22 Février 2017

Nigeria: Déboutés en Libye, des Nigérians acceptent de retourner dans leur pays

En 2016, près de 40.000 Nigérians sont entrés illégalement sur le territoire européen. Mais pour certains, l'aventure a pris fin en Libye et choisissent de retourner dans leurs pays.

Ils sont 162 à bord du vol charter qui atterrit cet après-midi à Lagos. Les passagers sont en provenance de Libye. La fatigue se lit sur les visages de certains. D'autres semblent par contre soulagés.

Parmi les passagers qui descendent de l'appareil, on compte 7 enfants et deux bébés. Sonia, presqu'en larmes, porte sa fille sur le dos. "Je suis juste contente d'être à nouveau à la maison avec mon bébé", dit-t-elle.

Il y a environ un an que Sonia a quitté son pays avec pour objectif de rejoindre l'Italie via la Libye. En Italie, elle espérait pouvoir travailler comme baby-sitter ou faire du commerce. Orpheline de père à 6 mois, elle a nourri le rêve d'émigrer afin de pouvoir venir en aide à sa mère. Un rêve qui va devenir un cauchemar.

En mars 2016, le frêle esquif dans lequel elle embarque chavire, avec à son bord, près de 100 passagers. Plusieurs migrants, dont une amie de Sonia, périssent avant l'arrivée des garde-côtes libyens.

Traitements inhumains en prison

La Nigériane de 25 ans est secourue par les garde-côtes. Enceinte au cours du voyage, elle est ensuite détenue pendant onze mois dans une prison libyenne. Elle accouche dans des conditions inhumaines.

"Ils nous ont traités comme des animaux. Ils m'ont amenée sur un tas d'ordures. Et c'est là que j'ai accouché. Deux semaines après, ils se sont mis à me battre, seulement parce que je suis du Nigeria. Ils font ce qu'ils veulent avec les Nigérians" raconte-t-elle.

Ces conditions ont poussé Sonia à rejoindre son pays à bord du charter mis à disposition par l'Organisation Internationale pour les Migrations.

"Deux raisons expliquent pourquoi ils acceptent de rentrer. Pour certains, la traversée en mer est trop dangereuse. Et pour ceux qui sont en prison, ils n'ont plus la possibilité de voyager", explique Nahashon Thuo, chef du bureau de l'OIM à Lagos.

Tous les passagers choisissent volontairement de rentrer, car ils ne sont pas expulsés par le gouvernement libyen.

L'an dernier, 800 Nigérians sont retournés chez eux par ces charters. Les mères avec des petits enfants, les malades ou les mineurs non accompagnés bénéficient d'un appui de 1000 dollars de l'OIM en vue de faciliter leur réintégration.

L'Union Européenne avait notamment contribué financièrement à ces vols. En 2016, l'UE a accordé le permis de séjour à près de 7000 d'entre eux. Environ 1500 ont été expulsés de force.

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