13 Mars 2017

Niger: Un an ferme pour Hama Amadou - Rentrer ou se condamner à un exil définitif

Le verdict a été rendu, mais c'est loin d'être l'épilogue de ce dossier à la fois judiciaire, social et politique qui tient le Niger en haleine depuis plusieurs années. Poursuivies pour supposition d'enfants, une vingtaine de personnes étaient de nouveau à la barre le lundi 13 mars.

Au nombre de ces dernières, Hama Amadou, ancien Premier ministre et ancien président de l'Assemblée nationale, qui serait impliqué dans cette affaire de trafic international de nouveau-nés en provenance du Nigeria via le Bénin.

Véritable scandale sociopolitique ou simple cabale pour liquider une personnalité qui a toujours été le trublion de la scène politique nigérienne ?

L'incriminé s'est toujours, en tout cas, défendu de ce dont on l'accable et avait fini par prendre la poudre d'escampette dans un premier temps avant de revenir à l'orée de la présidentielle de mars 2016 pour être conduit directement du tarmac de l'aéroport Diori-Hamani à la prison de Filingué à 160 km de Niamey.

Il n'en sortira quelques mois plus tard que pour être évacué le 16 mars 2016 en France pour des raisons de santé.

C'est donc, le concernant, un procès par contumace qui a eu lieu ce lundi dans la capitale nigérienne. Mais il n'y avait pas que l'accusé qui était absent de la salle d'audience ; ses avocats s'étaient retirés dès la reprise du procès après avoir demandé en vain un nouveau report.

Ce qui n'a pas empêché le Parquet de requérir trois ans de prison ferme ainsi qu'une privation de ses droits civiques et politiques pendant cinq ans. Mais Hama Plus n'aura écopé que d'un an ferme. Si on tient compte de la préventive, il ne devrait lui rester que huit mois, à supposer qu'il rentre.

En attendant, ses conseils ont décidé d'attaquer tout de suite la décision. Quoi qu'il en soit, le jugement a eu lieu, mais on ne saura jamais la vérité. Les enfants supposés sont-ils oui ou non ceux d'Amadou et d'Hazida Hama ?

Le couple et Bon Dieu le savent, l'opposant s'étant toujours refusé à se plier au test de paternité qui permettrait de lever le doute ou qui prouvera définitivement sa culpabilité. A-t-il donc préféré que tout le monde reste dans le doute, ce qui laisse bien sûr libre cours à toutes sortes de spéculations ? C'est la question qu'on est en droit de se poser.

Dans tous les cas, il faudra bien que l'ancien prisonnier de Filingué rentre un jour pour affronter courageusement son destin, s'il ne veut pas, au-delà de la condamnation judiciaire, se condamner lui-même à un exil définitif. Ce qui serait la pire des sentences et équivaudrait à une mort politique.

Niger

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