14 Mars 2017

Burundi: Le Conseil de sécurité « troublé » par la torture et les disparitions forcées

Photo: Phil Moore/IRIN
Bujumbura, la capitale du Burundi, est secouée par des violences depuis des mois.

Réuni lundi au sujet de la situation sécuritaire qui prévaut au Burundi, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est dit « troublé » par des informations faisant état de torture et d'enlèvements dans ce pays, mais a ignoré les appels d'organisations de défense des droits humains à imposer des sanctions contre le régime de Bujumbura.

Le Conseil a néanmoins adopté à l'unanimité une déclaration à l'initiative de la France après quelques ajustements avec la Russie, la Chine et l'Egypte, qui s'opposent aux sanctions.

Il a noté que la situation sécuritaire au Burundi est « restée globalement calme », mais s'est dit « alarmé par le nombre croissant de réfugiés quittant le pays et troublé par des rapports de torture, de disparitions forcées et de tueries ».

Les membres du Conseil ont appuyé la proposition du médiateur Benjamin Mkapa, ancien président tanzanien, de tenir un sommet régional afin d'inciter le gouvernement et l'opposition à ouvrir des négociations interburundaises.

Ils ont appelé les voisins du Burundi à « contribuer à une solution à la crise » et à « s'abstenir de soutenir les activités des mouvements armés de quelque manière que ce soit »

Par ailleurs, les quinze Etats membres du Conseil de sécurité ont exhorté les autorités burundaises à signer un accord avec l'Union africaine pour le déploiement d'observateurs des droits de l'homme et d'experts militaires, dont seuls une poignée ont été autorisés dans le pays.

Selon l'ONU, des centaines de personnes ont été tuées et 390.000 personnes ont fui le Burundi depuis que le pays a sombré dans la violence, en avril 2015, après l'annonce par le président Pierre Nkurunziza de son intention de briguer un troisième mandat, qu'il a depuis remporté.

Pour tenter de faire face à la violation répétée des droits de l'homme, le Conseil avait autorisé en juillet dernier, le déploiement d'au moins 228 policiers de l'ONU au Burundi pour surveiller la situation sécuritaire et les atteintes à ces droits, mais le gouvernement a bloqué le déploiement de cette force.

Dans un rapport envoyé au Conseil de sécurité le mois dernier, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'était déclaré « très préoccupé » par les déclarations du président Pierre Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005, suggérant qu'il pourrait demander un quatrième mandat. Pour le patron des Nations unies, une telle initiative « risquerait d'intensifier la crise » au Burundi.

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