19 Mars 2017

Ghana: Gouvernement ghanéen de plus de cent membres - It's so much !

Pour un début de mandat à polémique, c'en est un pour le président ghanéen, Nana Akufo-Addo. En effet, après l'affaire de plagiat que l'on a reproché au numéro un des Ghanéens, qui avait fait les choux gras des réseaux sociaux, s'en est suivi un scandale de corruption d'une ministre qui aurait tenté de soudoyer des membres du comité parlementaire chargé d'examiner sa nomination.

Et pour ne rien arranger, Nana Akufo-Addo, déjà sous les feux de la critique, vient de rendre publique une équipe gouvernementale forte de 110 membres.

Gigantesque, éléphantesque et abracadabrantesque, ce sont là autant d'épithètes que l'opinion nationale ghanéenne a vite fait de coller à ce cabinet, le jugeant tout simplement budgétivore. Tant et si bien que le chef de l'Etat s'est vu obligé de se justifier par le truchement du tube catholique national.

Franchement, 110 ministres pour un pays comme le Ghana, it's so much, comme disent les Anglo-saxons. La raison principale est que le pays vit une conjoncture économique sans précédent, qui devrait pousser les dirigeants à plus de mesure et de clairvoyance dans la gestion des affaires.

Mais là, on a l'impression que Nana Akufo-Addo en fait à sa tête ; lui qui, visiblement à la peine et de manière outrancière, a tenu à rappeler que la plupart de ses ministres étaient des députés et qu'ils ne toucheraient qu'un salaire un peu plus élevé.

Ce qui fait dire à certains, à juste titre d'ailleurs, que le chef de l'Etat ghanéen veut ériger le népotisme et le favoritisme en modes de gouvernance.

Toute chose qui paraît pour le moins regrettable, pour un pays jadis considéré comme un bel exemple de démocratie dans la sous-région ouest-africaine. En tout cas, le successeur de John Dramani Mahama voudrait faire négativement parler de lui qu'il ne s'y prendrait pas autrement.

Ce n'est pas la taille d'un gouvernement qui fait son efficacité

Car, même la République démocratique du Congo (RDC) de Joseph Kabila, considérée comme un pays-continent du fait de son gigantisme, n'a jusque-là pas franchi le Rubicon en mettant en place un exécutif de plus de cent membres. On n'ose pas la comparaison avec les Etats-Unis, la Chine ou l'Inde qui, après tout, sont des puissances économiques mondiales, et qui, quand vient l'heure de former un gouvernement, savent garder la tête sur les épaules.

Eux (ces pays) ont compris que ce n'est pas la taille d'un gouvernement qui fait son efficacité. Bien au contraire, un gouvernement pléthorique peut provoquer l'effet inverse, avec des risques de chevauchement et de conflits larvés de compétences. Cela dit, plutôt que d'un « investissement nécessaire » pour redresser le pays comme le dit Nana Akufo-Addo, cela pourrait plomber le fonctionnement de l'ex-Gold Coast.

En tout état de cause, même si le Ghana était une puissance économique mondiale, un gouvernement de 110 ministres, cela ne pouvait passer inaperçu, tant le fait est singulier. Du reste, on se croirait dans un pays en crise, avec un gouvernement de très large ouverture ou dans un hémicycle où sont généralement représentées toutes les sensibilités politiques.

Peut-être faudrait-il envisager des réformes qui, à l'avenir, devraient permettre de limiter l'effectif d'une équipe gouvernementale, comme ce fut le cas au Burkina Faso sous le Transition. Cela, à n'en point douter, permettrait d'éviter certaines dérives.

Ghana

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