18 Mars 2017

Congo-Kinshasa: Massacre de Mwanza Lomba - La justice militaire arrête sept soldats

Lors d'une conférence de presse, la justice militaire a annoncé plusieurs arrestations dans l'affaire de la vidéo de l'exécution de présumés miliciens Kamuina Nsapu. On y voyait des hommes en uniforme tirer sur des civils pour la plupart désarmés. Le gouvernement congolais avait qualifié de « montage grossier » ces images tournées en un seul plan et diffusées sur les réseaux sociaux. La justice militaire dit autre chose.

La justice militaire a annoncé avoir arrêté et inculpé sept militaires soupçonnés d'être à l'origine du massacre de Mwanza Lomba, et plus précisément dans la petite localité voisine de Bena Tshikasu au Kasaï-Central. L'auditeur général des Forces armées congolaises (FARDC), le général Joseph Ponde, a livré ce samedi matin les premières informations de l'enquête préliminaire

« Nous avons mis la main sur sept suspects, tous éléments FARDC. De l'instruction entreprise, de l'exploitation de la vidéo et de descentes sur les lieux du crime, les préventions ci-après ont été retenues à la charge des suspects : crimes de guerre par meurtre, crimes de guerre par mutilation, crimes de guerre par traitement cruel, inhumain et dégradant, refus de dénonciation d'une infraction commise par des justiciables ou des juridictions militaires », a détaillé le général Joseph Ponde.

« Pour compléter ces premières investigations, l'auditorat général se propose de requérir l'expertise exigée pour l'exploitation des données sur les téléphones cellulaires saisis, ainsi que deux tombes localisées dans la périphérie de Mwanza Lomba. Et ceci afin d'identifier les différentes victimes, ainsi que le mode opératoire de leurs bourreaux. Une demande d'appui dans ce sens avait d'ailleurs été adressée aux cellules d'appui aux poursuites de la Monusco, en date du 25 février 2017. Cette demande demeure d'actualité, étant donné que les investigations doivent se poursuivre. »

Des magistrats militaires devraient poursuivre leur mission la semaine prochaine. L'auditeur général a promis que les autres allégations de fosses communes et les autres vidéos en circulation feraient toutes l'objet d'une enquête.

Inquiétude de la Monusco

De son côté, la Monusco exprime ses vives préoccupations sur des probables nouvelles violences à Kananga entre mardi et vendredi dernier. La mission de l'ONU dit avoir reçu des informations crédibles selon lesquelles un nombre important de personnes auraient été tuées.

La Monusco pointe les attaques des miliciens Kamuina Nsapu contre les institutions et symboles de l'Etat, mais également l'utilisation disproportionnée de la force par les forces de défense et de sécurité, qui ciblent notamment des civils, dont des femmes et des enfants. Dans la nuit de mardi à mercredi, ces opérations militaires à Kananga ont conduit à un grand nombre de victimes, affirme la Monusco.

La Monusco est aussi très préoccupée par les restrictions à sa liberté de circulation ces derniers jours, ce qui limite la capacité de la Mission à mettre en œuvre son mandat.

Le Kasaï-Central est en proie à l'insurrection Kamuina Nsapu, depuis la mort, lors d'une opération militaire, d'un chef coutumier local, entré en conflit avec le pouvoir.

Congo-Kinshasa

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