18 Mars 2017

Congo-Kinshasa: Discussions directes - Primature - Vers un tête-à-tête Kabila-Lumbi !

C'est fait. Et, non sans peine. La question du mode de désignation du futur Premier Ministre du Gouvernement de transition devant conduire le pays aux élections est, désormais, tranchée.

Hier, en effet, les parties prenantes au dialogue inclusif que préside la CENCO ont trouvé un juste milieu sur ce sujet qui, depuis des semaines si pas des mois, a vu le Rassemblement et la Majorité Présidentielle s'entredéchirer. Finalement, le futur locataire de la Primature devra être nommé par le Président Kabila après consultation avec le président du Conseil des sages du Rassemblement. Autant dire, en clair, que l'oiseau rare sera connu à l'issue du face-à-face entre Joseph Kabila et son ancien conseillé spécial, Pierre Lumbi Okongo. Reste à savoir quand est-ce que ladite audience sera programmée. Aux dires de quelques délégués aux discussions directes, ce rendez-vous aura probablement lieu la semaine prochaine.

"Il y a eu des avancées significatives. Il a été convenu que le Premier ministre sera nommé par le Président de la République après consultation avec le Président du Conseil des sages du Rassemblement. La question dépend maintenant de quand les deux hommes vont se rencontrer ", a confié Vital Kamerhe aux journalistes après les travaux.

La plénière du vendredi 17 mars 2017 a été celle de la grande moisson pour les Evêques de la Conférence Episcopale Nationale du Congo. Car, à plus d'un titre, des avancées significatives ont été notées çà et là. Outre la problématique du mode de désignation du Premier Ministre, la question du dispatching des ministères de souveraineté et celle de la succession du lider maximo à la tête du Conseil National de suivi de l'accord ont, d'après différents participants, connu des dénouements. D'où, pour eux, les discussions directes se dirigent à présent vers un épilogue qui ne saurait dépasser la date du 25 mars 2017.

Réunification du Rassemblement

La CENCO s'est résolue à offrir ses bons offices au Rassemblement afin de chasser, définitivement, le démon de la séparation. Hier, une première séance de travail a eu lieu entre les deux principales factions de cette plateforme. Les espoirs restent permis.

Félix Tshisekedi, pour sa part, s'est montré optimiste, estimant que la paix était à l'horizon. "... Il était mon voisin toute la journée. On a rigolé. On a parlé. En famille, il y a parfois de problème. Je crois que c'est en voie de se terminer ", a-t-il dit, parlant de Joseph Olenghankoy. Aujourd'hui, les figures de proue de ce regroupement politique devront avoir une ultime rencontre sous l'arbitrage des princes de l'Eglise Catholique.

Vers l'épilogue

C'est pour ce lundi 20 mars, la prochaine plénière dans le grand format. Entretemps, des tractations sont en cours le week-end notamment, entre le Rassemblement et la majorité pour tabler sur les aspects qui achoppent. De sorte que lors de la reprise, qu'il y ait moins des blocages. Pour Delly Sesanga, la fin est proche si tous les délégués manifestent de la bonne volonté. A l'en croire, ce mardi au plutôt, les discussions sur les arrangements particuliers peuvent être clôturées. "On n'est pas à l'abri des surprises, mais là on a avancé. On peut espérer que la semaine prochaine on signera cet arrangement particulier. La question du CNSA bloque encore ainsi que le rôle de la CENCO. Nous avons avancé sur la primature ", dixit Félix Tshisekedi. Vital Kamerhe, quant à lui, a révélé que la question du chronogramme d'application de l'Accord sera réglée à la fin.

Marcel Utembi va parler à l'ONU

Le président de la conférence épiscopale nationale du Congo est invité à prendre la parole au Conseil de sécurité des Nations Unies. C'est au plus tard ce 24 mars, date annoncée par des susurreurs comme celle de la prise d'une résolution par cet organe délibérant de l'ONU. Le number One de la CENCO va devoir mettre les points sur les "i " quant à la situation qui prévaut tant au pays qu'au niveau de l'avancement des discussions directes que pilote sa structure depuis le 8 octobre 2016. Malgré la venue d'un accord en décembre de la même année, deux mois plus tard, aucune ligne de ce compromis politique n'a été appliquée. La perspective de cette communication de l'Evêque de Kisangani sonne comme une pression de plus sur les parties prenantes au dialogue inclusif. Reste à savoir si cette dernière saura mener les uns et les autres à la raison afin que les arrangements particuliers signés et qu'ainsi, que l'application de l'Accord de la saint Sylvestre débute.

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