18 Mars 2017

Maroc: Le pays à nouveau pointé du doigt pour sa politique envers les migrants

Photo: RFI
Le mur de barbelés qui sépare l'enclave espagnole Ceuta du Maroc.

En pleine offensive diplomatique vers l'Afrique, le Maroc poursuit depuis décembre une politique de régularisation à destination des migrants clandestins. Selon les derniers chiffres officiels, plus de 18 000 demandes ont été déposées.

Le Maroc est toutefois à nouveau pointé du doigt pour des reconduites à la frontière : une vingtaine d'associations de défense des migrants s'alarme du sort de plus de 40 personnes refoulées par les forces de l'ordre vers l'Algérie.

Un communiqué commun de plus d'une vingtaine d'associations au Maroc, mais aussi de la Ligue algérienne des droits de l'homme, dénonce l'atteinte flagrante aux droits de l'homme des deux pays qui refusent d'admettre ces personnes sur leur territoire.

Selon les ONG, deux groupes originaires d'Afrique subsaharienne subsistent depuis plus de 10 jours dans le no man's land séparant le Maroc et l'Algérie.

Quarante-deux personnes se trouveraient actuellement dans le no man's land de 51 km délimité par un mur de barbelés côté marocain, et d'un fossé côté Algérien.

Selon les informations recueillies par les associations, ces migrants originaires du Cameroun, du Mali, du Sénégal ou encore de Côte d'Ivoire, ont été arrêtés dans la région de Tanger et Nador, puis transportés par bus au petit matin jusqu'au poste frontière de la ville d'Oujda.

Dans l'impossibilité de se procurer de l'eau potable et de la nourriture, ces personnes vivent - selon un responsable associatif contacté par RFI - dans des conditions très difficiles. Au moins trois d'entre eux auraient été gravement blessés lors de violences survenues lors de leur arrestation.

Argent et papiers d'identité confisqués, au moins sept personnes ne sont plus en mesure de prouver qu'elles avaient demandé une carte de séjour dans le cadre de la nouvelle vague de régularisation entreprise par le Maroc.

Cela fait plus de 4 ans que le royaume chérifien n'avait plus opéré de refoulements massifs vers la frontière algérienne, en raison de l'adoption en 2013 d'une nouvelle politique migratoire se voulant respectueuse des droits humains.

Pour les associations, ces refoulements interviennent dans un contexte de durcissement des autorités marocaines à l'encontre des migrants.

Début mars avait été annoncé le renforcement de la surveillance de la frontière avec l'enclave espagnole toute proche de Melilla, moins deux semaines après que 850 migrants clandestins soient parvenus à rejoindre l'enclave espagnole de Ceuta.

En savoir plus

Poursuite de la politique de régularisation des migrants clandestins

En pleine offensive africaine, le Maroc poursuit sa politique de régularisation à destination des migrants… Plus »

Copyright © 2017 Radio France Internationale. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.