20 Mars 2017

Sénégal: Gouvernance institutionnelle - El Hadj Mansour Samb prône un état déconnecté du parti

Invité de l'émission Objection de la radio Sud Fm hier, dimanche 19 mars, El Hadj Mansour Samb, auteur de l'ouvrage : «Le Sénégal, les limites du Plan Sénégal émergent (Pse)» a taclé sévèrement le mode de gouvernance de l'État par le régime en place. En effet, selon lui, «aujourd'hui, au Sénégal, on a comme l'impression que le parti au pouvoir a vraiment privatisé l'État».

El Hadj Mansour Samb, économiste et membre du Forum civil, sonne l'alerte sur la façon dont le Sénégal est actuellement gouverné par le régime en place.

Invité de l'émission Objection de la radio Sud Fm (privée) hier, dimanche 19 mars, El Hadj Mansour Samb, auteur de l'ouvrage : «Le Sénégal, les limites du Plan Sénégal émergent (Pse)», a déploré la politisation de l'administration sénégalaise par le gouvernement du président Macky Sall. Lequel, oblige les fonctionnaires à adhérer au parti au pouvoir pour accéder à certains postes dans l'administration publique.

«Aujourd'hui, au Sénégal, on a comme l'impression que le parti au pouvoir a vraiment privatisé l'État», a-t-il soutenu non sans préciser.

«Cette situation pose un vrai problème parce qu'en cas de détournement, on n'est pas sûr que le président de la République va livrer ce fonctionnaire militant à la justice dans la mesure où c'est lui-même (ndlr le président) qui les a invités à descendre sur le terrain politique».

Poursuivant son propos,l'économiste et membre du Forum civil a ainsi plaidé l'instauration d'un État déconnecté du parti au pouvoir. «Le parti politique est le plus grand ennemi de l'État. Quand il envahit l'État, ce dernier disparait. Il nous faut un État déconnecté du parti», martèle-t-il.

Et de conclure : «L'État est l'instrument par lequel les individus organisent la préservation de leurs libertés individuelles, de leurs biens et de leur vie. La raison d'être d'un État est l'illustration d'un climat de confiance dans lequel tous les citoyens se sentent libres et égaux devant les autorités publiques qui sont servies par l'administration qui, elle-même, est le bras de l'État».

«ON PARLE DE DECENTRALISATION ALORS QUE L'ÉTAT CENTRAL EST EN TRAIN... »

Interpellé sur la politique du développement territorial mise en œuvre par l'actuel régime à travers l'Acte trois de la décentralisation, le membre du Forum civil n'est pas allé par quatre chemins pour déplorer la stratégie de la politique politicienne dans les relations entre l'État central et les collectivités locales.

En effet, selon lui, «on parle de décentralisation au moment où l'État central est train de tout reprendre aux collectivités locales». Citant le cas de la mairie de Dakar, El Hadj Mansour Samb déclarera : «La ville de Dakar était partie voir Bloomfield investment Corporation pour une notation.

Et cette structure lui a donné une bonne note qui devait permettre à la ville de Dakar de chercher de l'argent dans le marché financier. Mais, quand la mairie de Dakar a essayé de prendre les 20 milliards à travers l'emprunt obligataire, elle a été bloquée par le ministère de l'Economie et des finances».

Toutefois, informe-t-il, contrairement à ce qui a été dit, ce blocage n'a rien de technique. Selon lui, «tous les aspects techniques concernant cette opération avaient été prévus en avance par la ville de Dakar qui avait pris les devants pour mettre en place une société de patrimoine qui devait, en cas de problème de paiement, intervenir».

Mieux, poursuit-t-il encore, «au niveau des ordures, on s'est réveillé un bon jour, on a tout confisqué et on a créé une organisation pour gérer les ordures à Dakar». Pis, a-t-il noté, «Le président de la République est train de mettre en place un autre projet de construction des infrastructures dans toutes les communes du Sénégal (Promo-ville)».

EL HADJ MANSOUR SAMB SUR LA CAISSE D'AVANCE : «Le problème, c'est qu'on ne sait pas si on a un chef d'État ou...»

Interpellé également sur l'affaire liée à la gestion de la caisse d'avance de la mairie de Dakar pour laquelle le maire Khalifa Sall et certains de ses collaborateurs sont placés sous mandat de dépôt, El Hadj Mansour Samb a souligné au sujet que «le problème du Sénégal, c'est qu'on ne sait pas si on a un chef d'État ou un chef de parti».

En effet, tout en admettant que «juridiquement, la loi donne au président de la République le pouvoir de poursuivre n'importe qui comme l'a affirmé le ministre d'État, Mbaye Ndiaye », El Hadj Mansour Samb pense tout de même qu'on pouvait seulement se limiter à la recommandation de l'Ige qui, selon lui, avait seulement demandé la suppression de la caisse d'avance.

Sénégal

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