19 Mars 2017

Nigeria: Boko haram - Pas si «terrassée» que ça, on dirait

Photo: VOA
Des membres de Boko Haram s'apprêtant à couper les mains de deux individus accusés de vol.

Elle avait pourtant été déclarée « terrassée et battue » selon l'évangile officiel un rien fanfaron après « la reprise totale de la forêt de Sambisa » fin décembre de son sanctuaire du nord-est du pays.

A l'évidence, l'armée nigériane s'est réjouie trop tôt car quand bien même elle a considérablement réduit les capacités opérationnelles de la nébuleuse, la secte islamiste Boko Haram conserve encore son incroyable capacité de nuisance et n'entend surtout pas abdiquer.

Elle en a de nouveau fait la sanglante démonstration samedi dans les environs de Maiduguri , la capitale de l'Etat de Borno où trois kamikazes dont deux femmes ont tué quatre personnes en se faisant sauter quand un membre d'une milice pro-gouvernementale a voulu les contrôler.

On a donc peut-être cassé les reins du Chacal ainsi qu'on surnomme son leader Abubakar Shekau mais force est de constater qu'il a toujours les crocs suffisamment acérés pour les planter là où il veut.

A y bien réfléchir, il n'est d'ailleurs pas certain que la chute de Sambisa soit une bonne affaire sur toute la ligne dans la mesure où ses anciens occupants désormais sans domicile fixe se sont dispersés dans la nature, infiltrant la population et rendant de ce fait leur traque plus que jamais aléatoire.

Pas moins de quinze attaques, pour l'essentiel à la bombe, humaine ou pas, ont de ce fait été perpétrées depuis le début de l'année dans le Borno, preuve s'il en est que la bête qui a mis cet Etat sous coupe réglée depuis maintenant une décennie n'est pas si « terrassée et battue » que ça.

Pas même la dissidence de Khalid al-Barnawi, le gourou d'Ansaru, qui comparaît depuis mardi dernier avec six autres accusés

parmi lesquels sa deuxième épouse, pour enlèvements et assassinats d'étrangers, n'est parvenue à donner un coup fatal à l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest comme il s'est rebaptisé voilà quelques années.

La chasse au monstre demeure donc plus que jamais une priorité. Le président Muhammadu Buhari avait battu campagne et s'était fait élire, on se rappelle, sur ce thème, promettant même de régler cette affaire en un tour de main. Il y a tout lieu de croire que ça semble plus compliqué qu'il ne l'imaginait.

Comment d'ailleurs le commandant en chef peut-il prendre la tête des troupes anti-boko haram avec une santé chancelante qui l'avait obligé à un séjour médical de deux mois en Grande Bretagne dont il n'est rentré que le 10 mars ?

Pour reprendre fonction « progressivement » en attendant sans doute de retourner voir son toubib.

C'est dire si , plus que Shekau et al-Barnawi, c'est surtout contre la maladie que le général livre en ce moment un combat à mort.

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