15 Mars 2017

Centrafrique: Les enfants, victimes à long terme des conflits

Photo: Pierre Holtz/UNICEF
Enfant portant un fusil dans le nord-ouest de la République centrafricaine.

Selon l'Unicef, plus de 850 enfants ont été recrutés pour combattre en 2016 en Syrie. En Centrafrique aussi, les traumatismes du conflit sont encore visibles sur les enfants et les jeunes.

Alaa a neuf ans. Avec sa famille, elle a dû quitter Alep, dans le nord de la Syrie, il y a cinq ans. Mais les souvenirs des attaques sont restés vifs dans sa mémoire, comme elle l'a raconté à notre collègue Carsten Kühntopp:

"Je n'ai rien pu prendre à la maison, car le bruit, les tirs, devenaient toujours plus forts. On n'a rien pu prendre, même pas ma poupée ou ma robe pour les fêtes. Dans la rue, j'ai vu du feu et de la fumée, des gens qui couraient, des blessés. Et même une fille qui avait été séparée de ses parents."

Davantage besoin de psychologues

Un enfant syrien sur trois n'a connu que la guerre selon les Nations unies. Lors de la crise post-électorale de 2011 en Côte d'Ivoire, les ONG alertaient sur les nombreuses violences sexuelles dont étaient victimes les jeunes. En Centrafrique, quatre ans après le début du conflit entre la rébellion Séléka et les anti-Balaka, les stigmates sont encore nombreux.

Des jeunes sont encore séparés de leur famille ou mis au ban des communautés, car ils ont été enrôlés dans les groupes armés. Une expérience traumatique qui continue de les hanter pour longtemps, nous dit Rémy Djamouss, président de l'ONG Centre pour la Promotion et la Défense des Droits de l'Enfant (CPDE) joint à Bangui.

"On demande à un enfant, qu'est-ce que tu veux devenir dans la vie? Je veux devenir Seleka ou anti-Balaka. Cela veut dire que ça transforme même la vision des enfants. Quand on donne un papier à un enfant, qu'on lui dit fais-moi un dessin, il dessine une arme, un militaire, etc... La mémoire des enfants aujourd'hui, ça pose problème. C'est pourquoi je dis que la République centrafricaine a plus besoin de psychiatres, de psychologues, que de forces armées."

Selon Rémy Djamouss, il n'est pas rare que des élèves arrivent avec des armes en classe - si leur école est encore debout. L'ONG se bat aussi pour que les enfants qui sont emprisonnés avec des adultes - une centaine - soient mis dans des centres d'accueil adaptés. Or selon lui, de telles structures n'existent pas en RCA.

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