19 Mars 2017

Burkina Faso: Dette de l'Etat envers les organes de presse

Le ministre porte-parole du gouvernement, Rémis Fulgance Dandjinou a rencontré les représentants des organes de presse, le vendredi 17 mars 2017 à Ouagadougou. La problématique de la dette de l'Etat envers les entreprises de presse était le sujet des échanges.

Tout porte à croire que l'économie des médias burkinabè bat de l'aile. Pourtant, l'Etat leur doit beaucoup, à ce qu'ils disent. Le vendredi 17 mars 2016, ils ont donc rencontré leur confrère ministre en charge de la communication, par ailleurs porte-parole du gouvernement, Rémis Fulgance Dandjinou pour voir comment et quand, l'Etat pourrait honorer ses factures. Etaient présents à cette rencontre avec le ministre, la Société des éditeurs de presse (SEP), l'Union de l'audiovisuelle libre du Faso (UNALFA), et une représentation des médias en ligne.

D'emblée, M. Dandjinou a reconnu que la question des factures impayées de l'Etat envers la presse date de plusieurs années. « Nous avons fait le point en 2016 pour ce qui concerne les médias publics (800 millions pour la RTB et 200 millions pour Sidwaya).

Pour ce qui concerne les médias privés, nous avons interpellé les ministres à travers une communication orale », a-t-il expliqué. Le ministre est bien d'avis que l'accumulation des dettes pèse sur le fonctionnement des médias.

« Une couverture médiatique c'est du carburant, c'est des frais, c'est une disponibilité d'un journaliste, d'une équipe qui est mise en œuvre, et si ce n'est pas rémunéré à son juste prix, c'est du temps et de l'argent perdus », a-t-il convenu avec ses hôtes. Et de renchérir sur le fait que les autorités doivent comprendre que lorsqu'elles demandent une couverture médiatique, il faut s'assurer de la payer.

Cela fragilise les médias, car les facturations sont des éléments importants de leurs recettes financières. A contrario, Rémis Fulgance Dandjinou a souhaité que les médias aussi jouent franc jeu.

Il a fait notamment référence au fait qu'une « foultitude » d'organes de presse se retrouvent souvent à couvrir une activité et adressent une facture par la suite alors qu'ils n'avaient pas été expressément invités.

« L'Etat ne peut pas devoir à tout le monde à la fois. C'est plutôt uniquement à ceux qui ont été conviés », a souligné le ministre. La rencontre avec ces représentants a donc été l'occasion de s'accorder sur ce qu'il y a lieu de considérer comme facture régulière et susceptible d'être payée.

Mais d'ores et déjà, il a rassuré que des actions sont entreprises au niveau de l'Etat pour honorer la dette intérieure de façon générale. Le président de la SEP, Boureima Ouédraogo, notant que cette rencontre aurait dû intervenir plus tôt, a espéré qu'elle favorise le règlement de leurs préoccupations.

Le vœu ultime étant que l'Etat paie sa dette aux médias dans un court ou moyen terme, car, a-t-il dit, l'environnement économique des organes de presse au Burkina Faso est tel que le moindre sou quelque part est un manque à gagner. « Certaines entreprises de presse sont en train de mettre la clé sous le paillasson.

Il n'est pas évident que c'est la dette de l'Etat qui est à l'origine de ces faillites, mais on est quand même en droit de penser que si l'Etat honorait ses créances, des situations auraient peut-être pu être sauvées », a-t-il déclaré.

Selon M. Ouédraogo, cette dette est évaluée à hauteur de 304 millions de F CFA en ce qui concerne la presse écrite privée et datent en général de 2013.

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