19 Mars 2017

Burkina Faso: Lotissement à Nioko 2 - Les 20 000 parcelles à problèmes de la SOCOGIB

Contre les conclusions de l'enquête parlementaire qui a dénoncé l'accaparement de 823 hectares, soit plus de 20 000 parcelles par la SOCOGIB, dans la zone de Nioko 2 et les localités environnantes, des individus faisant fi des décisions de retirer les espaces en question sont en train de faire le recensement des habitants et des propriétaires terriens.

Cette opération clandestine, menée avec la complicité de la société immobilière, a fait l'objet d'une rencontre au palais de Naaba Kiiba, chef de Nioko 2, le 18 mars 2017 au cours de laquelle Boniface Kaboré et Laurent Zongo ont été sommés d'arrêter leur démarche pour le moins illégale.

Les populations de Nioko 2 de et des localités frontalières de Kossodo, de Donsin et de Roumtenga ont été victimes de la spoliation de 823 hectares, soit environ 20 000 parcelles, de la part de la SOCOGIB qui entendait y construire des villas à vendre.

Le processus, entamé en 2002, a été émaillé de troubles dont la destruction des bornes du fait de "l'opacité" qui a entouré l'opération. Du maire Zacharia Sawadogo à Anatole Bonkoungou en passant par la délégation spéciale passée et celle actuelle, aucune solution durable n'y a été trouvée. Mais pourquoi en est-on arrivé là ?

"Dès le départ, la mauvaise foi a prévalu : figurez-vous que la SOCOGIB et ses topographes ont commencé les travaux sur le terrain sans aucune forme de concertation avec les populations ni même les notabilités coutumières, dont le chef de Nioko 2. Comme c'était à une époque où rien ni personne ne pouvait rien contre eux, ils ont fait fi de toutes nos critiques", nous explique Ablassé Nikiéma.

Pour sauver ce qui pouvait l'être, Naaba Kiiba de Nioko 2 a mis en place avec des personnes-ressources une commission dirigée par Souleymane Nikiéma. Ce dernier nous confie: "Nous avons ferraillé nuit et jour pour que les populations soient rétablies dans leurs droits après les troubles qu'a connus le pays en 2014 et 2015, nous avons mis nos actions en veilleuse.

Mais un grand espoir est né de l'enquête parlementaire sur le foncier urbain, car notre commission, en présence du chef, a été entendue par les enquêteurs dont les conclusions ont été claires : en effet la SOCOGIB nous a pris 823 hectares au lieu des 430 qu'elle nous avait annoncés.

L'Assemblée nationale a recommandé le retrait pur et simple de cet espace qui va du garage D'EBOMAF jusqu'à la limite entre Nioko 2 et Loumbila en remontant à la prison de haute sécurité pour finir à la lisière de la zone industrielle de Kossodo.

Dieu merci, le gouvernement a entériné cette décision du Parlement, et une commission de mise en œuvre des recommandations vient d'être installée par le Premier ministre.

Comme si les magouilleurs voyaient l'étau se resserrer autour d'eux, ils sont allés s'entendre avec la SOCOGIB pour faire un recensement clandestin à des fins inavouées. Pour nous, la SOCOGIB n'est plus notre interlocuteur, mais l'Etat qui a repris les choses en main".

C'est donc pour prendre l'opinion publique à témoin et inviter les populations à la prudence que le chef de Nioko 2 a convoqué, ce samedi, les 9 personnes-ressources des 9 quartiers de son ressort et ceux des localités voisines(Kossodo, Roumtenga, et Donsin).

"Il y a des recensements qui se font sans que j'en sois saisi. Ça veut dire que je ne suis pas concerné par l'opération. Depuis 14 ans, nous sommes dans la logique du dialogue et de la concertation pour résoudre, au bonheur de tous, le problème créé par la SOCOGIB. Mais ces genres d'actes solitaires et unilatéraux compromettent nos chances et mettent en péril la paix et la quiétude de la population.

Le gouvernement, après le travail de l'Assemblée nationale, s'est saisi du problème; pourquoi cette impatience et ces micmacs?" s'est interrogé le chef avant d'interpeller l'Etat.

"Les choses doivent aller vite et même très vite puisque en plus de ce recensement illégal mené en complicité avec la société immobilière certains propriétaires terriens sont en train de vendre la zone déjà bornée à des particuliers qui, peut-être, ignorent que c'est une zone à problème.

Vous constaterez ainsi la naissance d'un quartier spontané sur le site qui ne fait que complexifier le problème. Si on presse le pas, il y aura assez de parcelles pour tout le monde et on résoudra le problème une fois pour toutes. C'est aujourd'hui qu'il faut agir, pas demain".

Ont pris part à cette rencontre les deux mis en cause dans cette affaire de recensement clandestin : Boniface Kaboré et Laurent Zongo.

Le premier cité a reconnu être en contact avec la SOCOGIB qui a fait la proposition de donner trois parcelles à ceux qui ont un hectare. Séance tenante, on lui a fait savoir qu'entreprendre une telle démarche reviendrait à saper les efforts du gouvernement dans la recherche de solutions aux problèmes.

"Si vous n'arrêtez pas votre travail souterrain, vous serez les seuls responsables des troubles qui pourraient advenir", a prévenu un dans l'assistance ; heureusement sur le vaste site en question, nous avons constaté quelques villas témoins bâties mais rien d'envergure n'a pour le moment été entrepris sauf la naissance progressive de ce quartier spontané dû à la revente de terrains, pratiquée par certains propriétaires terriens qui veulent profiter de la situation.

La balle est dans le camp de l'Etat, car Nioko 2 est un cas d'école où on mesurera certainement, la volonté du gouvernement de traduire dans les faits ses engagements dans ce domaine sensible du foncier.

Notons que le chef a profité de cette rencontre pour exprimer sa reconnaissance aux autorités politiques et administratives qui ont apporté leur soutien aux commerçants du marché de Nioko 2, sinistrés le 10 mars dernier.

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