20 Mars 2017

Congo-Kinshasa: Accord du 31 décembre - Mgr Utembi en consultation au Conseil de sécurité

La crise politique qui frappe la RDC depuis que le pouvoir en place a juré de ne point organiser les élections conformément à la Constitution est au cœur du débat au Conseil de sécurité des Nations unies.

Ce mardi 21 mars, l'organe de décision des Nations unies a invité le président de la Cenco afin de fournir l'éclairage nécessaire l'enlisement de l'accord du 31 décembre 2016. Accompagné de M. l'abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la Cenco, Mgr Utembi a quitté Kinshasa samedi dans la soirée.

La non-tenue d'élections en 2016, suivant le chronogramme prévu dans la Constitution, a replongé la RDC dans la crise. Avec l'accompagnement de l'Union africaine, agissant sous mandat des Nations unies, un accord politique a été signé le 18 octobre 2016 à Kinshasa sous l'égide du facilitateur nommé par la Commission de l'Union africaine. Jugé moins inclusif, car boudé par une frange importante de l'Opposition, l'accord du 18 octobre 2016 a accouché d'une souris.

C'est avec les évêques qu'un accord plus large, global et inclusif a pu finalement être signé le 31 décembre 2016. Mais, trois mois après sa signature, l'Accord dit de la Saint-Sylvestre se trouve toujours à quai. Sa mise en œuvre pose problème, ravivant davantage la crise politique en RDC. Au sein de la communauté internationale, le scepticisme gagne du terrain. Pourtant, à Kinshasa, comme ailleurs, tous sont convaincus que l'Accord du 31 décembre 2016 est la seule voie pour non seulement garantir la paix en RDC mais aussi baliser la voie pour des élections libres et transparentes.

Ce mardi 21 mars, le Conseil de sécurité organise, à son siège de New York (Etats-Unis), une session d'informations sur la RDC. Le Conseil de sécurité de l'Onu veut se pencher pour la énième fois sur le dossier brûlant de la RDC en vue d'offrir à tous ses Etats membres la possibilité de se prononcer sur les solutions appropriées. Pour l'organe de décision de l'Onu, il n'y a l'ombre d'aucun doute, c'est l'Accord global et inclusif signé le 31 décembre 2016 qui sortira le pays de la crise. Rien d'autre!

En fait, pour l'ONU qui a consulté toutes les parties prenantes, il est question de parvenir à l'application rapide de cet accord pour recréer la stabilité et la confiance en RDC.

Tout le monde a effectué le déplacement de New York. Les opposants étaient les premiers à prendre le bâton de pèlerin avec à leur tête Moïse Katumbi qui a pratiquement assiégé les instances internationales pour expliquer et convaincre sur les solutions à la crise congolaise. Puis c'était une délégation de la Société civile avec à sa tête Paul Nsapu de la Ligue des électeurs accompagnés de Jean-Claude Katende de l'Asadho, Floribert Anzuluni et Carbone Beya de Filimbi, un mouvement citoyen congolais. Ils ont vu et discuté avec la majorité des pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU. Selon des informations, seules la Chine et la Russie ont refusé d'échanger avec ces délégués de la Société civile.

Depuis samedi, le président et le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo, respectivement Mgr Marcel Utembi et M. l'abbé Donatien Nshole, ont effectué le déplacement de New York, à l'invitation du président du Conseil de sécurité des Nations unies pour le mois de mars, l'ambassadeur Matthew Rycroft.

Les attentes des Nations unies

Selon l'invitation lancée au président de la Cenco, dont une copie est parvenue à notre Rédaction, le Conseil de sécurité a exigé la présence du président de la Cenco dans l'espoir de « tirer profit de ses connaissances et perspectives sur la situation actuelle du pays ».

En effet, l'Accord du 31 décembre est plombé de toutes parts. Ce qui retarde sa mise en œuvre. Lors des négociations sur l'arrangement particulier, il s'est avéré que la Majorité présidentielle a multiplié des occasions de blocage, étalant à la face du monde sa mauvaise foi et sa détermination à jouer aux éternelles prolongations. Etant donné la multiplication exponentielle des poches d'insécurité dans le pays à commencer par l'Est avec les groupes armés étrangers et nationaux (ADF, FDLR, et la nébuleuse Maï-Maï qui se déclinent dans tous les sens), le Conseil de sécurité ne peut rester indifférent, ni laisser pourrir la situation. Ce qui se passe dans le Kasaï Central est de nature à embraser tout le pays et conduire à des situations incontrôlables, pire que lors de deux guerres dans l'Est. Le Kongo Central qui était calme tout comme Kinshasa ont également été atteints par cette vague d'insécurité qui se propage à un rythme inquiétant.

Pour cette raison, il n'est pas question pour le Conseil de sécurité d'attendre qu'une invitation lui soit adressée avant d'intervenir. Sa mission en RDC forte de près de 20 000 personnes, connaît le tableau par cœur, lequel est sombre et inquiétant. N'en déplaise à ceux qui voient autre chose. Et pour cela, le président de la Cenco est un invité important parce que se trouvant au centre des tractations qui se déroulent entre le pouvoir et l'opposition. Son témoignage sera le socle des décisions qui sortiront de cette réunion du Conseil de sécurité qui devra proroger le mandat de la Monusco.

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