10 Mars 2017

Congo-Brazzaville: Migrations - Plus de 500 migrants noyés en Méditerranée depuis janvier (OIM)

Au rythme où vont les choses, d'ici la fin de l'année il y aura plus morts en Méditerranée cette année que l'an dernier.

Le premier trimestre de 2017 est à peine entamé que l'Organisation internationale des migrations (OIM) tire la sonnette d'alarme. Depuis le 1er janvier jusqu'au 5 mars dernier, 521 migrants ont péri noyés ou disparus en Méditerranée dans la tentative de rejoindre l'Europe. Les statistiques sont macabres et cyniques, mais à la même date l'an dernier, on ne comptait « que » 471 morts. Et il continue d'arriver du monde sur les berges italiennes de Sicile à partir des côtes libyennes : presque 20.000 déjà !

L'OIM affirme que la situation est grave. D'autant que les flux migratoires s'exercent en direction de trois pays européens seulement : l'Italie, vers qui se dirigent les 80% des migrants ; l'Espagne et la Grèce. Aux morts certifiés de la Méditerranée, il faut ajouter les squelettes retrouvés dans le désert du Sahara : des morts de soif, de faim ou de désorientation dans un espace peu accueillant.

Sans parler des morts par maltraitances. Mercredi, une source sécuritaire libyenne a annoncé que 22 corps de migrants africains ont été découverts sur une plage de Sabratha. « Il semble qu'il y ait eu un échange de tirs entre les passeurs, ce qui a entraîné la mort de 22 migrants », a suggéré l'OIM depuis Genève (Suisse). Mais sur place, en Libye, l'explication est tout autre : les migrants clandestins, qui s'apprêtaient à tenter la périlleuse traversée de la Méditerranée, ont refusé de monter à bord de l'embarcation qui leur était proposée en raison du mauvais temps et de la qualité peu engageante du bateau. Les passeurs énervés ont fini par les abattre.

L'Italie déploie d'énormes efforts pour faire face aux flux migratoires chez elle. Aussi bien en les dispatchant sur tout le territoire quand ils ont réussi à débarquer sur ses côtes que pour intercepter leurs bateaux en mer. Mais elle mise surtout sur le tarissement à la base de ces flux avec des accords de coopération bilatérale avec les pays de départ. « Après l'accord avec la Libye, nous travaillons maintenant avec le Niger, pays voisin de la Libye et terre de transit pour de nombreux migrants. Si nous parvenons à un accord avec le Niger, nous aiderons ce pays, mais nous nous aiderons aussi nous-mêmes », a estimé M. Angelino Alfano, actuel ministre italien des Affaires étrangères mais qui était, il y a quelques semaines de cela, en charge du portefeuille de l'Intérieur.

« Du cynisme pur ! », a réagi l'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International. « Ces accords bilatéraux cyniques visent en fait à repousser au loin les frontières de l'Europe. Avec l'alibi de la coopération, on obtient deux résultats : les droits humains sont passés à la trappe, et nous payerons ces pays à reprendre leurs ressortissants et à continuer de violer les droits de l'Homme comme bon leur semble », a dit Roberto Noury, porte-parole d'Amnesty international-Italie.

L'humanitaire intervenait mercredi, à Rome, où était présenté le livre « Padre Mose » sur la figure du père Mussie Zerai, prêtre érythréen et homme de référence pour ce qui est des sauvetages des migrants et requérants d'asile à partir de la Méditerranée. Son livre, co-écrit avec le journaliste Giuseppe Carrisi, raconte précisément les nombreux épisodes qui ont vu plus d'un migrant exténué débarquer en Sicile, avec en main un seul morceau de papier portant le numéro de téléphone du père Mussie.

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