19 Mars 2017

Burkina Faso: Entretien avec Joseph Zangréyanogo, ancien secrétaire général de la FBF

interview

Joseph Zangréyanogo est un homme bien empreint du milieu du football. Ancien secrétaire général de la Fédération burkinabè de football, il connaît les rouages des instances du ballon rond mondial. Ce fin connaisseur du sport-roi se prononce dans les lignes qui suivent, sur la chute de Issa Hayatou, battu hier dans les urnes lors du vote du président de la confortation africaine de football à Addis-Abeba.

M. Joseph Zangréyanogo, est-ce que vous vous attendiez à ce résultat des élections au niveau de la CAF ?

J'étais d'accord avec une autre candidature, mais je ne m'attendais pas à ce qu'Issa Hayatou soit battu. Je me disais qu'il sera à mesure de convaincre les uns et les autres comme il avait l'habitude, pour pouvoir passer.

Comme on connaissait sa méthode qui est de travailler avec les plus hautes autorités de chaque pays, on se disait qu'il ne pouvait pas ne pas être réélu.

Qu'est-ce qui a joué en sa défaveur selon vous ?

Ce qui a pesé en sa défaveur, c'est la longévité de son règne. De 1888 à nos jours, c'est beaucoup de temps. Sa santé est aussi un facteur non négligeable de sa défaite. Les gens étaient conscients qu'en dehors du fait qu'il a longue vie, il y a que physiquement, il souffrait. Il l'a lui-même reconnu une fois sur les ondes de RFI.

Ne pensez-vous pas que c'est un nouveau soleil qui se lève sur le football africain ?

Issa Hayatou a fait un certain nombre de choses pour la CAF et le football africain. Là où il avait éventuellement quelque chose à prouver, c'est au niveau du soutien financier à apporter au niveau des fédérations. La CAF ne soutenait pas financièrement les fédérations.

C'est vrai qu'il y avait des séminaires et autres formations, mais comparativement avec la FIFA, la CAF n'apportait pas grand-chose directement aux fédérations, alors qu'elle n'avait pas mal de financements de la FIFA.

Le grand reproche de certains à son encontre, c'est cela, puisqu'il y avait cette possibilité de soutenir les fédérations, ne serait qu'à travers des projets.

On peut alors dire qu'avec le nouveau président, c'est un soleil nouveau qui se lève sur le football africain. En écoutant ce que les uns et les autres disent sur son programme, nous auront de nouveaux défis.

Il préconiserait financer les fédérations et prendre en charge les présidents de fédérations. Je ne sais pas s'il y arrivera mais s'il parvient déjà à aider financièrement les fédérations, ce sera déjà bon.

Au regard du résultat des urnes (34 voix contre 20), ne pensez-vous pas que c'est humiliant pour le président sortant ?

Depuis 1988 à maintenant, c'est plusieurs mandats qu'Issa Hayatou a renouvelés. Comme on le dit très souvent, il faut savoir quitter les choses avant qu'elles ne vous quittent. Il est resté là pendant longtemps et voilà qu'il est battu par Ahmad Ahmad, un nouveau qui est pratiquement méconnu.

Il l'a battu par 34 voix contre 20. L'écart est considérable. Si c'était à 2 ou 3 voix, près c'était compréhensible mais jusqu'à 14 voix, c'est une sortie par la petite porte. Néanmoins il faut reconnaître qu'Issa Hayatou a fait beaucoup de choses pour le football africain.

Quelles peuvent être les attentes vis-à-vis du nouveau président ?

Ce que nous pouvons demander au nouveau président est qu'il s'occupe du football africain et qu'il mette les gens qu'il faut au niveau du comité exécutif. A un moment donné, on s'est rendu compte que pour accéder au comité exécutif de la CAF, ce n'était pas forcément la compétence.

Des fois, c'était lié aux relations qu'on avait avec le président Hayatou. Nous nourrissons l'espoir qu'avec Ahmad Ahmad, on aura d'autres présidents de fédération qui vont accéder à la structure.

C'est dommage que le système ne permet pas un renouvellement de tout le comité exécutif, mais nous espérons que les quelques postes qui seront renouvelés ne ramènent pas les anciens vernis d'Issa Hayatou.

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