14 Mars 2017

Afrique: 50 camions bloqués à Douala pour défaut de GPS

Ayant à bord du clinker destiné à la fabrication du ciment par CIMAF basée à Ndjamena au Tchad, les camions immobilisés sur place à Douala pour défaut de GPS, ont déjà occasionné des pertes de près de 150 millions de FCFA aux entreprises, selon le Syndicat national des transporteurs routiers du Cameroun (STNRC) et le Bureau de gestion du fret terrestre (BGFT).

Une cinquantaine de transporteurs camerounais, tchadiens et centrafricains attendent depuis un mois, pour la plupart d'entre eux, et depuis quelques semaines pour le reste, que des GPS soient installés sur leurs camions pour leur permettre d'acheminer sereinement les marchandises vers les pays voisins que sont le Tchad et la RCA.

Mais en vain. Malgré leurs cris de détresse, ils n'ont toujours pas de solution à un problème qui semble désormais récurrent. Puisqu'il se produit chaque année, selon le président régional du Syndicat national des transporteurs routiers du Cameroun (SNTRC), Raymond Mongang.

Ce samedi, 11 mars 2017, il a réussi à désamorcer une émeute à la base Transimex de Youpwé, situé juste à quelques mètres de la route nationale n°3, reliant Douala à Yaoundé.

Car exténués, la cinquantaine de chauffeurs-camions et les dizaines de convoyeurs, qui les accompagnent dans ce calvaire, sont prêts à prendre la rue.

Appelé à venir prendre le pouls de la situation, le coordonnateur du BGFT (Bureau de gestion du fret terrestre), El Hadj Oumarou, s'est lui-même rendu compte de la gravité de la situation.

Sur place, des dizaines de camions ayant à bord du clinker, matière première de haute importance sans laquelle une usine de cimenterie ne saurait démarrer sa production ciment.

Cette marchandise importée de l'extérieur appartient à CIMAF, la cimenterie turque basée à Ndjamena, qui l'attend, apprend-on, depuis plusieurs semaines pour ses activités quotidiennes : produire du ciment.

En l'absence de la disponibilité des GPS en quantité suffisante dans les services de la Douane camerounaise, au Port autonome de Douala, la cinquantaine de camions concernés par cette situation ne peut effectuer des voyages.

« Nous sommes obligés d'attendre que la Douane récupère les GPS sur les camions arrivés à la frontière avec le Tchad et la RCA, pour les installer sur les camions à Douala une fois de retour », déplore un chauffeur-camion de nationalité tchadienne. Une information que confirme le responsable de la Logistique et Corporate de CIMAF à Douala, Karamoko Malé.

Indisponibilité des GPS

Selon le président national du SNTRC, Raymond Mongang, l'indisponibilité des GPS, qui est à l'origine de l'immobilisation de nombreux camions sur place, depuis un mois, a fait l'objet de discussions avec les responsables des secteurs des Douanes Littoral I et II.

Sauf que celles-ci n'ont, pour l'instant, abouti à aucune solution. D'où la colère des transporteurs, qui sont prêts à manifester bruyamment leur mécontentement si rien n'est fait.

« Les pertes sont énormes. Car, entre-temps, il faut prendre en charge les chauffeurs et les convoyeurs. En plus, ils dorment dans de mauvaises conditions, parce qu'ils ne peuvent pas rentrer chez eux. Personnellement, j'ai deux camions qui sont immobilisés.

Et d'après mes calculs, un camion immobilisé comme ceux que vous voyez-là coûte 100 000 FCFA par jour au transporteur. En trente jour, ça me fait des pertes de l'ordre de 06 millions de FCFA », explique Joseph Kollo, transporteur et directeur général de MPS.

Joint au téléphone, un inspecteur des Douanes, ayant requis le sceau de l'anonymat, parce que n'ayant pas reçu l'autorisation de s'exprimer sur la question, confirme l'insuffisance de GPS.

Toute chose, qui explique les désagréments que vivent depuis quelques semaines les transporteurs. « Cependant, précise-t-il, ce problème a été porté à la connaissance de la haute hiérarchie par les différents responsables des secteurs des Douanes Littoral I et II.

