dépit de nombreuses exactions dont sont accusés ses «Makesa» depuis 2008.

BDK, au départ mouvement mystico-religieux, s'est transformé en Bundu-dia Mayala -BDM- mouvement politico-religieux après les affrontements avec les forces de défense et sécurité ayant occasionné plusieurs morts et blessés sans oublier de nombreuses arrestations dans l'ex Bas-Congo en 2009.

Le gouvernement avait interdit au chef spirituel de BDK résidant à Kinshasa de se rendre au Kongo central pour prévenir d'autres affrontements avec la police.

Ce n'est qu'en 2015, après les consultations initiées par le chef de l'État, Joseph Kabila, avec toutes les couches sociales en perspective du dialogue global inclusif que Muanda Nsemi s'était rendu sur le sol né Kongo. Plusieurs personnes l'avaient boudé à cette occasion.

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