17 Mars 2017

Congo-Kinshasa: Déblocage des discussions directes - Félix Tshisekedi cherche à rencontrer Joseph Kabila !

*C'est la reprise de tous les espoirs. Hier, en effet, la CENCO a relancé les échanges pour la finition des arrangements particuliers sur fond d'un malaise au Rassemblement où la question de la succession d'Etienne Tshisekedi alimente encore les débats. Mgr Marcel Utembi, mesurant l'ampleur du problème, a tranché.

Pour le présidium des princes de l'Eglise catholique, le sujet est d'ores et déjà réglé par la restructuration effectuée, le jeudi 2 mars et ayant porté Félix Tshisekedi et Pierre Lumbi Okongo à la tête de cette plateforme. Autant dire qu'avec Olenghankoy dans la salle, lors des travaux, les esprits se sont quelque peu surchauffés. Majorité, Opposition et société civile ne sont pas parvenus à trancher sur les divergences. Ainsi, la liste de points de discorde s'est-elle de nouveau rallongée. Mais, la grande nouvelle du jour est, assurément, la volonté affichée par le Rassemblement, plus précisément, par son Président Exécutif et Autorité Morale, Félix Tshisekedi, de rencontrer le Président Kabila afin que toutes les divergences liées notamment, à la question du Premier Ministre, et de la mise en œuvre de l'Accord du 31 décembre 2016, soient vidées.

Les délégués de la Majorité Présidentielle n'ont pas accueilli la nouvelle d'une bonne oreille. Mieux, ils l'ont, carrément, rejetée. "La proposition n'a pas été bien accueillie par la Majorité. C'est pour cela que nous allons faire une proposition de formulation demain. La proposition de la CENCO, c'est pour débloquer ", a déclaré aux journalistes, l'Abbé Donatien Nshole, au sortir de la plénière.

Cinq points de discorde

De la plénière de ce jeudi 16 mars 2017, il peut être retenu que les sujets qui divisent se sont multipliés. Deux points existaient déjà avant la mort d'Etienne Tshisekedi. Et, d'autres s'y ajoutent après sa disparition. A l'aube du 28 janvier, c'est le mode de désignation du futur locataire de la Primature et le rôle de la CENCO après les discussions directes qui opposaient diablement, les parties prenantes.

A présent, il va falloir y ajouter la répartition des postes ministériels entre les composantes, le chronogramme de l'application de l'Accord. Par là, il faudrait comprendre le timing de la formation, de l'investiture, de l'entrée en fonction du Gouvernement et, enfin, de l'horizon tracé pour les élections. En sus, désormais, la Majorité présidentielle souhaite que la succession de Tshisekedi à la tête du CNSA soit remise sur la table de discussions. Car, pour les ténors de la Majorité, un consensus doit être trouvé autour de la personne devant coiffer cette institution impérieuse durant la transition.

Selon les prescriptions du compromis de la Saint-Sylvestre, ce poste revenait au Rassemblement et, de la sorte, devait être occupé par le président du Conseil des Sages du Rassemblement qui, aujourd'hui, est attribué à Pierre Lumbi. Mais, loin de la Majorité dont ce dernier a été un des sociétaires, une nouvelle fronde couve du côté du Front pour le Respect de la Constitution qui estime, pince sans rire, que ce poste aurait été confié à la personne de Tshisekedi en raison de son poids politique, par consensus. D'où, pour Eve Bazaïba et les siens, tout congolais capable d'obtenir un consensus peut convoiter la présidence du CNSA. Comme quoi, cette reprise des discussions directes s'annonce palpitante.

Interpellation

Les Evêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo ont sérieusement interpelé les politiques. Selon Marcel Utembi, il est étonnant de voir les discussions sur les arrangements particuliers prendre plus de temps que celui consacré pour conclure un Accord. Tout en dénonçant les manœuvres tendant à l'enlisement, il a, toutefois, lancé un vibrant appel à l'amour de la patrie.

Sachant que ce dernier tablait sur les élections et le premier sur le partage du pouvoir, la déduction est inquiétante, pour Fridolin Ambongo. Le Vice-président de la CENCO, Mgr Fridolin Ambongo, a fustigé les attitudes partisanes et la tendance à la sauvegarde des intérêts personnels des politiciens congolais. " Je crois qu'il appartient au peuple de leur signifier ses mauvaises humeurs par rapport à ce genre de comportement où deux petites questions qu'on pouvait facilement régler, traînent en longueur comme si la souffrance du peuple ne leur disait rien ", a-t-il lâché.

Espoir ?

Ce vendredi à 16 heures, les discussions devraient reprendre au Centre interdiocésain. A quoi doit-on s'attendre ? Toutes les surprises sont, en tout cas, à considérer comme faisant partie de l'exercice politique. Mais, tout compte fait, il faudra que les délégués qui, eux aussi, sont des humains, prennent la mesure de leurs responsabilités devant cette espèce de cataclysme qui s'annonce. Le pouvoir d'achat dégringole. La monnaie chute. Les difficultés se renforcent et se multiplient. Puis, les tracasseries de toutes sortes font le lit de la vie quotidienne des congolais.

A cela, il y a lieu d'ajouter l'insécurité et les incertitudes qui brument l'horizon des élections tant attendues à fin décembre 2017. L'unique moyen de sortir de l'impasse, comme cela l'a été, d'ailleurs, en décembre 2016, c'est de mettre tout le monde ensemble, dans un même paquebot, pour une transition consensuelle et non conflictuelle. Joseph Kabila, reconnu Président de la République, même par Etienne Tshisekedi jusqu'à ses dernières minutes de la vie sur terre, n'aurait-il pas mieux fait de se placer au-dessus de la mêlée, pour tempérer les ardeurs des siens et, calmer les appétits gloutons des autres ?

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