20 Février 2017

Cameroun: Procès des leaders anglophones - Issa Tchiroma Bakary joue les pyromanes

Photo: camer.be
Tribunal Criminel Caneroun

Alors que le ton devrait être à l'apaisement, le ministre de la Communication vient encore de mettre le feu aux poudres à travers sa sortie médiatique du 15 février 2017. Le porte-parole du gouvernement rappelle aux grévistes anglophones qu'ils risquent la peine de mort.

« Est puni de la peine de mort, celui qui à titre personnel en complicité ou en coaction, commet tout acte de menace susceptible de causer la mort, de mettre en danger l'intégrité physique, d'occasionner les dommages corporels ou matériels, des dommages de ressources naturelles à l'environnement ou au patrimoine culturel », dixit Issa Tchiroma Bakary, ministre de la Communication (Mincom) qui rappelle à cet effet les dispositions de l'article 2 de la loi N° 2014/028 du 23 décembre 2014.

Au cours de ce point de presse, le ministre de la Communication a tenu d'un ton martial des propos tendant à intimider, voire à menacer les grévistes incarcérés suite aux revendications des avocats et enseignants des régions anglophones.

Dans sa diatribe, M. Issa n'est pas allé du dos de la cuillère pour justifier les multiples arrestations et détentions de certaines personnalités originaires des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. Il leur a aussi promis l'application stricte de la loi au terme de ce procès. Cette annonce n'augure pas des lendemains meilleurs qui pourraient conduire aux mesures d'apaisements entre les deux protagonistes de la crise qui se sont tous deux radicalisés.

Respect des droits de la défense

Toutefois, au cours de ce point de presse, le Mincom a assuré les hommes de médias que le procès des leaders anglophones se déroulera dans le strict respect de l'art. Les inculpés bénéficieront de la présomption d'innocence, des droits de la défense, aux visites et aux soins de santé, durant la période du procès :

« en tout état de cause, il importe de préciser que les personnes poursuivies bénéficieront chacune en ce qui la concerne de la présomption d'innocence, c'est-à-dire qu'elles demeurent innocentes jusqu'à ce que le tribunal établisse ou non leur culpabilité au terme de la procédure de jugement.

Je précise aussi que pendant leur détention actuelle, ces personnes jouissent pleinement de leurs droits à la défense, c'est-à-dire de l'assistance de leurs avocats, conformément à la procédure pénale. Elles ont également droit aux visites ainsi qu'aux soins de santé ».

Le ministre de la communication a achevé son oukase en estimant que même l'opinion publique ne sera pas prise en compte. Il faudra compter uniquement sur les magistrats militaires pour le verdict final : « même l'opinion publique peut faire valoir sa thèse.

Quant à l'application de la loi, il s'agit d'une prérogative exclusive reconnue aux seules juridictions » conclut le Mincom devant un parterre de journalistes présents et médusés à ce point de presse.

Un réquisitoire qui prépare déjà l'opinion au pire pour les prévenus. De mémoire de journaliste ni le procès de Mgr Ndongmo, ni celui des auteurs de la tentative du coup d'Etat manqué d'avril 1984 n'auront donné lieu à de tels prologues

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