16 Mars 2017

Afrique: Un an après son entrée en vigueur, les migrants et les réfugiés paient le prix fort de l'accord entre la Turquie et l'Union Européenne

communiqué de presse

Athènes/Bruxelles/Paris — Un an après l'accord entre la Turquie et l'Union Européenne (UE), Médecins Sans Frontières témoigne des lourdes conséquences de sa mise en œuvre pour les réfugiés et les migrants en Grèce et dans les Balkans.

Il y a un an, le Conseil européen déclarait que l'accord, par lequel la Turquie s'engageait à réduire le flux de réfugiés et migrants en direction de la Grèce et à accepter ceux qui seraient renvoyés par les autorités grecques, offrirait aux migrants « une alternative à la mise en danger de leur vie ». Or aujourd'hui, de nombreux hommes, femmes et enfants sont bloqués dans des pays frontaliers de l'Europe où ils ne bénéficient d'aucune protection, ou coincés sur les îles grecques, dans des camps de rétention surpeuplés.

Les retards dans l'enregistrement et dans le traitement des demandes d'asile ont transformé les îles grecques de lieux de transit en lieux de confinement où s'entasse la population des camps qui a doublé en l'espace de six mois. Certains réfugiés et migrants ont passé jusqu'à un an dans des abris temporaires inadaptés aux conditions hivernales et dépourvus de chauffage et d'eau chaude.

Le système de gestion des demandes d'asile et de transfert des réfugiés vers d'autres pays européens, lent et opaque, laisse des milliers de personnes dans une attente indéterminée, sans perspective.

« Ces personnes ont souvent fui des violences extrêmes, la torture et la guerre, et ont survécu à des voyages extrêmement dangereux, explique Jayne Grimes, psychologue MSF à Samos. Aujourd'hui, leur anxiété et leurs angoisses se nourrissent du manque d'information concernant leur statut juridique, et des mauvaises conditions de vie dans lesquelles elles sont maintenues ».

Dans un rapport publié aujourd'hui, MSF souligne que ses psychologues sur l'île grecque de Lesbos, en Grèce, ont vu augmenter de façon significative au fil de l'année le pourcentage de patients présentant des symptômes d'anxiété et de dépression, ou d'un stress post-traumatique. Les équipes MSF à Samos, qui fournissent des consultations de santé mentale, ont constaté ces derniers mois une nette augmentation des blessures auto-infligées et des tentatives de suicide.

Par ailleurs le long de la route des Balkans, en Serbie et en Hongrie, ces dernières semaines le nombre de patients qui ont signalé aux équipes MSF des traumatismes liés à des violences subies pendant le voyage est en augmentation.

Médecins Sans Frontières intervient auprès des demandeurs d'asile et des migrants en Grèce depuis 1996. En 2015, MSF a répondu à l'afflux quotidien de milliers de personnes sur les îles grecques en provenance de la Turquie. Aujourd'hui, des équipes MSF travaillent dans plus de 20 endroits à travers la Grèce, principalement en fournissant des soins de santé mentale, des soins de santé sexuelle et reproductive et en traitant des patients atteints de maladies chroniques. En 2016, les équipes médicales de MSF en Grèce ont effectué 72 740 consultations médicales, dont 8 207 consultations en santé mentale et 3 195 consultations en santé sexuelle et reproductive.

MSF travaille en Serbie depuis la fin de 2014, en fournissant des soins médicaux et des soins de santé mentale, et en établissant des abris, des installations en eau et assainissement, aux points d'entrée et de sortie du pays ainsi que dans la capitale, Belgrade. Depuis le début de 2016, nos équipes gèrent un dispensaire et mènent des consultations mobiles à Belgrade, en fournissant des soins de santé générale et mentale, et en distribuant des articles de première nécessité.

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