Une solution idoine sera bientôt trouvée au problème ». La question, qui reste en suspens, demeure celle de la date du règlement définitif de ce problème. Pour Raymond Mongang, ce problème aurait connu une solution durable et pérenne si certains responsables de la Douane avaient à coeur l'intérêt général.

« Le propriétaire de la marchandise qui est bloquée depuis un mois est d'autant plus gêné que nous. Cependant, nous le sommes dix fois. Parce qu'il s'agit ici d'économie. On parle d'émergence, le chef de l'Etat l'a dit.

Mais, c'est curieux de voir qu'on charge un camion à destination du Tchad et qu'il faille attendre un mois pour placer le GPS. Nous avons pourtant fait des suggestions, qui consistaient à escorter les camions par vagues de 30 pour les laisser à la frontière.

Nous avons suggéré nous-mêmes de poser les GPS sur les camions, mais même cette autre proposition n'a pas été approuvée », explique le président régional du SNTRC.

Le BGFT va saisir sa hiérarchie

Pour le coordonnateur du BGFT, il est urgent que ce problème soit rapidement résolu dans les prochaines heures. « Je crois que c'est clair et établi qu'il va falloir que la hiérarchie de la Douane puisse établir les responsabilité et en tirer toutes les conséquences, qui s'imposent le plus rapidement possible.

Notre rôle aussi, c'est d'accompagner, comme vous le savez, les transporteurs. Et à ce niveau, nous voulons féliciter l'attitude responsable des transporteurs, dirigés par le président régional du SNTRC dans le Littoral, Raymond Mongang, qui a essayé de canaliser tout le monde et de faire en sorte que ça ne dégénère pas. C'est aussi pour cela que nous sommes là : éviter que ça dégénère.

Il est souhaitable que des actions précises soient rapidement le plus vite possible, pour essayer de faire en sorte que les camions bloqués puissent partir. Dans les plus brefs délais. On ne peut continuer avec ce genre de chose. Nous, au niveau du BGFT, allons saisir notre haute hiérarchie », a déclaré El Hadj Oumarou.

A l'en croire, les solutions ne manquent pas face à ce problème. « Des solutions existent et des solution de rechange existent. Il est donc inacceptable que des camions, ayant leurs chargements à bord, soient contraints de passer deux ou quatre semaines sur place», a-t-il souligné.

150 millions FCFA partis en fumée en un mois

Le GPS (Global positioning system), encore connu en français comme étant le Système mondial de positionnement ou géo-localisation par satellite, est un système de géolocalisation fonctionnant au niveau mondial et reposant sur l'exploitation de signaux radio émis par des satellites dédiés.

C'est donc sur cet instrument que la direction générale des Douanes (DGD) a jeté son dévolu depuis quelques années. Son objectif étant d'aider la Douane à mieux traquer les marchandises destinées aux pays voisins, mais parfois déversés sur le marché local par des opérateurs économiques véreux.

Malgré son aspect très positif pour le secteur privé et l'Etat, l'installation des GPS sur les camions, qui doivent transporter les marchandises en transit au Cameroun à destination des pays voisins posent, depuis quelques années, des problèmes aux transporteurs.

A cause notamment de leur insuffisance ou indisponibilité. Un problème qui, durant ces 30 derniers jours, a occasionné des pertes de l'ordre de 150 millions de FCFA aux transporteurs.

« Sur les 50 camions immobilisés, en sachant que le transporteur perd 100 000 FCFA par jour par camion immobilisé, vous-mêmes vous voyez ce que ça fait comme pertes financières pour nos entreprises de transport.

Plus de 150 millions de FCFA de pertes en un mois. Qui va nous dédommager ?», déclare Raymond Mongang. En attendant que ce problème soit résolu, tels que le souhaitent le SNTRC et le BGFT, ses responsables n'ont pas manqué de féliciter les transporteurs pour leur attitude responsable.

Car, un mouvement d'humeur à quelques heures de la tenue du Cameroon Business Forum (CBF), dont l'objectif premier reste l'amélioration du climat des affaires, aurait porté un sérieux coup à l'image de marque du pays.

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