18 Février 2017

Cameroun: Crise anglophone - Le rapport qui dérange

Photo: camer.be
Tribunal Criminel Caneroun

La Commission des droits de l'Homme et des libertés fait un état des lieux et des propositions embarrassants pour le pouvoir.

La Commission nationale des droits de l'Homme et des libertés (Cndhl) a mené des investigations dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du 1er au 4 février 2017. L'objectif poursuivi par ces missions était de s'enquérir de la situation sur le terrain et d'enquêter sur les allégations de cas de violation des droits de l'homme occasionnés par la crise anglophone.

L'équipe du Cndhl était conduite à Bamenda par le président Chemuta Divine Banda et à Buea par le vice-président, James Mouangue Kobila. Les activités des deux équipes ont porté essentiellement sur la rencontre avec les autorités publiques, de la société civile et la visite des sites qui ont été le théâtre de violences et d'affrontements.

Au bout de ces deux missions, le Cndhl constate « le nonrespect de la liberté d'expression, de réunions et de manifestations publiques, l'interruption de l'accès au réseau Internet dans les régions du Nord-Ouest et du Sud- Ouest ». La Commission observe « le sentiment généralisé de peur consécutive à l'état d'urgence de fait qui règne dans les régions concernées et les suspicions » et relève « le recours disproportionné à la force dans le cadre des opérations de maintien de l'ordre ».

Elle constate que les allégations sur les cas de disparition forcée mettant en cause les autorités de la police judiciaire du Nord-Ouest s'avèrent non fondées, remarque que des« actes de torture et des traitements inhumains ou dégradants » ont été perpétrés sur les suspects interpellés lors de la crise. Du reste, la Commission prend note des pertes en vies humaines et des cas de destruction de biens, déplore la détention des mineurs dans les prisons et la non prise en charge de certains cas de maladie.

Le rapport adressé au président de la République fait 15 propositions à l'endroit des pouvoirs publics, des associations et syndicats ainsi que des populations locales, en vue de la sortie de crise. Notamment la libération des leaders en détention, la sanction des auteurs d'exactions sur les populations, le rétablissement « sans délai » de la fourniture d'internet dans les deux régions anglophones (la suspension étant préjudiciable aux activités socio-économiques de toutes les couches de la population), l'audition des personnes interpellées dans la langue officielle qu'elles maîtrisent le mieux, l'accélération de la mise en place du Conseil constitutionnel et du processus de décentralisation prévus dans la Constitution du 18 janvier 1996 en vue de la mise en place d'exécutifs régionaux élus.

Pas sûr que toutes ces recommandations trouveront (immédiatement) grâce aux yeux du gouvernement. Au sujet de la suspension d'Internet dans les régions anglophones, le ministre de la Communication a par exemple déclaré lundi au cours de la conférence de presse donnée dans les services du Premier ministre que « jamais le gouvernement ne permettra l'avènement de Radio mille collines au Cameroun. Internet sert à menacer les populations et à les inciter à la désobéissance civile. Aussi longtemps que prévaudra ce climat, ce moyen de communication restera couper dans ces régions ».

Cameroun

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