7 Mars 2017

Congo-Kinshasa: Goma se protège enfin contre d'éventuels cas d'éruption volcanique

La ville de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, est sur le pied de l'un des 1500 volcans actifs de la planète, le Nyiragongo.

L'histoire de cette ville congolaise est étroitement liée à ce majestueux volcan qui fait même partie des armoiries urbaines.

Mais ce n'est pas qu'une histoire d'amitié, il y a eu surtout le fait qu'en moins de 40 ans, le Nyiragongo est entré en éruption deux fois en 1977 et en 2002 en se déversant sur Goma. Ces deux éruptions ont couté la vie à près de 3000 personnes. Désormais la ville est dotée d'un plan d'évacuation qui manquait tant.

Malgré ce risque permanent d'éruption, les autorités et la protection civile n'avaient encore rien mis en place comme plan d'alerte pour épargner les vies des citoyens en cas de nouvelle éruption. C'est désormais chose faite, grâce à l'appui de la mission onusienne au Congo MONUSCO.

L'absence d'un plan d'évacuation a coûté la vie à 150 personnes en 2002

Le 17 janvier 2002, toute la ville de Goma se réveille sous un temps particulier. Des particules de poussière volcanique donnent une odeur particulière à l'air ambiant. Ce jeudi est un jour férié. C'est l'anniversaire de la mort de Lumumba, héros national.

Un peu avant 10 heures, la rumeur du volcan Nyiragongo qui serait en éruption se confirme. La terre tremble.

Le désordre s'installe, chacun se sauve comme il peut, souvent chargés de fardeaux, parfois tenant les enfants en mains. Sans mesures précises de la part des autorités locales, la confusion est à son comble.

Certains ont choisi de rester sur place et ne pas bouger. « Il y a une chance que de la lave nous trouve ici, dans ce cas on meurt, mais il y a aussi une chance qu'elle n'arrive pas jusqu'ici et on sera sauvé », ont-ils dit. D'autres ont pris la direction des villages de Sake, Kirotche et Minova, à l'ouest.

« En 1977, ceux qui avaient pris cette même route avaient pu échapper aux laves leurs auraient dit des anciens, comme c'est le même Nyiragongo en éruption on tente notre chance» ont estimé ceux-ci.

D'autres encore ont fui au Rwanda voisin, pensant (à tort) se mettre à l'abri des laves du Nyiragongo situé sur le sol congolais.

Enfin il y avait ceux qui avaient pris des bateaux sur le lac Kivu. Chacun choisissait son refuge selon ce qui lui paraissait le plus sûr, à défaut de précautions précises de la part de la protection civile.

Conséquence de confusion, 150 personnes sont mortes lors de cette dernière éruption, certaines mortes étouffées dans leurs maisons, des enfants écrasés dans des bousculades, d'autres sont même allés se réfugier dans une station-service, ignorant que laves et station ne faisaient pas bon ménage.

Enfin une sirène et un plan d'évacuation

Dans le cadre d'appui au gouvernement pour les urgences naturelle, la MONUSCO a doté la province d'une sirène de 6 kilomètres de portée pour alerter toute la ville si une éruption était avérée.

Elle ne serait actionnée que par le gouverneur de province. Mais aussi d'autres matériels d'observation pour détecter les variations de température ou l'écartement du rift, autant de signes précurseurs d'une éruption.

« Je voudrai rassurer la population, il n'y a pas de menace d'éruption volcanique pour l'instant» a rassuré le gouverneur de province Julien Paluku lors du test de la sirène. « Il s'agit simplement de prévenir les prochaines éruptions qui pourraient surgir dans 10, 20 ou 100 ans.

Cette alerte permettra d'évacuer calmement la population et de l'informer des plans d'évacuations élaborés et vulgarisés », a-t-il ajouté.

Même avec plusieurs années de retard, l'élaboration de ce plan d'évacuation, s'il est bien vulgarisé, aidera à sauver des vies en cas de nouvelle éruption. Goma, une ville sous menace permanente de volcan méritait bien cette mesure d'anticipation.

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