13 Mars 2017

Burundi: Quel avenir pour les exilés du 3è mandat en cas d'un 4è, 5è, etc ?

billet

Face aux velléités du gouvernement burundais qui veut réviser la Constitution, le blogueur Jean Marie Ntahimpera parle d'une porte ouverte vers un règne éternel du président Nkurunziza, et s'inquiète alors du sort des réfugiés politiques.

Tous les signes montrent que le président Pierre Nkurunziza se prépare pour se représenter en 2020. Qu'est-ce que ça implique pour les réfugiés qui ont quitté le pays pour avoir contesté son troisième mandat ? S'ils n'ont pas supporté le coup de force de 2015, rien ne montre qu'ils pourront avaler la pilule de 2020, peut être aussi de 2025.

Il faudrait plutôt s'attendre à beaucoup d'autres frondeurs, refugiés, exilés politiques,... étant donné que le projet de modification de la Constitution compte apparemment supprimer la limitation du nombre de mandats présidentiels.

Quelle solution pour les réfugiés ?

Voici ma proposition : chercher à s'intégrer dans les pays qui les ont accueillis, en partant du fait que l'exil peut durer longtemps, très longtemps, comme ça a été le cas pour les Rwandais qui ont fui en 1959 et ne sont rentrés que 35 ans plus tard en 1994.

Ou d'autres Rwandais qui ont fui en 1994 et qui ne sont pas encore rentrés jusqu'à aujourd'hui. Ou encore les Tibétains du Dalai Lama, qui eux aussi ont pris le chemin de l'exil en 1959 et y sont toujours 58 ans plus tard.

Loin de moi l'idée de décourager les Burundais réfugiés qui veulent regagner leur pays. Celui ou celle qui a pris le chemin de l'exil parce qu'il ne se sentait pas en sécurité ou en liberté, est le seul à savoir que le moment est venu ou pas de rentrer. C'est pourquoi ça ne sert à rien au gouvernement de continuer à s'époumoner pour les convaincre de revenir.

Du droit de vivre dignement en exil

Je ne suis pas non plus en train de dire que les refugiés doivent cesser de se battre pour vivre en liberté dans leur pays.

Le Burundi doit être le pays de tous les Burundais, et non pas d'un seul parti politique. Mais en attendant que ce pays ait un leadership qui donne à chacun la dignité qu'il mérite, chacun devrait avoir le droit de vivre dignement dans le pays qui l'a accueilli.

C'est scandaleux que dans certains pays les réfugiés burundais n'aient pas le droit de travailler, de créer un business ou de se déplacer librement. C'est là où les défenseurs des droits de l'Homme, qui sont nombreux en exil, doivent continuer le travail qu'ils faisaient au Burundi.

Ils doivent notamment veiller à ce que tous les enfants qui sont en âge d'aller à l'école puissent étudier, que ceux qui sont malades puissent être soignés.

Les réfugiés sont souvent perçus comme des gens vulnérables, des victimes, qui ne savent rien et qui ne peuvent rien.

Mais ils ne devraient pas se résigner à l'auto-victimisation. Les talents qu'ils avaient dans leur propre pays, ils les ont toujours, peut-être pas avec les mêmes facilités. Ils doivent faire à ce que l'exil ne les tue pas, mais les rende plus forts. Je connais un peuple qui a réussi ce pari : les Juifs.

À force d'être persécutés siècle après siècle, ils ont fini par développer une capacité de survie sans commune mesure.

Aujourd'hui ils sont parmi les communautés les plus prospères et les plus puissantes partout dans les pays où ils sont établis. Et vu qu'on est parti pour un séjour assez prolongé hors de notre patrie, pourquoi on ne prendrait pas exemple sur eux ?

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