14 Mars 2017

Niger: Le blues de Hama Amadou

billet

L'actualité politique au Niger est marquée, ces jours-ci, par la condamnation par contumance du principal opposant, Hama Amadou, a un an de prison ferme par la Cour d'appel de Niamey, pour sa supposée implication dans un trafic international de bébés.

Il a suffi d'une journée à la justice nigérienne pour décider de la peine à infliger à l'ancien Premier ministre et président de l'Assemblée nationale du Niger. Réfugié en France depuis 2016, suite à des ennuis de santé survenus en prison, l'accusé a subi la rigueur de la loi de son pays sans être enttendu, puisque ses avocats n'ont pas assisté au procès.

En cause, le non-respect des procédures de convocation de Hama Amadou, sur qui pèse le chef d'accusation de «recel d'enfants».

Pour les conseils, tous les actes de procédure n'ont pas été transmis au présumé trafiquant de nouveau-nés, alors que la bonne administration de la justice l'exige. Faute de quoi, ils rejettent cette condamnation et se tiennent prêts pour user des voies de recours disponibles pour faire respecter la loi en faveur de leur client.

Mais à la vérité, Hama Amadou et ses avocats n'ont jamais douté un seul instant, que cette affaire de trafic de bébés, montée de toutes pièces à leurs yeux, est purement politique. Il ne fait l'ombre d'aucun doute, à leurs avis, que le président Mahamadou Issoufou veut « assassiner » politiquement son principal adversaire.

D'ailleurs, ce dossier impliquant une vingtaine de personnes, a plombé la campagne de Hama Amadou à la présidentielle de 2016. Ecroué pour les besoins de l'enquête jusqu'à son évacuation dans l'Hexagone, le candidat n'a pas pu avoir des contacts directs avec ses compatriotes pour promouvoir ses idées pour le developpement du Niger.

Il a dû mener une pêche aux voix par procuration, préjudiciable à tout point de vue, puisque le chef de l'Etat sortant a rempilé haut les mains. Quelque peu affaibli par ses ennuis judiciaires, Hama Amadou est quasiment absent de la scène politique de son pays.

Son parti, le Moden Fa Lumana, a aussi pris un coup à cause de cet éloignement, tant on n'ignore pas son leadership et son influence auprès des militants. Sans oublier que d'autres cadres de sa formation ont également maille à partir avec les juges.

Pourra-t-il, dans ces conditions, faire briller son étoile à l'élection présidentielle de 2021 ? Des doutes subsistent, dans la mesure où la machine Hama, censée faire trembler le président Issoufou, est en train de perdre des énergies.

Il n'est donc pas évident, que l'ancien allié du chef de l'Etat nigérien, devenu son ennemi juré, fasse mouche au prochain scrutin présidentiel. Est-ce à dire que ses ambitions pour la magistrature suprême sont définitivement compromises ?

On ne saurait le dire. Toujours est-il, que le président Issoufou règne en maître absolu sur le Niger, même s'il ne peut pas briguer un troisième mandat en vertu des dispositions constitutionnelles.

Il a beau clamé, que Hama Amadou n'est pas un prisonnier politique, mais un citoyen devant des comptes à la justice, les proches de l'opposant n'y croient guère. Pour eux, il a travaillé à « décapiter » l'homme dans sa dimension politique. Si tel est l'agenda secret de Issoufou, force est de reconnaître que son coup a réussi.

L'opposant en chef a véritablement pris du plomb dans l'aile et aura fort à faire pour sortir la tête de l'eau. Il devra alors user de son expérience politique et de ses capacités de stratège pour redorer son blason.

En politique, on reçoit des coups de divers ordres, mais il faut savoir se relever à chaque fois que de besoin.

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