20 Mars 2017

Congo-Kinshasa: Vers l'exhumation de Kamuina Nsapu

Le Vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur et Sécurité, Emmanuel Ramazani Shadari, a annoncé le samedi 18 mars 2017, peu avant de quitter Kananga, au terme d'une mission de plus d'une semaine dans le Grand Kasaï (Lomami, Kasaï Oriental, Kasaï, Kasaï Central), que le corps du feu chef coutumier Kamuina Nsapu, tué en août 2016 dans la foulée des affrontements entre ses miliciens et les forces régulières, serait exhumé dans un proche avenir.

A l'en croire, c'est le compromis trouvé à l'issue des négociations entre lui et la famille biologique du défunt. Le même membre du gouvernement a indiqué que funérailles de ce grand chef coutumier vont se dérouler selon les rites traditionnels de son terroir, après la présentation préalable de ses restes à ses proches.

S'agissant de sa succession, elle va être assurée par un nouveau coutumier à désigner par la famille régnante, et à entériner par ministre des Affaires Coutumières, qui va se rendre au village de Kamuina Nsapu dans deux semaines en vue de son investiture.

L'autre mesure annoncée par Ramazani Shadari concerne la prochaine des miliciens de l'illustre disparu présentement détention dans une prison de Mbuji-Mayi, au Kasaï Central.

A propos, une commission mixte comprenant des magistrats militaires des représentants du clan Kamuina Nsapu devrait se rendre au chef- du Kasaï Oriental en vue de l'identification des détenus éligibles la libération et ce, dans le respect de la procédure judiciaire.

A la lumière de ces mesures de décrispation du climat politique social dans l'espace Grand Kasaï, peut-on s'attendre à la fin phénomène Kamuina Nsapu, avec l'émergence de ses miliciens dans les coins et recoins des quatre provinces qui composent cette entité ?

Il est difficile de donner une réponse. Les observateurs pensent cela n'est possible que si le ministre Shadari a réellement langue avec les véritables ayant-droits coutumiers du défunt. des messages d'apaisement émanant de ces derniers, après le par le gouvernement de ses engagements, pourraient ramener une paix durable dans le Grand Kasaï.

On peut déplorer l'adhésion tardive des autorités centrales provinciales à l'option du dialogue et du règlement pacifique conflit leur recommandée, dès août 2016, par de nombreux notables l'espace Kasaï. Le recours à la répression ayant montré ses limites, il est permis de croire que les va-t-en vont laisser Shadari mener mission de pacification à bonne fin.

C'est dommage que la solution pacifique intervient après de morts, blessés, mutilés, sans abris et autres orphelins et veuves.

Congo-Kinshasa

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