18 Mars 2017

Madagascar: Antsakabary - La version de la CNIDH

Tout a commencé par une histoire de vol de deux canes. Le voleur a négocié avec le propriétaire de ces canes en ayant affirmé être prêt à donner 100 000 Ariary et deux autres cannes.

Mais ce dernier a refusé et a porté l'affaire devant le Maire d'Antsakabary qui a demandé l'aide du District de Befandriana-Nord. Par voie de conséquence, deux éléments de la police de Befandriana y ont été envoyés pour régler le problème. Durant leur trajet, ils ont commis des abus tels que la prise de marchandises sans les payer et aussi, la soustraction d'une somme de 100 000 Ariary d'un jeune homme qui voulait acheter du miel à Antavenina. A partir de ces agissements, ce dernier les a pris pour des « dahalo » et a requis à ce qu'ils soient détenus. Le Maire d'Antsakabary, lors d'une réunion avec le « fokonolona » et les responsables des « fokontany », a confirmé que ce sont des policiers et qu'ils ont reçu un ordre de mission.

Ils ont même préconisé à ce que soient fouillés ces agents de la police. Ayant entendu cela, surtout après qu'un quartier mobile et un instituteur ont fait irruption dans la salle de réunion, les policiers ont pris la fuite en lançant des tirs en l'air. Pourtant, une foule en colère les attendait déjà, eux qui étaient également poursuivis par celle qui était en réunion avec le maire. Il n'y a plus d'issue possible pour les deux policiers et le « fokonolona » s'est acharné sur eux avec des couteaux, des cailloux et des moellons causant leur décès.

Expédition. Le Maire et son adjoint ont pris en charge des dépouilles mortelles des deux policiers. Entre-temps, l'écho de l'affaire a retenti jusqu'au niveau du ministère de la Sécurité publique. Par la suite, des éléments de la FIP de Mahajanga, renforcés par ceux de Port-Bergé, de Mampikony ont été dépêchés à Antsakabary. Durant leur trajet, avant de pénétrer le lieu, ils ont croisé le cortège funèbre des deux policiers et ont tout de suite agi. Ils ont arrêté le Maire et son adjoint, les ont menottés. Les autres éléments de l'expédition se sont occupés des dépouilles qu'ils ont convoyées à Befandriana quand les autres ont conduit le Maire et son adjoint à Antsakabary.

Arrivés sur le lieu, les éléments de la police ont mis le feu dans le village engendrant la calcination de 484 maisons et le décès d'une vieille dame morte dans les flammes. Ils ont également torturé ceux qui refusaient d'incendier leurs maisons. Par ailleurs, des tentatives de viol ont été enregistrées. Après ces actes odieux, le Maire et son adjoint ont été contraints de rédiger et de signer une déclaration mensongère, dictée par les policiers, et qui relatait que « la police n'a pas incendié le village d'Antsakabary. C'est une personne qui souffre de démence qui en est l'auteur ». Jusqu'à maintenant, c'est la version reconnue par la police nationale.

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