17 Mars 2017

Congo-Kinshasa: Session de mars 2017 pour quel changement social / Kengo accuse - "Le problème est dans la gestion de l'économie du pays"

Le contexte politique est plus spectaculaire, cette fois-ci, car, c'est en fait lors de l'ouverture solennelle de la Session ordinaire de mars 2017 au Parlement que les grandes perspectives ont été annoncées. A commencer par la reprise des discussions directes menées par la Cenco, les appels urgents pour la signature de l'arrangement particulier, et, enfin, au relèvement de la situation socioéconomique qui, du reste, a atteint le summum du supportable.

Néanmoins, le budget, l'économie, la défense et l'environnement sont parmi les points saillants des grandes annonces de cette session parlementaire. Mais, la question qui taraude les esprits est celle de savoir quels changements apporteront cette session ordinaire du mois de mars ?

En effet, Léon Kengo à l'estrade de son perchoir ne s'est pas empêché d'insister sur l'existence de l'Accord de la Saint- Sylvestre obtenu après plusieurs tractations et concessions. "Nous souhaitons que cet Accord, en ce compris son Arrangement particulier, soit respecté et appliqué de bonne foi et dans les meilleurs délais afin de respecter les échéances électorales". C'est une partie de la réponse. Pour sa part, le speaker de l'Assemblée Nationale a déclaré que : "le gouvernement devra faire de l'amélioration du social des Congolais une préoccupation prioritaire nonobstant la mobilisation des fonds pour l'organisation des élections attendus pas tous". C'est un souhait important. Mais, ce tableau peint, on ne peut plus sombre, est enrichi par un état des lieux dressé par le Président du Sénat qui conclut que la situation sociale de la RDC est morose.

"La situation sociale du peuple a atteint les limites du supportable". Il est allé plus loin pour décrier la montée vertigineuse de l'inflation qui a plus engendré l'emballement de prix et la détérioration du Franc congolais.

Le peuple congolais a un pouvoir d'achat périclité qui donne en moyenne une chute estimé entre 40 et 50% du dernier salaire perçu.

Pour ce faire, la cause n'est pas à rechercher dans la chute de cours de minerais. Kengo dit : "Cette situation n'est pas le reflet du poids économique réel de notre pays. Le problème est donc dans la gestion de l'économie du pays".

Mauvaise gouvernance

Pour donner une idée concrète de la gestion de l'économie, il y a lieu de prendre le cas de Transco. Cette entreprise de transport est au bord de la faillite à cause de la mauvaise gouvernance. Tous les signaux sont au rouge pour cette compagnie qui a été inaugurée avec pompe en 2013. Tenez, trois ans après son lancement, Transco bat de l'aile. Cette entreprise est marquée par une absence totale de stock de pièces de rechange et avait connu un décaissement de fonds effectué de manière cavalière en violation de la sécurité bancaire, octrois de marché sans appel d'offre public, ponction régulière des recettes etc., donc Transco a été gérée au petit bonheur.

Cependant, il faut craindre que des lignes soient vite fermées, seulement par manque de pneus. Un autre cas similaire à joindre à la megestion est celle d'une entreprise de Transport de Kinshasa (Transkin). Les bus sont introuvables aux arrêts de Kinshasa. Kengo n'a pas tort de pointer du doigt accusateur la mauvaise gouvernance qui mine le social de la population. Car on a souvent trompé la population avec la chute des minerais alors que le problème est ailleurs dans la gestion de la chose publique.

Economie et social

Concernant la chute du pouvoir d'achat, le Gouvernement est invité à entamer des discussions franches avec tous les partenaires sociaux afin de déterminer des mesures compensatoires qui s'imposent. Un pacte social est nécessaire dans la conjoncture actuelle. Pour Kengo wa Dondo, la situation sociale de la population ne doit pas être l'otage de l'enlisement politique. Et, tenant compte de l'urgence, il recommande d'arrêter la dégradation des prix des produits de première nécessité afin de soulager le panier de la ménagère. "Au-delà de l'urgence, il faut penser à l'avenir. Et l'avenir se construit aujourd'hui", prévient Kengo.

Environnement

Le gouvernement congolais et de la ville-province de Kinshasa semblaient avoir pris la mesure des risques sociaux issus des problèmes environnementaux, et « déclaraient la guerre » à la pollution à travers l'évacuation des immondices issues des décharges publiques qui poussent comme des champignons à travers la ville de Kinshasa. La pollution n'est-elle pas un signal très clair de la nature face à une gestion inefficace et mauvaise ! Améliorer l'environnement n'est donc pas un problème de chute de prix des minerais.

Quels changements pour la session de mars 2017 ? Un contrôle parlementaire rigoureux et sans complaisance peut résoudre la sempiternelle question socioéconomique de la population.

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