17 Mars 2017

Cameroun: Mettre plus de moyens dans l'enseignement technique

Les journées portes ouvertes de l'enseignement technique et professionnel, prévues trois jours d'affilée (du 16 au 18 mars) sur l'étendue du territoire national, permettent de braquer les projecteurs sur un volet important de notre système d'éducation nationale.

Au-delà des petites trouvailles et curiosités qui sont présentées au public par les jeunes apprenants, cet événement mérite bien qu'on s'y attarde, pour apprécier l'apport et la place que devrait occuper cet ordre d'enseignement dans la perspective de l'émergence du Cameroun à l'horizon 2035. Qu'il s'agisse du sous-système anglophone où l'actualité est toujours dominée par les difficultés liées à l'effectivité des cours dans les deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ou du sous-système francophone où l'année scolaire a amorcé sa vitesse de croisière, le constat, peu reluisant, est le même.

L'enseignement technique et professionnel, longtemps affublé de préjugés et considérations peu glorieuses, est taxé de refuge pour les cancres et ratés de l'enseignement général. A en croire certains pédagogues qui ont longtemps plaidé pour la promotion de cet enseignement, il serait le parent pauvre de l'éducation nationale. Le premier constat est qu'il y a plus d'établissements d'enseignement général que d'établissements d'enseignement technique et professionnel, à travers le pays. Il y en a moins en zone rurale qu'en milieu urbain.

Les observateurs relèvent aussi que les collèges et lycées techniques et professionnels sont mal et sous-équipés, au point que certains établissements ne disposent ni du laboratoire, ni des réactifs et autres équipements indispensables aux travaux pratiques. Dans ce contexte, les apprenants ne seraient en rien différents de ceux des établissements d'enseignement général. Les contenus de la formation qui ne sont pas toujours contextualisés, ni actualisés, sont parfois en contradiction avec l'environnement national, local...

Les enseignants, qui pour la plupart, rechignent à regagner leurs postes dans les établissements reculés du pays, ne sont pas toujours exempts de tout reproche : certains spécialistes se font rares. Face à cette situation où les responsabilités de la communauté éducative sont partagées, les pouvoirs publics ne croisent pas les bras. L'ouverture du premier lycée agricole du pays, dans la ville de Yabassi, région du Littoral, au mois de janvier 2017, est un début de solution à la professionnalisation de l'enseignement technique et professionnel. Cette expérience devrait être dupliquée à travers le pays, en vue de former une masse importance de techniciens et autres agents de développement.

Le privé devrait emboîter le pas à l'Etat, en s'engouffrant dans cette brèche. Les promoteurs du secteur ont un filon à exploiter. Mais en attendant la mobilisation du privé, les pouvoirs publics gagneraient à revoir les contenus de formation de l'enseignement technique et professionnel, accorder plus d'attention aux collèges et lycées techniques et professionnels, doter ces établissements d'équipements modernes et appropriés... En un mot comme en mille, il faut surtout mettre plus de moyens pour améliorer les conditions d'apprentissage, motiver particulièrement les enseignants et intéresser les apprenants.

Cameroun

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