18 Mars 2017

Congo-Kinshasa: Le prochain 1er ministre sera nommé après concertations entre le chef de l'Etat et le Rassemblement

La Cenco vient de gagner la première manche en levant, de manière consensuelle, l'obstacle sur la voie de la nomination du nouveau Premier ministre en application de l'Accord du 31 décembre 2016. Le prochain chef du gouvernement sera nommé après concertations entre le chef de l'Etat et le Rassemblement. Ce premier pas franchi, il appartient désormais aux parties prenantes aux discussions au centre interdiocésain de se parler et d'agir.

Ce n'est pas encore la fumée blanche, mais ce qui est sorti hier vendredi du Centre interdiocésain ne s'éloigne pas trop de cette réalité.

Au deuxième jour de la reprise des négociations directes, le blocage sur la manière de désigner le nouveau Premier ministre ne constitue plus un obstacle. Les évêques ont proposé et obtenu que cette nomination intervienne après concertation entre le Rassemblement et le chef de l'Etat.

Cette question a déchiré la Majorité présidentielle et le Rassemblement pendant plusieurs semaines sans qu'aucun consensus ne puisse être dégagé.

La majorité présidentielle, tenant sur le pouvoir discrétionnaire du chef de l'Etat, demandait une liste de candidats Premier ministre. Quant au Rassemblement, il s'en tenait au texte de l'Accord global et inclusif du 31 décembre 2016 qui parle d'un seul candidat premier ministre.

Concertations Joseph Kabila-Rassemblement

Le président Kabila qui tient à son pouvoir discrétionnaire sur le choix du chef du gouvernement, afin que cela ne soit pas un simple entérinement d'un Premier ministre désigné ailleurs, aura ainsi le loisir de récuser, discuter, voire de suggérer des noms au Rassemblement, ou, par élégance politique, pourrait se limiter à tracer le profil qu'il souhaiterait avoir.

Ce qui importe est que lors de ces concertations, peu importe la forme que cela prendra, tout le monde en sortira gagnant. Personne ne perdra la face grâce à la perspicacité des évêques qui ont tout fait pour éviter que ce point mineur ne mette en danger l'ensemble de l'accord.

La Majorité présidentielle, qui avait sollicité et obtenu de la médiation une suspension des travaux, est revenue dans la salle avec cette bonne nouvelle qui a permis de créer un climat d'apaisement pour la suite des événements.

Cette étape passée, selon des sources du Rassemblement, une correspondance a été adressée au chef de l'Etat pour solliciter une audience en vue de traiter de plusieurs questions d'actualité maintenant que la voie semble balisée pour un atterrissage en douceur des négociations.

Encore quatre points de divergence

Quand aux pourparlers proprement dits, il reste encore quatre points de divergences à traiter particulièrement le poste de président du Conseil national de suivi de l'accord (CNSA) que devait occuper Etienne Tshisekedi.

La MP a remis cette question sur la table soutenue dans cette démarche par le Front pour le respect de la Constitution, piloté par le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean Pierre Bemba. Cette composante ne jure que par le contrôle de la présidence de cette institution stratégique de la transition.

Conformément à l'accord, c'est le président du Conseil des sages du Rassemblement à qui devait revenir de droit ce poste. Les autres ne l'entendent pas de cette oreille et souhaiteraient que la question soit passée encore aux débats.

De son point de vue, Vital Kamerhe souhaite qu'on évite "d'ouvrir la boite de pandore" puisqu'en rediscutant de cette question, d'autres peuvent également monter à la surface et mettre en mal l'ensemble de l'accord.

L'autre point de divergence reste le rôle que la CENCO devra jouer pendant cette période de transition. La MP n'entend pas voir les évêques de l'Eglise catholique s'immiscer dans la gestion de la transition. Si tel est le cas, il faudra associer aussi les autres confessions religieuses.

La répartition de 64 portefeuilles du prochain gouvernement est aussi un point de divergence. La MP et le Rassemblement doivent se mettre d'accord sur le partage des ministères de souveraineté (Défense, Intérieur, Affaires étrangères, Finance).

De même, les délégués au Centre interdiocésain ne se sont pas encore mis d'accord sur le chronogramme des actions du CNSA pendant la période préélectorale.

Une semaine pour conclure

Dans son discours à l'ouverture de la session de mars, le président de l'Assemblée nationale, Aubin Minaku, par ailleurs secrétaire général de la Majorité présidentielle, avait déclaré qu'un nouveau gouvernement serait investi au cours de cette session parlementaire.

L'on peut espérer que ce ne sont pas des paroles en l'air et que la MP veut en finir avec ces négociations et aller vers les élections dont la présidentielle et les législatives nationales et provinciales sont prévues en décembre 2017.

De son côté, Mgr Fridolin Ambogo, vice-président de la Cenco, avait confié que tout pouvait aller vite pour vu que les acteurs soient animés de bonne volonté.

La communauté internationale aussi ne cesse de faire pression pour que les négociations soient bouclées le plus rapidement possible. Autant d'éléments qui laissent penser que l'accostage n'est plus loin et pourrait se faire dans les meilleures conditions possibles.

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